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Parlement : Nos députés posent des questions, mais…

Nos députés posent de plus en plus de questions. Certains se font plutôt rares dans les commissions comme sous la coupole, mais se rattrapent quand il s’agit d’interpeler l’Exécutif en direct ou par voie écrite. Le nouveau rapport du centre de recherche Tafra dresse le topo.

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Dans l’Hémicycle, certains députés s’illustrent certes par leur absentéisme, mais dans l’ensemble, il paraît qu’ils se font un devoir de faire pleuvoir leurs questions à l’adresse de l’Exécutif. Ceci étant, ils sont dans leur droit et c’est leur façon de décliner leur mission de contrôle de l’action gouvernementale. Et pour la sixième session de l’actuelle législature, incluse entre avril et juillet 2024, ils étaient assez «prolifiques».

En effet, renseigne la troisième édition du rapport du centre de recherche Tafra, les membres de la première Chambre du Parlement ont posé quelque 2.932 questions. Avec une préférence assez soulignée pour les questions écrites qui ont été au nombre de 2.077, soit 71% du total, alors que le nombre des questions orales a été de 855 seulement.

Et c’est le tout normalement du monde que ce sont les députés de l’opposition qui accaparent la part du lion avec 65%. Cela relève, en fait, de la nature même du système représentatif qui fait la part belle à l’opposition dans le contrôle de l’action gouvernementale. Laquelle opposition se montre davantage «critique» qu’en versant dans le sens de la «proposition».

D’ailleurs, les séances des questions orales, retransmises à la télévision, livrent la démonstration que certains députés s’agitent plus pour faire dans la démonstration que s’appliquer dans la mission institutionnelle qui est la leur. Le «ton», la gestuelle, voire les mots choisis, frôlent souvent la provocation.

Quant au fond, l’impression qui se dégage souvent est que nos députés s’emmêlent les pinceaux, sciemment ou pas, en confondant les séances de l’Hémicycle et les réunions des entités territoriales !

Les femmes et les nouveaux députés en vedettes
Toujours est-il que l’un des enseignements majeurs dudit rapport est le fait que les femmes députées ressortent plus actives que leurs collègues hommes. En effet, bien qu’elles ne représentent que 20% de l’effectif total de la première Chambre, les 97 députées ont posé un total de 921 questions, soit une moyenne de 9 questions par députée.

Alors que le reste des députés en a posé 2.004, soit une moyenne de 6 questions par membre. Comme quoi, la discrimination positive en faveur de la gent féminine a son effet non seulement en matière de visibilité politique, mais aussi en termes d’apport à la vie politique dans son ensemble.

Les hommes feraient bien de s’en inspirer pour livrer un meilleur rendu. Pas uniquement en faisant dans le show politique, mais aussi et surtout au niveau du fond. Parce que c’est là où les électeurs les attendent le plus.

Comme confirmant une certaine tendance de la deuxième édition de ce même rapport, les 155 nouveaux députés continuent de ravir la vedette à leurs aînés. Bien qu’ils ne représentent que 30% des députés, ils ont posé un total de 1.880 questions. Ce qui représente une moyenne de 12 questions par membre d’une génération en quête d’un meilleur positionnement sur l’échiquier politique.

Mais aussi de davantage de visibilité vis-à-vis de leur électorat. La tribune parlementaire étant une autre forme de prise de contact renouvelé avec les circonscriptions. Ceci au moment où les «aguerris» (70% de la composition de la première Chambre) se sont contentés d’interpeler le gouvernement à hauteur de 1.045 questions.

Un fin connaisseur des arcanes de la première Chambre explique que «les vieux briscards», connaissant les rouages de l’institution législative, adoptent d’autres modes d’interpellation des membres du gouvernement, dont le «contact direct», voire des «interactions plus personnalisées».

Pour ce qui est du dispatching des départements ministériels qui étaient les plus sollicités durant cette sixième session, ce sont, sans surprise, toujours les mêmes qui s’inscrivent en tête des priorités des députés. Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports a été le plus interpelé avec un total de 344 questions.

Il est talonné par le département de l’Intérieur avec 339 questions, suivi du ministère de la Santé et de la protection sociale qui en a reçu 323. Le département de l’Agriculture en a recueilli 365, alors que celui de l’Équipement et de l’eau en a 255.

En revanche, malgré leur importance, certains ministères ne semblent pas être dans les priorités de nos députés. Sur la période considérée, le ministère délégué chargé du Budget n’a eu droit qu’à 27 questions, celui en charge de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques n’a été interpelé qu’à 38 reprises ! À méditer !


Entre ceux qui s’illustrent et ceux à la traine !
Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne en termes de l’activité de leurs représentants à la première Chambre du Parlement. Selon l’étude du centre de recherche Tafra, les 49 députés de la région Rabat-Salé-Kénitra ressortent les plus actifs en occupant la première marche du podium avec 762 questions au compteur sur la période considérée, soit une moyenne de 16 questions par député.

Loin derrière, la deuxième marche du podium revient aux 47 députés de Fès-Meknès qui ont totalisé 388 questions tout juste devant leurs collègues de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (37 sièges), dont on décompte 363 questions. En revanche, les députés de Casablanca-Settat (69 sièges) n’arrivent qu’à la quatrième position en n’ayant posé que quelque 314 questions. Tandis que les 46 députés de Marrakech-Safi n’ont en posé que 251.

Autant dire que les députés de ces deux régions sont attendus au tournant en vue de s’assurer plus de visibilité à l’endroit de celles et ceux qui les ont envoyés au Parlement.