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Mohamed El Imam Maelainin : Des affaires à la diplomatie parallèle

Il est parmi les hommes d’affaires les plus en vue dans les provinces du sud du Royaume. Très jeune, il s’est lancé dans le monde du business. Mais outre son goût des affaires et ses réussites, il s’active aussi dans l’associatif et la diplomatie parallèle.

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Peut-être que rien ne le prédestinait à faire son entrée, très jeune, dans le monde des affaires. Sauf, probablement, qu’il courait derrière un rêve qu’il nourrissait dès sa tendre enfance.

À commencer par ses études. Mohamed El Imam Maelainin était parti à Moscou pour y poursuivre un cursus pharmaceutique, avant de mettre le cap sur Londres où il suivra des études en littérature anglaise.

Sa première tentative dans l’univers du business commence à Casablanca. Nous sommes au milieu des années 1990, lorsque ce jeune Sahraoui lance sa première affaire avec une société des produits dentaires. Les affaires marchent bien, mais le jeune homme vise plus loin.

Pour lui, la métropole était une école qui l’a préparé à tenter de nouveaux challenges. Il met le cap sur Laâyoune où il implantera une franchise taïwanaise de téléphonie mobile et les accessoires qui vont avec.

Coup de poker ou flair des affaires, il sera dans le transfert d’argent avec une enseigne du secteur. Chose pas évidente à l’époque, mais il a cru en sa belle étoile. Le succès est au rendez-vous.

Main heureuse ? Pas forcément, l’homme a «la foi et la confiance en soi» et quand il y croit, il fonce. Le destin l’emmènera, chemin faisant, au monde de la distribution et l’importation des produits alimentaires.

L’affaire s’agrandit au fil des ans, avant qu’il ne se mette aux supermarchés et aux supérettes. L’environnement propice à l’investissement dans les provinces du Sud lui donne des ailes et il continuera son chemin.

Début des années 2000, il crée un conglomérat qui compte plus d’un secteur. Le Groupe Cheikh Maelainin d’investissement (GCMI) est né. Pour cet homme, qui a été bercé dans un environnement où la spiritualité rime avec la poésie et qui croit dur comme fer qu’on peut faire des affaires sans tomber dans le crédit, l’essentiel est qu’on puisse avoir un nom.

«C’est le plus grand capital qui puisse être», dit-il. «En plus, le terrain est balisé et les opportunités de prospérer existent», «il faut juste y croire et ne compter que sur soi», assène-t-il.

Pour un homme d’affaires assez bien «réseauté» en Afrique subsaharienne, une expansion ne serait-elle pas envisageable sachant qu’il en a les moyens ?

L’idée existe, et il y a déjà eu une tentative en Mauritanie dans le secteur du thé. Mais, à cause de la pandémie, le projet a été arrêté, mais pas l’idée. Toujours est-il, confie l’homme d’affaires, le GCMI préfère se concentrer sur l’investissement au Maroc.

D’ailleurs, le groupe est sur un nouveau projet, cette fois dans l’hôtellerie à Dakhla. Le chantier est d’ores et déjà amorcé. Et tout en se concentrant actuellement sur ce projet, le groupe planche aussi sur la mise sur pied d’une usine spécialisée dans l’emballage du cajou !

«La matière première étant à portée de main, rien n’empêche de tenter le coup !», nous explique-t-il.

D’autres facettes encore…
Mais où réside le secret de son succès ? «Il n’y a pas de secret ! C’est le travail qui compte, mais aussi et surtout être correct, notamment avec ses collaborateurs», rétorque Maelainin.

Sur ce front, il indique, non sans fierté, que son groupe a la réputation de disposer d’une organisation qui aide à aller de l’avant. Le tout dans «un esprit de famille» qui règne en règle au sein de son groupe.

Où les fruits du succès sont partagés entre les différents collaborateurs. «Partager la réussite est notre règle de conduite», dit-il.

Mais cet esprit entrepreneurial n’a jamais mis en veille ce sens de solidarité hérité de ses aïeuls. C’est dans ce sillage qu’il lancera une association adossée à son groupe. Entièrement financée par le GCMI, la structure prend sur elle d’être au service des malades et des nécessiteux.

Mais pas question de jeter de l’argent par la fenêtre : ses équipes veillent, en fait, à ce que les «aides» soient ciblées. Et celles-ci ne sont débloquées qu’après des enquêtes minutieuses sur le terrain, insiste Maelainin.

Un budget mensuel est, d’ailleurs, arrêté pour financer les actions menées par son association. Des actions qui couvrent également les collaborateurs qui pourraient être dans le besoin.

Toujours est-il que ce penchant associatif ne s’arrête pas aux portes du groupe et de son association. En effet, Maelainin s’investit aussi en accompagnateur du tissu associatif de la région, dans le cadre d’actions ponctuelles envers, précise-t-il, «les associations sérieuses».

Dans la foulée, l’homme a pu développer son réseau en Afrique subsaharienne, notamment en Mauritanie, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Ce qui l’a amené à s’investir dans la diplomatie parallèle au service de la cause nationale.

Et en 2019, il marque un joli coup, lorsqu’il devient le premier consul honoraire d’un pays, siégeant à Laâyoune.

En son temps, c’était une première historique qu’un pays de l’Afrique subsaharienne dispose d’un consulat honoraire, avant la vague à laquelle on a assisté après la multiplication des consulats généraux à Laâyoune et à Dakhla.

Plus encore, le consul honoraire s’est assigné comme objectif de participer à la consolidation des relations avec la communauté économique ivoirienne. Dans ce sillage, des missions d’affaires ont été organisées dans la foulée.

Deux délégations des opérateurs économiques ivoiriens se sont, en effet, déplacées à Laâyoune, en 2021 et 2023, et des projets de jumelage, notamment entre Laâyoune et Dakhla et des villes ivoiriennes, sont dans le pipe. «Le récit n’est pas prêt de s’arrêter», assure Maelainin.