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Majorité gouvernementale : Le PAM en quête de démarcation

En l’espace de trois mois, le PAM dit la chose et son contraire sur le fonctionnement de la majorité. En mars, il interpelle. En avril, il exprime sa satisfaction. Et en mai, il évoque des difficultés de communication interne. Diagnostic.

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Il y a à peine un mois, le PAM, par la voix de son secrétaire général, exprimait sa grande satisfaction quant aux actions menées par le gouvernement pour contrecarrer les effets de l’inflation sur les citoyens.

Plus encore, au sortir de la réunion de la présidence de la majorité, tenue en avril dernier, Abdellatif Ouahbi soulignait que le gouvernement est «plus fort qu’avant», qu’il «s’acquitte pleinement de ses responsabilités».

Mieux encore, que la majorité gouvernementale est «harmonieuse et forte» et qu’elle «se réunit régulièrement» et que s’il devrait y avoir des différences d’appréciation sur certains dossiers, cela relevait de la «normalité» et que tout «se traite dans l’unité et dans le respect du programme gouvernemental» et sous les auspices de la charte de la majorité.
Mais, les observateurs ont été plutôt «étonnés» de prendre connaissance du tout récent communiqué émanant du bureau politique de la formation du tracteur. Autant sur le fond que dans la forme.

En effet, à l’issue de sa réunion, datée du 24 mai, le BP a emprunté un ton qui laisse songeur. Loin des assertions quant à l’entente et la concertation dont Ouahbi avait parlé, pratiquement un mois auparavant, le communiqué laisse entendre qu’il y aurait un manque au niveau de «la communication horizontale» au sein de l’Exécutif.

Insistant, notamment, sur l’importance de la communication interne en vue d’accélérer les chantiers de la réforme, tout en appelant le Chef du gouvernement à promouvoir une communication interne efficace inter-départements, particulièrement avec les ministres du PAM.
C’est à croire que les partis de la majorité seraient des «îlots» sans aucun rapport. Pourtant, l’on sait que ces partis, leurs chefs en tête, se rencontrent au moins une fois par semaine dans le cadre du Conseil de gouvernement. Un moment plus qu’opportun pour procéder à tous les échanges possibles sur tous les sujets à l’ordre du jour.

Qu’ils aient lien avec la concertation permanente ou encore qu’ils concernent les politiques gouvernementales. Autrement dit, le cadre institutionnel de l’interpellation existe et il n’y aurait aucun besoin de faire usage d’autres canaux. A moins qu’il ne s’agisse non pas d’une position, mais d’une posture !

Recherche de soutien
Or, quand on sait que le parti du tracteur tient les manettes de sept ministères, l’on ne sait exactement où se trouveraient les lacunes communicationnelles intra-gouvernement. C’est que le communiqué se prêterait à toutes les lectures, qui iraient de la connotation jusqu’à la dénotation. Car, à défaut d’aller droit au but, le discours véhiculé par le communiqué relèverait davantage d’un message codé que d’une interpellation directe sur des dossiers précis.

A moins que ce ne soit dirigé vers «une audience autre» que celle à qui il s’adresse. Mais, en toute vraisemblance le fond concernerait, particulièrement, l’épineux dossier de la réforme du Code pénal, notamment sur le chapitre des peines alternatives, ou encore en lien avec la question des libertés individuelles.
En fait, à part le renvoi de la discussion, au sein du Conseil de gouvernement, qui a été ajournée, peu de choses ont filtré quant à leurs contenus. Exception faite, bien entendu, des plaidoyers publics de Abdellatif Ouahbi, en sa qualité de secrétaire général du parti et non avec son statut de ministre de la Justice. Un mélange de genres, en somme, qui laisse peu de place à la clarté du propos. Or, à ce niveau-là, Ouahbi a été la cible d’attaques de ses éternels détracteurs du PJD.
Visiblement, le secrétaire général du PAM se sentirait «esseulé», voire que les partis de la majorité se seraient «désolidarisés» de lui en le laissant essuyer les coups. Dans les rangs de la formation du tracteur, l’on estime que leur parti «ne devrait pas payer seul la facture politique de la situation qui engagerait toutes les composantes de la majorité et qu’il aurait à cœur d’être publiquement soutenu».
Et sur ce rayon, il y a à dire et à redire quant au fond du problème. En effet, que ce soit pour les «libertés individuelles» ou encore pour «les peines alternatives», il s’agirait de deux dossiers qui devraient figurer dans une réforme globale, à savoir celle du Code pénal. Le hic est qu’on n’a, pratiquement, aucune idée de ce qui devrait être proposé pour aller de l’avant dans ce chantier.
Ceci étant, et en parlant des «ministres du PAM», le communiqué laisse entendre qu’ils seraient des laissés-pour-compte !

Alors même qu’ils détiennent des dossiers qui pèsent lourd, mais qui, manifestement, traînent entre les «études» et les «débats» publics. Ceci au moment où l’on s’attend à aller vers la mise en œuvre des feuilles de route qui auraient dû être établies et actées.

De toutes les manières, la majorité qui, rappelons-le, est également aux commandes dans différentes instances élues continue d’agir en bloc derrière le gouvernement. C’est ce qui compte. Et ce ne sont certainement pas les interpellations qui changeraient la donne.


Sourdes tensions
En mars dernier, le PAM avait jugé opportun d’interpeller le Chef du gouvernement pour la tenue d’une réunion urgente pour s’appesantir sur la situation économique et ses répercussions sur le pouvoir d’achat des citoyens.

L’initiative était louable, quand bien même la prise de conscience d’agir sur les leviers de cette situation serait partagée et des actions ciblées auraient été menées, mais la manière de la «vendre» aurait été mieux faite.

Car, en définitive, la prise de l’opinion publique pour témoin relevait davantage du «marketing politique» que du partage d’une préoccupation.

Outre la problématique de l’«emballage», tout porte à croire que le problème serait ailleurs. Notamment, lorsque le communiqué du 24 mai évoque la nécessité de combattre de «manière plus ferme (…) les rumeurs et les fake news».

Le niveau de lecture permettrait d’aller jusqu’à l’éventualité d’un remaniement ministériel qui risquerait d’impacter le poids de la présence du PAM au sein de la majorité. Un scénario qui «alimente» les «sourdes tensions entre les ailes» au sein même de la formation du tracteur.