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L’USFP, une force de blocage !
Alors que l’élection du nouveau président de la deuxième Chambre s’est passée dans la «sérénité», celles des instances de cette institution étaient sous le signe de «la discorde» au sein de l’«opposition ittihadie». Éclairages.
À peine élu président de la Chambre des conseillers, avec 94 voix sur les 104, Mohamed Ould Errachid est appelé à gérer une séquence de blocage. Voire les appétits des uns et des autres en ce qui concerne la répartition des postes de responsabilité dans les instances de la deuxième Chambre du Parlement.
Si samedi 12 octobre, à la faveur de la cohésion des partis formant la majorité, tout s’est bien passé lors de l’élection du nouvel homme au perchoir, il a été annoncé que la deuxième Chambre devait boucler l’élection des membres de ses instances le surlendemain, notamment l’élection des membres du bureau, mais aussi les présidents des commissions permanentes, les questeurs et les secrétaires.
Rendez-vous a été pris pour le lundi 14 octobre. L’idée au départ était de passer très vite à l’action. Mais c’était sans prendre en ligne de compte des «couacs» auxquels on s’attendait le moins. En effet, si au niveau de la majorité les choses étaient aussi claires que ficelées, du fait que la «cohésion» a fonctionné, c’est du côté de l’opposition que les choses ont mal tourné.
La première salve viendra du groupe de l’Union socialiste des forces populaires-opposition ittihadie, qui se voyait bien changer de présidence de commission en troquant celle de la justice, de la législation et des droits de l’Homme contre celle de l’Intérieur. Au regard de l’équilibre des forces en présence, il n’en pouvait rien être.
Questeur, le poste de la discorde «ittihadie»
Deuxième salve, le même groupe demandera au nouveau président le report pur et simple de la séance élective, en évoquant qu’il n’avait pas encore arrêté la liste de ses membres candidats à d’éventuels postes de responsabilité.
Alors même qu’il s’agit d’une affaire qui aurait dû être réglée en interne, loin des yeux, au siège central du parti de la Rose, du côté de l’avenue El Araar bien avant. Surtout que le groupe «opposition ittihadie» ne compte que neuf conseillers et, du coup, il n’y avait pas lieu d’avoir l’embarras du choix, encore moins vouloir gérer les ambitions des uns et des autres ! Pourtant, c’est le cas, nous dit un observateur qui connaît les arcanes de l’Union socialiste. À l’en croire, et à défaut de prétendre à la vice-présidence, proportionnelle oblige, deux candidats se disputent le poste de questeur. Des «appétits», ajoute notre source, que le parti de la Rose aurait dû «arranger sans se donner en spectacle».
Or, dans une telle situation, on semble tout simplement oublier que le temps parlementaire n’est pas à dilapider. À moins qu’il ne s’agisse d’un tour de passe-passe pour d’autres raisons. Ceci étant, les conseillers ont raté leur première séance des questions orales qui était prévue pour ce mardi 15 octobre.
Pour sortir de l’impasse, Ould Errachid a eu une rencontre hors les murs de l’enceinte parlementaire avec les présidents des groupes et les coordinateurs des groupements au sein de la Chambre des conseillers pour départager les prétendants, notamment ceux relevant de l’opposition. L’enjeu ayant été, en partie, autour de la 5e vice-présidence qui est finalement revenue au Mouvement populaire. À ce niveau, l’USFP sortira les mains vides ! Quant aux présidences des commissions, les «pourparlers» ont débouché sur des consensus. Pas de changements majeurs de configuration par rapport aux commissions sortantes quant aux présidences. Sachant que lors de la première moitié de l’actuelle législature, elles étaient partagées entre le RNI (Intérieur, régions, Collectivités territoriales et infrastructures), le PAM (Finances, planification et développement économique), la CGEM (Affaires étrangères, Défense et MRE), le MP (Enseignement, affaires culturelles et sociales), le PI (Secteurs productifs) et l’USFP (Justice, législation et droits de l’Homme).
Par ailleurs, ce «blocage» n’est pas sans rappeler l’épisode d’avril dernier lorsque des blocages avaient surgi, entre autres, pour l’élection du président de la Commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme. Pour rappel, au moment où le Mouvement populaire lorgnait ce poste, l’Union socialiste le voyait bien dans son escarcelle. Il a fallu que les présidents des différentes commissions interviennent pour trouver un terrain d’entente.
Mais, aussi et surtout, le doigté dont avait fait preuve le président de la Chambre des députés, Rachid Talbi Alami, pour aplanir les divergences qui ont éclaté. Résultat des courses : l’USFP a eu la commission de la discorde, alors que le MP a pris les manettes de celle des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement.
Ceci étant, le «blocage» ne devait pas s’éterniser, explique un observateur de la vie parlementaire. D’autant plus que «tout le monde est soumis au diktat des délais relatifs au projet de Loi de finances !»
Finalement, après d’âpres «négociations», la plénière pour l’élection du bureau de la deuxième Chambre et des présidents des commissions a été programmée pour le jeudi 17 octobre. On peut passer à l’action !
Cap sur l’Amérique Latine
Depuis Cheikh Biadillah, en passant par Hakim Benchemmach, deux anciens présidents de la deuxième Chambre du Parlement, il y a eu comme une coutume
de mettre le cap sur le déploiement de la diplomatie parlementaire en Amérique latine. Un continent où il s’agit, pour des raisons historiques, de défendre la première cause nationale en contrecarrant la propagande de la fantomatique «Rasd» dans ces pays. Avec Mohamed Ould Errachid, hispanophone, sans oublier
les autres contrées du monde, l’on s’attend
à un renforcement de l’action à ce niveau-là, notamment à travers les leviers des groupes d’amitié, mais aussi dans le cadre des forums multilatéraux où évolue l’institution parlementaire.