Pouvoirs
Les bûcheurs et les boucheurs d’horizons
Un pays industrieux, tellement occupé à mettre en musique une vision grandiose de son destin, ne peut succomber à la tentation d’administrer une correction à Tindouf même aux mercenaires téléguidés par Alger.
En politique, il y a les bûcheurs qui ne cessent d’ouvrir les voies vers l’épanouissement des hommes, et puis il y a les boucheurs qui s’emploient à obstruer ces mêmes voies. Ceux qui n’ont pas de temps à consacrer aux rengaines et ceux dont le souci premier est de perpétuer ces mêmes rengaines.
Ce qui est précisément le cas du gang des caporaux d’Alger qui se délecte jouissivement de ses nostalgiques rengaines au rythme d’emprisonnements tous azimuts pour «apologie du terrorisme» et «propagande nuisant à l’intérêt national», comme il vient de le décréter à l’encontre du journaliste français Christophe Gleizes. En Algérie, il ne fait pas bon d’être journaliste, intellectuel, militant ou même militaire !
Des siècles d’embastillement à l’aveugle ont déjà été prononcés à tout-va sous l’oppression du tragi-comique et zéroteux duo Tebboune-Chengriha. Ces boucheurs d’horizons viennent de pousser leurs piètres plantons de Tindouf à attaquer la ville sainte de Smara au moyen de projectiles de douteuse provenance.
Voyez-vous, un pays industrieux, tellement occupé à mettre en musique une vision grandiose de son destin, ne peut succomber à la tentation d’administrer une correction à Tindouf même aux mercenaires téléguidés par Alger. Tomber dans ce piège revient à renoncer à la voie royale choisie par le Maroc vers son émergence.
La diplomatie marocaine a fait le nécessaire vis-à-vis de la Minurso, du Secrétaire général de l’ONU comme de son Envoyé spécial. Cela comptera lourdement en octobre prochain au Conseil de sécurité de l’ONU. Et cela comptera également au sein du Congrès américain qui vient d’être saisi par une proposition de loi bipartite visant à qualifier le Polisario d’organisation terroriste.
Contrairement à l’Algérie et à son appendice tunisien qui plongent vertigineusement vers un bien sombre non-destin, le Maroc «n’a même pas le temps de se gratter la tête», comme disent nos compatriotes. Il est convaincu depuis belle lurette que la guerre des parts de marché ne ménage plus aucun pays.
Les deadlines de 2030-2035 approchent à pas de géant. Face à ces échéances, le Souverain, le gouvernement et l’ensemble des institutions se sont mis en mode «mobilisation». À lui seul, le flux des investissements renseigne sur cette mobilisation hyperactive.
Les trois dernières Commissions nationales des investissements (CNI), la 6e, la 7e et la 8e du genre, ont validé des projets pesant plus de 202 milliards de dirhams et devant créer pas moins de 72.000 emplois.
La semaine dernière, lors de sa rencontre avec la presse, le gouverneur de Bank Al Maghrib a affirmé, sur la foi des sources statistiques sûres, que durant le seul premier trimestre 2025, pas moins de 282.000 emplois ont été créés. Cette embellie s’est tellement imposée à la banque centrale qu’elle s’est empressée de décréter une prévision de croissance du PIB de 4,6% au lieu des 3,9% prévus précédemment.
Il y a lieu de se réjouir du fait dorénavant tangible que le PIB agricole impacte de moins en moins le PIB global du fait de la densification de la valeur ajoutée industrielle et le dynamisme du BTP si énergiquement boosté par les grands projets structurants calés notamment sur le rendez-vous de 2030.
La semaine dernière aussi, la société COBCO a inauguré, à Jorf Lasfar, une gigafactory vouée à la production de matériaux pour batteries lithium-ion d’une capacité initiale de 40.000 tonnes. Une première nationale et continentale qui marque le lancement d’un écosystème intégré de batteries électriques.
«À l’heure de la transition énergétique, le Royaume affirme ainsi son ambition de jouer un rôle clé dans l’électrification des mobilités et des industries, tout en consolidant son autonomie industrielle».
Ainsi, le puzzle stratégique de la technologie énergétique propre se constitue à la vitesse qui sied aux ambitions du Royaume. À l’usine COBCO de Jorf Lasfar, on ajoutera celle de Gotion pour les batteries LFP de Kénitra et celle qui performera, dès l’année prochaine, dans le domaine des cathodes et anodes à Tanger Tech. Bien d’autres investissements de même ampleur et dans cet écosystème se bousculent au portillon du Maroc.
À côté de ces investissements conséquents, de grands projets structurants attachés directement ou indirectement à la Coupe du monde 2030 et des méga-infrastructures liées à la triple initiative royale de l’Afrique atlantique, du désenclavement du Sahel et du Gazoduc Nigéria-Maroc, il y a lieu de louer la «révolution sociale» initiée par le Souverain et conduite magistralement par le gouvernement Akhannouch.
Tout cela exprime l’exception marocaine qui a élu une intelligence du monde autrement plus généreuse, tellement magnanime qu’elle inclut la prospérité de l’Afrique au cœur du développement du Royaume lui-même. Ce mandala de cercles vertueux exclut l’absurdité des réflexes passéistes et la vacuité des certitudes sclérosées.
L’heure est à l’édification d’un destin conforme à la stature multidimensionnelle de l’ex-Empire chérifien. Que l’Algérie chute vers les insondables abîmes que, par ailleurs, nous ne souhaitons guère à son peuple toujours martyrisé ou qu’elle retrouve enfin la voie de la raison, le Maroc n’en a cure, en vérité.
Comme je fus agréablement étonné de constater que nos compatriotes de l’Oriental m’ont semblé avoir fait le deuil de leur proximité géographique avec l’Algérie et des échanges qui en découlaient. J’en fus si heureux que je ne pus m’extasier récemment devant un parterre de culturels oujdis : «Aujourd’hui, je peux certifier que vous vous êtes libérés du “syndrome de la Bataille d’Isly”.
Comme il est rassurant de se tourner vers l’Ouest après tant d’ingratitudes venues de l’Est !»
Ici, une nation industrieuse qui ne cesse de fleurir ; là-bas, un régime pleutre qui ne cesse de flétrir. Point barre.