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Diplomatie

L’Afrique Atlantique pour horizon

Le continent fait face à une ribambelle de défis. Mais il a aussi d’innombrables atouts à faire prévaloir. L’Initiative Atlantique du Royaume ouvre de nouvelles perspectives pour un partenariat rénové et prometteur.

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L’Initiative Atlantique, lancée par le Souverain lors du discours prononcé le 6 novembre 2023, à l’occasion du 48e anniversaire de la Marche Verte, continue de faire des émules. Féconde d’une multitude de promesses, notamment pour le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad, mais aussi pour la Mauritanie, voire pour le continent dans son ensemble, elle se propose comme une réponse aux attentes et aspirations des populations africaines pour une vie meilleure. Une initiative, faut-il le rappeler, qui entre en droite ligne de la politique africaine prônée et actée par le Royaume. Et ce, dans une démarche de solidarité agissante basée sur le socle d’une coopération Sud-Sud gagnant-gagnant. L’Initiative, à résonance internationale, outre les 23 pays qui bordent l’Océan atlantique, concerne aussi les pays du Sahel, nommément le Mali, le Niger, le Burkina Faso, mais aussi le Tchad.

Ces derniers États pour qui le Maroc met à disposition toutes ses infrastructures routières, portuaires et ferroviaires pour favoriser leur accès à la mer. Pleinement ancré dans son continent, le Royaume constitue, en fait, cette plaque tournante qui renoue ainsi avec sa dimension de puissance maritime et qu’il met au service du développement de tout un continent. D’autant plus que cette initiative débouchera sur une transformation des plus significatives des économies des pays du Sahel et, partant, de tout le continent.

En jouant notamment sur les cordes de la complémentarité, existante mais non capitalisée jusqu’à aujourd’hui, des économies de ces différents pays. Une aubaine surtout pour les pays du Sahel qui étaient, il y a un temps, sous le coup d’un isolement géopolitique. L’objectif étant, on s’en doute, de libérer le plein de potentialités économiques dont se prévaut la région, mais aussi de faire face aux défis et aux menaces qui la guettent. Et à leur tête la menace terroriste. Or, sur ce volet, tous les observateurs s’accordent à dire «qu’il faut être sur l’Atlantique avant que les mouvements terroristes, opérant particulièrement dans le Sahel, n’y arrivent», pour paraphraser Rama Yade, directrice du think tank basé à Washington, l’Atlantic Council’s Africa Center, présente lors de la 7e édition du Morocco Today Forum. Un événement tenu sous le thème générique «L’Afrique atlantique, pour une région intégrée inclusive et prospère», au cours duquel les participants se sont penchés, justement, sur les tenants et aboutissants de l’Initiative royale, ses enjeux, ainsi que sur les horizons qu’elle ouvre pour le devenir du continent. Dans cette lignée, la secrétaire d’État tchadienne aux infrastructures, Haoua Abdelkrim Ahmadaye, notera, avec justesse, que cette initiative «offre une grande opportunité aux pays africains de créer une dynamique de développement socioéconomique régional pour construire un avenir commun».

Reconnecter le continent au reste du monde
Abondant dans le même sens, le colonel major Salissou Mahaman Salissou, ministre des Transports et de l’équipement de la République du Niger, insistera sur le fait que l’Afrique en général et le Sahel en particulier disposent de potentialités humaines et de ressources naturelles abondantes «pour devenir une zone intégrée de développement économique aux services des populations». Encore faut-il, indiquera-t-il, «relever les défis portant sur la sécurité, les infrastructures, la logistique, les changements climatiques, le séparatisme et le terrorisme».

Or, l’Initiative du Royaume s’inscrit parfaitement dans cet horizon. Et ce n’est pas pour rien que tous les pays de la région y adhèrent et partagent «entièrement (cette) ingénieuse idée». Laquelle est passée du stade de l’idée à la recherche de son mode d’emploi sur le terrain.
Surtout que depuis un certain temps, les pays africains ont compris que la réponse aux divers défis, dont celui de la menace terroriste, ne pourrait être uniquement «sécuritaire», quand bien même celle-ci demeurerait d’importance majeure. Car, on le sait, la mouvance terroriste se nourrit de la pauvreté de ses «enrôlés» et de leur vulnérabilité avant toute chose. D’où l’impératif de passer à l’action, et les task forces installées dans les pays concernés y veillent, comme l’a relevé Mohamed Methqal, ambassadeur-directeur général de l’Agence marocaine de la coopération internationale, lorsqu’il évoque l’importance de l’intensification des relations économiques intrarégionales, voire au-delà. D’autant plus que la capitalisation sur l’ouverture atlantique consiste aussi à ouvrir le continent vers les Amériques et autres pays européens ayant une façade sur l’Océan. C’est cela en fait la nouvelle configuration qui se dessine à l’horizon. Celle consistant à reconnecter l’Afrique au reste du monde, au-delà des vagues.


Aller de l’avant
Vendredi 5 juillet, ils étaient plus de 500 personnes à prendre part à la 7e édition du Morocco Today Forum. Tenu à Dakhla, ville carrefour entre le Royaume et sa profondeur africaine, cet événement, organisé par Groupe Le Matin, a connu la participation de pas moins de 14 pays du continent. L’occasion de faire le point sur l’Initiative Atlantique, ses enjeux et ses perspectives pour une région intégrée, inclusive et prospère. Au terme de ce Forum, les participants ont appelé pour un partenariat rénové pour l’espace sahélo-atlantique. Lequel sera mis en œuvre à travers une concentration des efforts sur des secteurs structurants capables de répondre aux priorités de développement des pays sahélo-atlantiques. Une approche qui devra permettre l’accélération des convergences régionales et, du coup, déboucher sur une croissance durable. De même que l’accent est mis sur l’importance de l’implication des acteurs privés et non gouvernementaux en vue de mener à bon port cette Initiative. Ce qui passe, on s’en doute, inéluctablement par la densification des échanges entre les opérateurs économiques, mais aussi humains et culturels.