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La course aux gratte-ciel est lancée en Afrique
Depuis quelques années, de grandes villes d’Afrique se sont lancées dans une véritable course à la hauteur, élevant fièrement des gratte-ciel qui rivalisent avec ceux des métropoles mondiales.
Le visiteur qui découvre la ville de Rabat pour la première fois a de quoi être subjugué dès qu’il franchit le seuil de la capitale du Royaume. Car à l’inverse des phares touristiques du Royaume que sont Marrakech, Fès ou Tanger, Rabat ne figure pas parmi les destinations touristiques incontournables du Maroc, ces fameux «must-visit holiday destinations» vers lesquels se tournent tous les voyageurs désirant découvrir le Royaume chérifien.
Pourtant, celle qui est devenue la capitale marocaine de la culture n’a rien à envier à ses aînées avec ses monuments prestigieux classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco : la majestueuse Tour Hassan et le Mausolée Mohammed V, une médina ancienne et toujours animée, la fascinante Kasbah des Oudayas ainsi que l’antique cité romaine de Chellah.
Toutefois, c’est un autre bâtiment, récemment sorti de terre, qui concentre tout l’intérêt et la fascination des habitants de la ville et des visiteurs étrangers.
L’imposante Tour Hassan, qui semble fendre le ciel entre Rabat et Salé, avec son architecture moderne et tranchante, ainsi que ses reflets éblouissants, deviendra à coup sûr, dans quelques années, le véritable étendard de la capitale marocaine.
Elle a d’ailleurs déjà détrôné les gratte-ciel de Casablanca, comme la Tour Casablanca Finance City (122 m), le Twin Center (115 m) ou les plus récentes tours Attijariwafa bank (114 m) et Banque Populaire (106 m).
La dubaïsation des métropoles africaines
Depuis quelques années, de grandes villes d’Afrique se sont lancées dans une véritable course à la hauteur, élevant fièrement des gratte-ciel qui rivalisent avec ceux des métropoles mondiales. Ces projets pharaoniques, symboles de l’émergence du continent, se multiplient à un rythme accéléré.
Des tours majestueuses jaillissent du sol, représentant le dynamisme et les aspirations modernes de ces nations africaines. L’Égypte, par exemple, est sur le point d’achever son «Iconic Tower», culminant à 393 mètres au cœur de sa nouvelle capitale administrative. Au Maroc, la Tour
Mohammed VI à Rabat, qui atteint 250 mètres de haut, semble fin prête et tout le monde attend impatiemment son inauguration. Ce phénomène, qualifié de «dubaïsation» de l’Afrique en référence à l’Emirat du Golfe et son urbanisation extravagante, reflète les ambitions des pays émergents africains à se doter de gratte-ciel regroupant des centres d’affaires, des hôtels et des centres commerciaux de luxe, ainsi que des services de l’État, comme c’est le cas de la Tour F à Abidjan, qui est conçue pour culminer à 400 m de hauteur, grâce à une antenne de 80 m placée sur le toit du bâtiment.
Cet élan de construction de gratte-ciel assez récent dans le continent, si on excepte l’Afrique du Sud, reflète parfaitement l’essor économique que connaît l’Afrique qui, malgré des niveaux de développement très disparates entre les différents pays, reste le continent qui enregistre le plus haut taux de croissance économique annuel. Des voix s’élèvent pour critiquer cette politique qui bénéficie uniquement aux riches citoyens africains et aux investisseurs étrangers, mais pourquoi l’Afrique serait le seul continent qui ne devrait pas avoir de tours ? Car les États-Unis d’Amérique ont amorcé leur marche vers la prospérité et la modernité en construisant des buildings géants et des gratte-ciel à tout-va dès le début du vingtième siècle. Ensuite, les pays asiatiques ont suivi la tendance jusqu’à concentrer la majorité des plus grands gratte-ciel actuels. En effet, neuf des dix plus hauts gratte-ciel, tous construits au cours de la dernière décennie, se trouvent actuellement dans les pays d’Asie et du Moyen-Orient. Et la course pour détrôner Burj Khalifa de Dubaï avec ses 828 m et ses 163 étages est déjà lancée avec le chantier de la Jeddah Tower prévu pour dépasser les 1.000 m de hauteur !
L’Afrique est arrivée en retard dans la fête des grands édifices, mais les dirigeants africains sont déterminés à faire de leurs villes et surtout de leurs capitales de grands centres d’affaires et des vitrines pour attirer les investisseurs étrangers, qui convoitent ardemment les richesses du continent. Après le 11-Septembre, certains experts ont prédit la fin des gratte-ciel par souci de sécurité, après que les images de l’effondrement des Twin Towers à Manhattan ont profondément traumatisé l’opinion publique mondiale.
Mais l’être humain est naturellement attiré par ce qui est grand et ce qui brille. Et ce n’est pas demain que cette tendance risque de s’inverser…

Grands chantiers en construction
Tour Mohammed VI – Rabat
Culminant à 250 mètres, la Tour Mohammed VI à Rabat s’impose comme un véritable phare visible à 50 kilomètres à la ronde. Ce gratte-ciel, d’une superficie totale de 102.800 m², évoque l’image d’une fusée prête à décoller, avec sa tour élancée posée sur un vaste podium. Conçue sur 55 étages, la tour abritera un hôtel de luxe, des bureaux, des appartements haut de gamme, ainsi qu’une terrasse d’observation au sommet. Un total de 40 ascenseurs, dont 23 situés dans la tour et 17 dans le podium, assurera l’accessibilité à ses divers niveaux.
La conception de cet édifice a pris en compte des facteurs environnementaux importants comme le vent, les risques sismiques et les crues potentielles du fleuve Bouregreg voisin. Le contreventement de la structure repose à 70% sur un noyau en béton et à 30% sur des portiques en acier de façade.
De plus, un système d’amortisseur harmonique sera installé dans les derniers étages pour minimiser les oscillations, garantissant ainsi la stabilité des appartements situés au sommet.
La Tour Mohammed VI est l’élément phare du plan d’aménagement de la vallée de Bouregreg.
Ce projet ambitieux s’inscrit dans le programme «Rabat ville lumière, capitale marocaine de la culture», qui vise à transformer la ville à travers des infrastructures urbaines majeures, incluant le Grand Théâtre de Rabat et la Maison des Arts et de la Culture.
Tour F – Abidjan
La tour F, érigée dans la commune du Plateau, au cœur d’Abidjan, est destinée à accueillir de nombreux services de l’État, aujourd’hui disséminés dans toute la ville, avec les conséquences budgétaires que cela implique. Elle culminera à près de 400 mètres pour 76 étages et 140.000 m2 de surface, desservie par 23 ascenseurs, devenant la plus haute tour du continent.
Construite pour atteindre 280 mètres, puis révisée à 333 mètres, son concepteur PFO Africa envisage une antenne de 70 mètres sur le toit du gratte-ciel pour atteindre 404 mètres et ainsi en faire le monument le plus haut d’Afrique. Elle sera aussi ouverte au public avec des espaces commerciaux, des zones privatives et des zones de bureaux. Ce projet immobilier particulièrement novateur est prévu d’être achevé en juin 2025, soit quelques mois avant l’élection présidentielle.
Iconic Tower-Egypte
D’ici 2025, l’Iconic Tower deviendra le plus haut bâtiment d’Afrique, culminant à environ 385 mètres. Située dans la nouvelle capitale administrative de l’Égypte, elle aussi en cours de construction, cette tour symbolisera l’ambition architecturale et le développement urbain de l’Égypte. L’Iconic Tower, une fois achevée, s’élèvera sur 80 étages, abritant diverses activités. Les 40 premiers étages seront consacrés aux bureaux, visant à devenir le cœur économique de la nouvelle capitale administrative égyptienne et l’un des principaux centres financiers d’Afrique. Au-dessus, 10 étages seront dédiés à l’hôtellerie de luxe, incluant des établissements 5 et 7 étoiles. Les 30 derniers étages proposeront des appartements haut de gamme, offrant un cadre de vie prestigieux. Une plateforme d’observation, située au 74e étage, offrira une vue panoramique imprenable sur la nouvelle ville administrative et le désert environnant.
Tour Zanzibar Domino
La Tour Zanzibar Domino, avec 70 étages, sera l’édifice le plus haut d’Afrique subsaharienne, doté d’un budget d’un montant de 1,3 milliard de dollars. D’une hauteur dépassant les 300 m, elle sera un véritable symbole de modernité et de luxe sur la côte ouest de Zanzibar, à 15 kilomètres de Stone Town. Ce projet ambitieux inclura 560 appartements, des hôtels de luxe, un terrain de golf, une chapelle de mariage et diverses infrastructures haut de gamme. L’une des particularités les plus remarquables de ce projet est la création d’une île artificielle, complétée par une marina pour yachts et bateaux de croisière. La tour et ses infrastructures seront reliées à Zanzibar par un pont de plusieurs kilomètres, promettant de devenir un point de repère emblématique et une destination de choix pour les touristes et les investisseurs du monde entier.