Diplomatie
Investissement, l’OCP comme acteur de développement
Le site de Boucraâ contient à peine 1,6% des réserves prouvées du phosphate au Maroc. En plus de réinjecter tous les revenus de la mine dans la région, le Groupe OCP est en train de réaliser un programme d’investissement de 19 MMDH.
L’OCP a de grandes ambitions pour son site de Boucraâ et par-delà pour toutes les régions du Sud. Dans l’axe Sud Tarfaya-Boucraâ-Laâyoune, le groupe a programmé l’installation d’un complexe vert de production d’ammoniac, au sud de Tarfaya. Celui-ci aura une capacité d’un million de tonnes par an, alimenté par un parc solaire et éolien d’une capacité totale de 3,8 GW. Une usine de production d’électrolyseurs viendra soutenir l’ambition de ce projet, assurant une intégration industrielle locale dans cette nouvelle chaîne de valeur. Une usine de dessalement d’une capacité de 60 millions de mètres cubes alimentera ces installations industrielles et contribuera à la satisfaction des besoins régionaux.
C’est là un effort considérable de la part de l’Office pour développement économique de ces régions. Tout le monde le sait, puisque ce n’est pas un secret, les provinces du Sud ne représentent qu’à peine 1,6% des réserves prouvées du phosphate au Maroc, sachant que le Royaume détient 70,4% des réserves mondiales connues à ce jour. On sait aussi qu’étant donné les caractéristiques géographiques et socioéconomiques de cette zone, le développement durable des ressources phosphatées du site de Boucraâ, situé à une centaine de kilomètres au sud de la ville de Laâyoune, nécessite des infrastructures extrêmement coûteuses.
Dans cette zone, caractérisée en plus par des contraintes géographiques et climatiques sévères, les coûts très élevés d’entretien des équipements miniers génèrent des coûts d’extraction du phosphate deux fois et demie plus élevés que ceux dans les mines situées dans le nord du pays, ce qui pénalise lourdement la rentabilité de la société Phosboucraâ. Le groupe réinvestit non seulement l’intégralité de ses revenus dans l’entretien et le développement de la mine de Boucraâ, mais il contribue également au développement, en injectant des fonds supplémentaires, pour la promotion de ces régions. Preuve en sont les investissements réalisés par le Groupe OCP au niveau de Boucraâ durant la période 1976-2010 et qui sont de l’ordre de 2 milliards de dollars.
Ceux projetés pour 2011-2026 s’élèvent à 1,8 milliard de dollars, soit 19 milliards de dirhams. C’est ainsi que dans cette même lignée et à travers Phosboucraâ et la Fondation OCP, le groupe a lancé ces dernières années une série de projets structurants pour la région.
Il a programmé un investissement de l’ordre de 16,8 milliards de dirhams pour la construction d’un complexe intégré de production d’engrais et de traitement des phosphates. Ce projet porte sur l’ensemble de la chaîne de valeur du phosphate et devra générer quelque 1.270 emplois. Entre autres composantes de ce projet, une plateforme de production d’engrais pour un coût de 8,3 milliards de dirhams, une usine de lavage et flottation des phosphates
(1,7 MMDH), une unité de séchage des phosphates destinés à l’export (600 MDH) et un parc de stockage d’une capacité de 500.000 tonnes (800 MDH).
Une technopôle bien intégrée dans la culture locale
En parallèle, le groupe a projeté la construction d’une nouvelle jetée au niveau du port de Laâyoune, pour un investissement de 4,2 milliards de dirhams, afin de développer les capacités logistiques (import et export) de la région. Bien sûr, et c’est désormais une politique transversale du groupe, la réalisation de tous ces différents projets se fera en total respect de l’environnement, avec de plus en plus le recours aux énergies vertes, au recyclage des eaux usées et au dessalement d’eau de mer.
Dans ses projets autour du site de Boucraâ, le Groupe envisage même de recourir à des procédés innovants pour la transformation du phosphate en engrais et pour la valorisation des produits dérivés, la valorisation de l’énergie thermique générée par l’unité sulfurique en énergie électrique, la réduction de la consommation énergétique pour le séchage de la roche destinée à l’export, et le recours aux eaux de mer dans le procédé de lavage-flottation.
En plus de cette composante industrielle, le programme d’investissement lancé par l’OCP dans la région comporte également un volet socioéconomique.
Le Groupe a décidé, dans ce sens, de construire la technopôle Foum El Ouad. C’est un projet qui va être réalisé en 2 phases moyennant un investissement de 2 milliards de dirhams. Le projet, aussi bien dans sa conception que sa vocation, intègre les spécificités territoriales de la région et des pays subsahariens. La technopôle accueillera l’Université Mohammed VI Polytechnique Laâyoune qui sera orientée vers la recherche, l’innovation et la formation dans les domaines des sciences et techniques relatives aux zones arides et sahariennes et comportera un pôle d’enseignement et de R&D autour des thématiques économiques et environnementales liées à ces zones.
L’établissement abritera également des pôles dédiés au développement des compétences des jeunes et à l’encouragement de l’entrepreneuriat. Il sera doté d’un centre de compétences industrielles dédié aux formations liées à l’industrie du phosphate afin d’accompagner le déploiement de la stratégie industrielle du Groupe OCP.