Pouvoirs
Investissement et emploi : objectifs clairs et démarche précise
Pour l’Exécutif, il n’y a pas de formule magique. C’est l’investissement qui crée la richesse et l’emploi et stimule la croissance. Une vision claire, un cadre juridique incitatif, des mesures d’accompagnement intégrées et un climat des affaires sain en sont les préalables.
C’est un Chef de gouvernement serein qui s’est présenté devant les députés de la première Chambre, lundi 10 juin, dans le cadre des questions de politique générale. À l’aise parce qu’il parle d’un domaine qu’il connaît et qu’il maîtrise bien. À l’aise aussi parce que ses réalisations lui ont valu un renouvellement de la légitimité électorale, confirmée pendant toutes les élections partielles auxquelles son parti, le RNI, a participé.
C’est donc de l’investissement et de son corollaire, la création de la richesse et donc la croissance et l’emploi, que Aziz Akhannouch a parlé devant le Parlement, mettant en avant des progrès tangibles qui n’ont pu être réalisés sans la vision royale et sans une détermination du gouvernement et une efficacité de son action. Pour qu’aujourd’hui la Commission nationale de l’investissement étudie et valide, en seulement cinq sessions, 115 projets pour une valeur totale de 173 MMDH, c’est tout un processus réglementaire et législatif qui a été mené. La Charte, attendue depuis plus d’une dizaine d’années, a été élaborée en quelques mois avec tout l’arsenal qui l’accompagne en termes des textes applicatifs. Ces quelques mois de travail sérieux, avec comme cap une vision royale, ont fini par payer. En une année, après le déploiement de la nouvelle Charte, les investissements objet des conventions signées représentent cinq fois la moyenne des cinq années d’avant. Pour les emplois, c’est sept fois la moyenne des cinq années d’avant la nouvelle Charte.
Pour que l’État puisse mobiliser un budget d’investissement de l’ordre de 340 milliards de dirhams (dont 103 MMDH dans le cadre du budget général de l’État, 152 MMDH des EEP, 45 MMDH du Fonds Mohammed VI, 20 MMDH par les collectivités territoriales et 20 MMDH pour le Fonds de reconstruction d’Al Haouz), il y a bien un travail qui a été fait au préalable. Et surtout de la bonne gouvernance. «Le pari de faire du Maroc un pays de réformes majeures passe par une définition claire des priorités à soulever, et la mise en place d’un tableau de bord clair des interventions publiques», a souligné le Chef du gouvernement devant les députés.
Il s’agit, poursuit-il, «de concilier l’augmentation du volume des dépenses financières avec l’amélioration de la performance publique, en approfondissant la réforme du bilan et en continuant d’adopter une approche globale, intégrée et axée sur les résultats, pour répondre efficacement aux défis posés par l’allocation de ressources financières exceptionnelles et la mise en place d’options volontaires et volontaristes».
Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude économique, poursuit le Chef du gouvernement, «le niveau d’investissement public dans notre pays a connu une évolution significative, car le gouvernement a dû intervenir pour mobiliser des ressources financières supplémentaires et faire face à l’urgence de la situation». De même, «outre son rôle dans la poursuite des efforts visant à maintenir le rythme de l’entrepreneuriat social, l’investissement public est un levier majeur pour suivre la vision du gouvernement dans le domaine de l’investissement privé».
Renversement de tendance
Aussi, au moment où les précédents gouvernements n’hésitent pas, au premier pépin, de couper dans le budget d’investissement pour répondre à une crise passagère, l’équipe Akhannouch, elle, s’est fixé pour credo de ne jamais toucher à ce budget. En cas de difficulté, l’Exécutif procède à une rallonge budgétaire comme il vient d’ailleurs de le faire, avec une levée de 14 milliards de dirhams, mais tout en maintenant l’effort d’investissement public au même niveau. Et ce, dans un contexte particulier où l’équipe aux commandes est en train de mettre en place les fondements de l’État social. Un chantier vaste qui nécessite des fonds importants, mais qui va créer les conditions d’un développement humain durable.
Pour que les recettes fiscales montent en flèche alors que le gouvernement a réduit les impôts, il fallait de l’audace dans la réforme. «Afin de mobiliser le potentiel offert par la réforme fiscale, nous avons réussi à poser les bases de la justice fiscale, en élargissant l’assiette fiscale sans augmenter la pression fiscale sur le tissu entrepreneurial national», souligne le Chef du gouvernement. Pour que les investisseurs étrangers puissent faire confiance au Maroc au point de miser des sommes jamais égalées, à l’instar du groupe sino-européen Gotion High Tech qui vient de mettre sur la table un total de 12,8 milliards de dirhams, cela ne vient pas du néant. Il faut dire qu’en la matière, le gouvernement garde le cap. «Actuellement, l’investissement privé devrait atteindre la moitié de l’investissement national total d’ici la fin de 2026 et les deux tiers d’ici 2030», confirme Aziz Akhannouch.
Pour arriver à ce niveau, il fallait que le climat des affaires s’y prête. L’Exécutif a d’ailleurs finalisé la feuille de route stratégique 2023-2026 pour le développement du climat des affaires, qui repose sur 3 axes principaux, dont 10 ateliers prioritaires, 46 initiatives stratégiques, en plus d’un pilier horizontal. Enfin, pour récupérer sur deux ans 600.000 emplois perdus à cause du Covid et de la crise internationale, il aura fallu, en plus d’un sens aigu de la responsabilité, faire montre de dons à la limite de la magie. Mais si la sécheresse est venue anéantir cet effort, cela ne met pas en cause le mérite d’avoir sauvé des centaines de milliers d’emplois et d’avoir créé d’autres. Et nous parlons ici d’emplois dignes et surtout stables. Évidemment, lance le Chef du gouvernement, «nous ne pouvons pas régler toutes les problématiques, mais nous allons faire de notre mieux». Et même l’emploi est érigé en priorité absolue pour la deuxième moitié du mandat du gouvernement, Aziz Akhannouch est catégorique : «On ne peut pas résoudre la problématique de l’emploi dans trois ans. Nous faisons face à un cumul résultant de politiques de plusieurs années».
L’effet de la nouvelle Charte
Les réunions tenues depuis l’avènement du gouvernement, dans le cadre de la Commission nationale de l’investissement, ont abouti à des résultats sans précédent. Les 12 sessions de la Commission dans son ancienne formule ont connu l’approbation de 199 conventions et avenants d’accords d’un montant total de plus de 241 MMDH, avec la création d’environ 140.000 emplois directs et indirects. Les cinq sessions de la Commission sous la nouvelle Charte d’investissement ont permis l’approbation de 115 projets d’un montant global de 173 MMDH et qui permettront la création de plus de 96.000 emplois directs et indirects. Ce qui montre clairement l’impact de la nouvelle Charte dont la mise en œuvre a été accompagnée d’un package de mesures intégrées. Lesquelles mesures ont conféré à l’investissement privé son efficacité opérationnelle attendue et par-delà a insufflé une nouvelle dynamique à l’économie nationale. Preuves en sont les 69% de conventions d’investissement, approuvées lors des 5 dernières réunions, portées par le capital national. La répartition sectorielle des projets d’investissement approuvés met également en évidence une diversité remarquable dans les domaines ciblés, qui sont d’ailleurs des domaines prioritaires à forte valeur ajoutée que le Maroc cherche à promouvoir à l’avenir. À savoir les secteurs de l’industrie, du commerce, des transports, de la logistique, des énergies renouvelables, des mines et des télécommunications, ainsi que des secteurs à dimension sociale, tels que l’éducation, la santé et le tourisme.
