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Pouvoirs

Gouvernement : Les nouveaux venus en action (1/4)

Ils ont été 14 à intégrer le gouvernement en octobre dernier. Certains ont déjà trouvé leurs marques et apportent leur touche, d’autres se font encore discrets. Zoom sur Amine Tahraoui, Mohamed Saad Berrada, Ahmed El Bouari et Abdessamad Kayouh.

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Amine Tahraoui
Ministre de la Santé et de la protection sociale

D’un défi à l’autre
Première urgence à gérer pour le nouveau ministre : mettre fin à la grève des étudiants en médecine. Il enchaîne avec le désamorçage d’une véritable bombe sociale dans le secteur. Le passage en mode GST (groupements sanitaires territoriaux), le clou de la réforme, a suscité une levée de boucliers chez les médecins qui ont obtenu le droit de rester fonctionnaires de l’État et payés à partir du budget général.
Entre-temps, Tahraoui devait expédier un autre dossier, tout aussi urgent : l’appel d’offres relatif à la feuille de soins digitale, évalué à 180 MDH, a attiré son attention. Dans la foulée, ce sont plusieurs appels d’offres qui font l’objet d’une procédure d’évaluation rigoureuse pour une gestion optimale des ressources publiques.
En parallèle, le nouveau ministre, assumant sa tutelle sur les CHU, a présidé le conseil d’administration de certains d’entre eux, ce qui lui a permis d’avoir une idée précise sur la situation sur le terrain tout en procédant à la mise en service de plusieurs établissements de soins. L’agenda déjà chargé du ministre s’est alourdi par un nouveau défi: faire face à la prolifération de la rougeole, une maladie pourtant éradiquée il y a des années de cela. Un plan d’urgence a donc été lancé pour limiter les dégâts d’un laisser-aller, qui s’est révélé fatal, en termes de programme national de vaccination.

Mohamed Saad Berrada
Ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et du sport

La continuité dans les classes
Certes son prédécesseur avait abattu un travail monstrueux, mais en homme d’affaires chevronné, Mohamed Saad Berrada est conscient qu’assurer le suivi d’une réforme n’est pas une mince affaire. Le nouveau ministre n’a donc pas hésité à poursuivre le dialogue avec les syndicats dès sa prise de fonctions. Mieux encore pour apaiser le climat professionnel, il a appelé les directeurs des Académies à revoir et annuler les sanctions disciplinaires contre le personnel. Il a également permis aux enseignants de dispenser des heures supplémentaires dans les établissements privés. Le responsable gouvernemental a également pris son bâton de pèlerin pour visiter de nombreux établissements scolaires, de Fès jusqu’à Al-Haouz. Il veille à la poursuite et à l’accélération de la généralisation des écoles pionnières dans le primaire, mais aussi à l’introduction réussie de ce label dans les collèges.
Réconforté par les résultats probants de cette approche, Berrada entend poursuivre et continuer sur cette voie de réforme du système éducatif.

Ahmed El Bouari
Ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts

Le crash-test du Ramadan
L’ancien directeur de l’irrigation au sein du ministère de l’Agriculture est déjà au fait de tous les défis du secteur. Depuis sa nomination, il a mobilisé son département pour poursuivre l’implémentation du programme d’irrigation. Il a même lancé un projet visant à soutenir la transition vers l’énergie solaire pour le pompage de l’eau d’irrigation sur une superficie de 51.000 hectares, moyennant un soutien financier. Sur un autre volet, El Bouari est attendu sur le comportement des biens de consommation pendant le mois de Ramadan. Il a déjà rassuré les Marocains quant à la disponibilité des produits agricoles, laitiers et des viandes rouges et blanches sur le marché national. Une série de réunions ont été tenues avec les opérateurs et les professionnels des fédérations agricoles pour que les produits les plus consommés soient présents, abondants et à des prix raisonnables. Une autre problématique de taille et à laquelle le ministre s’attèle : il s’agit du cheptel national qui a diminué de 38% par rapport à 2016.

Abdessamad Kayouh
Ministre du Transport et de la logistique

Annonces et dialogue, en attendant du concret
Il a hérité d’un ministère qui est sous les feux de la rampe, eu égard aux nombreux projets lancés dans le domaine des transports.
Depuis sa nomination, il surfe d’ailleurs sur le sujet dès qu’il en a l’occasion, multipliant les annonces spectaculaires, comme les 96 MMDH d’investissements dans le ferroviaire d’ici 2030, la construction d’une usine de rames, ou encore les 42 MMDH d’investissements dans les aéroports… Au-delà de ces annonces, Kayouh a surtout noué le dialogue avec les professionnels du transport de marchandises pour le déploiement d’une nouvelle feuille de route.
Plusieurs dossiers chauds sont sur la table : manifeste de fret, contrôle de la surcharge, renouvellement du parc automobile, accès à la profession, indexation des tarifs sur le prix des carburants, nouveau code de la route…
La même démarche de concertation a été entamée avec les professionnels de la logistique pour booster l’investissement privé.
Dans le secteur du transport maritime, Kayouh a présidé une réunion interministérielle sur l’étude relative au développement de la flotte de marine marchande. En résumé, le ministre a pris ses marques, en attendant du concret.