Pouvoirs
En Couv’. Tifinagh, la nouvelle identité visuelle du Royaume
A lui seul, ce selfie de l’avocat et militant amazigh Hassan Id-Belkacem, qui a fait récemment le tour des réseaux sociaux résume l’immense avancée en termes de l’identité amazighe.
En 1982, l’avocat a été condamné à la prison par un tribunal de Rabat pour avoir écrit des indications professionnelles, sur la pancarte qu’il accrochée devant son bureau en tifinagh. Deux décennies plus tard, il pose devant ce même tribunal dont la façade est ornée de ces mêmes caractères.
Que ce soit les tribunaux, les sièges des préfectures et wilayas, les commissariats de police, devant les écoles, les ministères ou la quasi-totalité des établissements publics, les façades portent désormais leur nom officiel bien distinct en amazigh transcrit en tifinagh. Idem pour les aéroports, les autoroutes, les noms de rues dans certaines villes. Même le privé s’y est mis.
Les conseils élus, les communes, les chambres de commerces et autres, même certains partis politiques, qui ont au début pris la chose à la légère. Ce qui a donné lieu à des situations burlesques. La plupart gardent leur nom en arabe transcrit tant bien que mal en caractère tifinagh. La Chambre de commerce de Casablanca a fait mieux, elle a juste changé les caractères latins en caractères amazighs.
Du français transcrit en tifinagh. Des malins se sont payé la tête du parti de l’Istiqlal dont l’une des antennes locales arbore en grands caractères bien visibles «Vive tamazigh» en tifinagh alors que l’écriture est censée représenter le nom du «parti de l’Istiqlal».
Ces caractères que le patron du PJD a qualifiés le temps d’une campagne électorale du «chinoiserie» représentent l’une des nombreuses batailles identitaires livrées et perdues par le parti islamiste.
Il a fallut en effet un arbitrage royal pour mettre fin à une polémique initiée et attisée par ce parti. Ces caractères, dont l’apprentissage est, selon les experts, des plus faciles, fait du Maroc l’un des rares nations à utiliser trois alphabets en même temps.
