Pouvoirs
En Couv’. L’amazigh au Parlement, fin d’une polémique
Le 30 avril 2014, la députée RNI Fatima Chahou (alias Tabaamrant) crée un précédent et accessoirement une polémique.
Elle a posé une question orale, en amazigh, au ministre de l’Éducation nationale sur la généralisation de l’enseignement de cette langue.
Depuis, c’est à quelle partie gênera le plus l’autre au point où même le ministre des Habous, avec sa légendaire retenue, a répondu dans la même langue à une question qui lui a été adressée également en amazigh.
Tout le monde l’a compris, au plus haut niveau de l’État, la volonté politique d’avancer le plus rapidement et au plus loin dans ce chantier n’est plus à prouver. Les mécanismes de sa traduction dans la réalité viennent après.
La preuve, à l’ouverture de la session du printemps de l’année dernière, lundi 11 avril 2022 plus exactement, la Chambre des représentants a créé un précédent dans l’action parlementaire en adoptant, lors de la session des questions orales de ce jour, la traduction simultanée en langues arabe et amazighe.
Un service permet aux amazighophones de suivre la retransmission en direct des sessions dans les trois variantes : tachelhit, tarifit et tamazight, leur permettant ainsi d’être informés, à l’instar des autres citoyens, des différentes questions en discussion au sein de l’institution législative, qu’elles soient à caractère national, régional ou local.
Une année plus tard, et suite à la signature d’une convention avec l’IRCAM, la deuxième Chambre décide, elle aussi, de lancer son service de traduction simultanée vers la langue amazighe des travaux des séances des questions orales.
Cela dit, pour ne plus se retrouver dans des situations polémiques, la première Chambre a veillé à inscrire clairement dans ses statuts des mécanismes de mise en œuvre de l’intégration de l’amazigh dans l’administration et dans la vie publique.