Pouvoirs
En Couv’. Gouvernement : À une année de la fin du mandat, du travail qui attend encore
Si certains partis l’ont déjà fait, le gouvernement, contrairement à ses précédents, ne s’est pas encore mis en «mode élections». L’agenda de la dernière année de son mandat est encore chargé. Des défis à relever en termes de santé, de politique de l’eau et agricole, de l’emploi, de la croissance et des réformes sociales.
Dans un an, le gouvernement est censé passer en mode «expédition des affaires courantes». Dans l’attente de la nomination d’un nouvel exécutif après les législatives de septembre 2026, il reste encore douze mois dans l’agenda de l’Exécutif.
Un temps suffisant pour que la Santé et l’Enseignement ne fassent plus partie des priorités de la prochaine campagne électorale, encore moins de l’agenda de l’équipe issue des législatives de 2026.
L’essentiel a été déjà fait dans les deux secteurs, le reste le sera sans doute durant les douze prochains mois. Les deux secteurs seront désormais classés dans la case «Bilan et réalisations» et cesseront de faire partie des promesses électorales. Dans deux ans, peut-être trois, l’hôpital public sera aussi attractif que les cliniques et les hôpitaux privés, sinon plus, ne serait-ce qu’en raison de l’étendue du réseau hospitalier public
L’accès aux soins, aussi bien en termes de prestations et de qualité, sera le même, dans les deux secteurs, pour tout le monde, y compris pour les citoyens inscrits à l’AMO-Tadamon.
Pour l’enseignement, le modèle «École pionnière» est en passe d’être généralisé à tous les niveaux de l’enseignement public – ce but sera atteint en 2027 – au même titre que le préscolaire. La méthode TaRL vient renforcer le dispositif et la question des ressources humaines ne devrait plus se poser.
De même pour les équipements et le nombre en classe, à en juger par le réalisé et le nombre des appels d’offres lancés dernièrement. L’entrée en vigueur prochaine de la loi relative à l’enseignement mettra définitivement le secteur sur orbite. Les deux secteurs ne seront certes plus une priorité du programme gouvernemental, mais ils le restent encore pour l’actuelle équipe aux affaires.
C’est pour dire que, n’en déplaise à certains, l’agenda politique du gouvernement n’est pas encore achevé. Encore moins la carrière politique de son président. Les images et les échos des tournées régionales du parti, dans le cadre de «La voie des réalisations», le confirment d’ailleurs.
Il n’en reste pas moins que le chef du gouvernement qui, durant les quatre dernières années, a su élever le poste au rang institutionnel qui lui sied, cette année sera particulière. C’est un détail que les observateurs de la scène politique n’ont pas manqué de relever. La gestion récente de la situation au Centre hospitalier régional d’Agadir et les protestations qu’elle a suscitées en est un exemple.
L’envoi d’une commission d’inspection, les mesures annoncées, sur place, par le ministre de tutelle, la formation d’une commission de suivi à l’échelle nationale sont une démarche institutionnelle qui rappelle la manière dont le gouvernement a géré, par le passé, la crise des facultés de médecine, la situation dans le secteur de l’enseignement et la problématique des enseignants «contractuels», entre autres.
Quand le poste retrouve ses lettres de noblesse
Dans la gestion de ces crises sensibles, il y a «une démarche de restauration par le chef du gouvernement du charisme et de l’autorité de la présidence du gouvernement», commente un analyste politique.
Dans cette démarche, l’on décèle «de la fermeté, mais aussi, et en même temps, une souplesse et une flexibilité qui inspirent confiance», poursuit l’analyste. Le chef du gouvernement, notamment à travers les actions sur le terrain et les déclarations de son ministre de la Santé, a assumé sa responsabilité sans esquive, avec des réponses concrètes en sus.
Cela au moment où, en pareilles situations, ses prédécesseurs se plaignaient des blocages des êtres fantasmagoriques et autres «poches de résistance». Au contraire, nous avons vu «une nouvelle génération de profils qui font face aux défis de la société, tout en intégrant les contraintes institutionnelles».
Nous avons aussi vu, à l’action, «un coach qui soutient son équipe et veille au grain, directement ou à travers les multiples commissions interministérielles qu’il préside». Bref, «il y a des comportements politiques nouveaux et importants auxquels nous ne prêtons pas assez attention, et que d’aucuns ont tendance à minimiser».
Il y a aussi des indicateurs clés que des économistes avisés n’auront pas manqué de relever. Depuis son arrivée, Aziz Akhannouch a travaillé sur certains dossiers: la stimulation de la demande intérieure, notamment à travers l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens, le financement des grands projets et la restauration de la confiance des investisseurs, tant au niveau national qu’international.
L’impact est là, bien réel. En cette année 2025, à fin mai, les ventes du secteur automobile sont en hausse de 36% par rapport à la même période d’il y a une année. En 2024, elles étaient déjà à 9,22% d’augmentation annuelle. Les ventes du ciment ont augmenté, au même titre que les recettes des impôts (+18,3% de l’IR à fin août et +10,2% de la TVA intérieure)…
Tous ces indicateurs qui renseignent directement sur l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens ont enchaîné des niveaux record ces deux dernières années. Des indicateurs qui renseignent également sur l’impact de la gestion par «les objectifs et les réalisations» et non par des «slogans».
Une chose est sûre, grâce à ces changements, le chef du gouvernement issu des élections de 2026 sera institutionnellement plus fort et plus à même de faire face aux nouveaux défis.
Pour revenir à cette année, beaucoup plus que les quatre dernières, Aziz Akhannouch aura à maintenir un équilibre subtil au sein de son équipe. D’abord en tant que chef du gouvernement, il veille à ce que les chantiers ouverts soient menés selon les conditions et dans les délais impartis. Le travail du gouvernement ne s’arrête pas avant le dernier jour de son mandat.
Tous les membres sont tenus de suivre l’agenda de l’Exécutif. Ensuite, en tant que chef de file de la majorité, il est conscient que pendant une année électorale, qui a déjà démarré, les partis de la coalition gouvernementale, dont les chefs et certains cadres dirigeants sont également membres du gouvernement, sont appelés à se préparer aux échéances de 2026.
En plus d’une logistique électorale à mettre en place, leur présence sur le terrain est également envisagée, quitte à se livrer une concurrence électorale, somme toute saine, du moment qu’ils présentent un bilan collectif de tout le gouvernement. Un autre défi non seulement pour l’actuelle coalition gouvernementale, mais aussi pour toute la classe politique : «dépersonnifier» la future campagne électorale.
Élections, un exercice exceptionnel
C’est la première fois que l’on va éviter la déperdition du temps politique et législative avec le débat des textes électeurs durant la dernière année du mandat du gouvernement.
C’est déjà un énorme gain en matière de gestion du temps qui reste encore de l’actuelle législature. Et étant donné l’avancement du processus de concertation avec les partis, le chantier sera bouclé dans les temps, avant la fin de l’année. Les premières réunions entre les partis et le ministère de l’Intérieur se sont révélées productives.
La dernière a été consacrée à l’examen des propositions de chaque formation politique et, dans l’ensemble, les deux parties sont déjà d’accord sur certains points, dont notamment la nécessité de relever le niveau de représentation féminine au sein de l’institution parlementaire. Un consensus semble également se dégager en ce qui concerne la révision du découpage électoral afin de tenir compte des nouvelles réalités démographiques.
