Pouvoirs
En Couv’. Enseignement, une question de volonté politique
On le sait, c’est feu Hassan II qui avait ordonné en 1994 que la langue amazighe soit enseignée à l’école.
Trois décennies et plusieurs réformes plus tard, nous en sommes encore au stade où le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) recommande de «poursuivre les efforts visant à généraliser la langue amazighe dans les écoles, les universités, les tribunaux et dans le secteur de l’administration publique». Oui, c’est inscrit dans son dernier rapport rendu public il y a quelques jours.
Et dire que, dès 2003, le Maroc a opté officiellement pour une généralisation de l’enseignement de l’amazigh à tout le territoire national. Cet enseignement devait couvrir graduellement les six niveaux du cycle du primaire. Il est obligatoire pour les apprenants amazighophones aussi bien qu’arabophones. Près de 20 ans plus tard, l’enseignement de l’amazigh est dispensé pour à peine 500.000 élèves.
Au terme d’une décennie du PJD aux commandes, le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, a décidé d’examiner les moyens d’accélérer la généralisation de l’enseignement de l’amazigh dans les trois cycles du système de l’éducation nationale. La loi-cadre de la réforme de l’enseignement venait d’être adoptée.
Ce qui explique la démarche de l’Exécutif qui devait également se conformer aux dispositions de la loi organique 26-16. Il a été décidé donc d’étaler le processus sur six ans, mais tout en refilant la patate chaude à ses successeurs.
La généralisation de l’enseignement de l’amazigh dans les cycles primaire et collégial est en effet programmée entre 2024 et 2030, avec en prime la formation de 3.000 professeurs d’enseignement primaire et collégial durant cette période.
Entre autres mesures annoncées, la mise à jour des programmes pédagogiques du cycle primaire en y incluant le nouveau curriculum de la langue amazighe ainsi que l’élaboration d’un curriculum de l’amazigh du cycle secondaire collégial à partir de la rentrée scolaire 2022, et un curriculum de l’amazigh dédié au cycle secondaire qualifiant à partir de 2023.
Il faut dire que gouvernement PJD, qui à un certain moment affectait les enseignements –pour peu qu’il y’en ait- de l’amazigh à d’autres matières pour combler le déficit, n’a jamais fait preuve de volonté politique pour faire aboutir ce chantier.
