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Pouvoirs

En Couv’. Action gouvernementale, les douze travaux d’Akhannouch (2/3)

Agriculture, industrie, enseignement et état social… Entre réformes et nouveaux chantiers, l’Exécutif met le cap sur la croissance créatrice de richesse et d’emplois.

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Agriculture et eau, pour la sécurité alimentaire
Depuis 2019, le Maroc fait face à une situation de stress hydrique aigu. Les dernières pluies, bien que salvatrices, ne sont pas suffisantes pour un retournement de situation. Mais ces années de sécheresse auront montré deux choses : la résilience de notre agriculture après dix années du PMV et la capacité du gouvernement à faire face à une situation critique. La sécheresse est là, palpable, mais nos étals ne connaissent pas pour autant la pénurie. Les marchés sont régulièrement et suffisamment, des fois même abondamment, alimentés en produits agricoles. En même temps, même si les ressources hydriques se font de plus en plus rares, aucune de nos agglomérations urbaines, et même rurales, n’a connu des arrêts programmés d’approvisionnement en eau potable. Le gouvernement, tout en mettant les bouchées doubles et les moyens matériels et humains qu’il faut, le projet de connexion des bassins de Sebou et Bouregreg en est la preuve réalisée en un temps record, accélère la cadence pour rattraper le retard et mener à terme le plan national de l’eau.
La construction des stations de dessalement à double, parfois à triple usage (eau potable, irrigation et éventuellement industrie) s’accélère, profitant pleinement des capacités de mobilisation des fonds qu’offre le partenariat public-privé. Le programme de construction et de surélévation de barrages est mené avec la même cadence. Il en est de même pour les autres projets de mobilisation de ressources non conventionnelles d’eau. C’est que depuis le début, et une fois le constat sur la situation hydrique établi, le gouvernement a eu les idées claires. Sa démarche étant de mobiliser les capacités de dessalement pour l’eau potable dans les zones côtières et pour l’irrigation des plaines atlantiques, ainsi que pour les besoins de la production industrielle, notamment l’hydrogène vert. Les retenues des barrages seront réservées essentiellement aux villes intérieures ainsi qu’à leur périmètre agricole. Les transferts d’eau entre bassins hydrauliques viennent en appoint.
Le plan de gestion des ressources hydriques étant déployé, le gouvernement a également agi au niveau de l’utilisation dans l’irrigation. Là encore plusieurs démarches ont été lancées en même temps : la généralisation progressive de la micro-irrigation, le recours aux techniques agricoles peu consommatrices de l’eau et l’utilisation des variétés de plantes et de semences adaptées à un climat de plus en plus sec. En la matière, l’Exécutif ne perd pas le nord. Il sait que l’avenir de l’agriculture au Maroc, c’est l’irrigation. Et l’irrigation de demain, c’est la micro-irrigation.

Industrie, une valeur sûre pour l’économie
Les chiffres viennent d’être rendus officiels, l’industrie marocaine a réalisé un chiffre d’affaires de 801,5 MMDH. Un chiffre dépassant les performances de l’avant-crise. 46% du chiffre d’affaires est destiné à l’export. Ces dernières années, on a constaté une forte dynamique de création d’entreprises industrielles, surtout depuis cinq ans. La confiance accrue des acteurs économiques dans le potentiel de croissance du secteur industriel, également constaté, s’est traduite par l’injection de près de 34MMDH d’investissement, hors investissements greenfields. Le secteur est encore très jeune. Une entreprise sur deux (52%) a moins de dix ans d’existence. Il est clair que le Royaume table sur l’industrie pour son décollage économique. La tendance s’est encore plus accélérée lors de ces deux dernières années avec la refonte totale de l’environnement juridique et réglementaire de l’investissement. La réforme fiscale aidant, le gouvernement a dû ouvrir de nouvelles zones d’accélération industrielle. La dernière, celle de Jorf Lasfar, a vu le jour il y a à peine quelques semaines. Et ce sont les secteurs de l’agroalimentaire, de l’automobile et de la chimie & parachimie qui sont les plus dynamiques avec un CA dépassant 100 MMDH. Ce sont également ces trois secteurs qui réalisent près de 67% de la valeur ajoutée de tout le secteur. Les initiatives lancées par le gouvernement, dont la promotion de la création d’entreprises ou le soutien aux PME-PMI ainsi qu’une banque de projets disponibles, entre autres, sont de nature à développer davantage ce secteur fort pourvoyeur de postes d’emploi stables. Depuis le début du mandat du gouvernement actuel, le secteur industriel a créé plus de 100.000 emplois nets et a réussi à récupérer tous les emplois perdus en raison de la crise sanitaire. Et dans le domaine de l’industrie, le Maroc a déjà franchi un nouveau palier.

Enseignement, sur la voie d’une école publique de qualité
Pour un défi, c’en est un qu’aucun de ses prédécesseurs n’a osé affronter. Il s’agit ni plus ni moins de réparer les erreurs de quarante ans de gestion de l’enseignement et de l’école publique. Aziz Akhannouch s’est engagé pour en faire une école de qualité pour tous. Une feuille de route pour la période 2022-2026 a été établie dans ce sens. Ses grandes lignes s’organisent en 12 engagements concrets concernant les élèves, les enseignants et les établissements. Pour ce faire, il multiplie les démarches. Le ministre de tutelle attaque avec la méthode indienne TARL, qui a fait ses preuves ailleurs, pour une mise à niveau globale des élèves. Cette méthode d’enseignement au bon niveau s’est révélée efficace. Au bout de quelques mois, quatre fois plus d’élèves maîtrisent complètement les fondements des mathématiques, le taux de maîtrise du français s’est multiplié par trois et celui de l’arabe a doublé. Une réussite qui a encouragé le ministère à initier les enseignants à cette méthode. Aujourd’hui, plus de 12.000 enseignants, tous volontaires, ont été formés à la méthode TARL. Depuis la rentrée 2023, près de 322.000 élèves en bénéficient déjà dans 626 écoles primaires dites «pionnières». La deuxième démarche, c’est de généraliser ces écoles pionnières à tous les niveaux d’ici quatre ans. En même temps, le ministère s’attaque à la base avec la généralisation du préscolaire. Ce qui est innovant, et peu commun, dans la démarche du ministre c’est qu’il mène sa réforme sans faire recours aux cabinets de conseil externes. Il s’est basé sur un diagnostic de la situation que son département a établi et de l’expérience sur le terrain. La réussite de la démarche entreprise par le gouvernement a malheureusement été, jusque-là, occultée par les tensions sociales dans le secteur. Mais là encore, c’est une autre prouesse qu’il vient de réaliser. En un peu plus de deux ans de négociations et plusieurs accords signés avec les syndicats, l’Exécutif a pour ainsi dire assaini l’école publique. Tous les problèmes de nature et de gravité différentes ont été aplanis. Un nouveau statut unifié vient tout juste d’être adopté, avec à la clé l’amélioration de la situation matérielle, avec des augmentations de salaire jamais égalées, et du plan de carrière de l’ensemble du personnel du ministère, le cadre pédagogique en premier.

L’État social, chantiers en marche
Près de quatre millions de familles bénéficient des aides sociales directes. L’AMO Tadamon compte actuellement 10 millions d’adhérents soit près de 4 millions de ménages. Tous les citoyens disposent aujourd’hui d’une assurance maladie obligatoire. Le gouvernement prend en charge les frais d’adhésion des bénéficiaires d’AMO Tadamon à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) pour leur permettre de bénéficier gratuitement des services de santé des secteurs public et privé, à l’instar de l’ensemble des fonctionnaires et des travailleurs non rémunérés. Il verse une allocation mensuelle d’au moins 500 dirhams aux familles nécessiteuses répondant aux critères d’éligibilité. C’est une révolution en matière de protection sociale. Il y a à peine quelques années, cela faisait partie de l’impossible. L’histoire est connue, l’infrastructure technique a été mise en place avec la création du Registre national de la population et le Registre social unifié, et puis un marathon législatif et réglementaire a été entamé juste après l’investiture du gouvernement suivi de la mise en place progressive des structures nécessaires pour répondre à la demande en soins de santé. Le chantier a été bouclé dans les délais fixés par le Souverain, c’est-à-dire fin 2022. Le 1er décembre 2022, les citoyens qui bénéficiaient du RAMED ont basculé vers l’AMO Tadamon. Une révolution en la matière. L’année suivante a été consacrée au déploiement du régime de l’aide sociale directe, finalisé en décembre de la même année. Le Maroc est à mi-chemin de sa révolution sociale. L’étape suivante sera l’élargissement de la base d’adhérents au système de retraite en y incorporant environ cinq millions de Marocains parmi la population active non titulaire d’un droit à une pension. Ensuite, pour boucler le dispositif de la protection sociale, l’accès à l’indemnité pour perte d’emploi sera généralisé à tous les Marocains ayant un emploi régulier. Entre-temps, le gouvernement a lancé un programme inédit d’aide au logement.