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Éducation nationale : Un cap de réforme, des premiers résultats concrets

Du renforcement du préscolaire à la revalorisation des enseignants, en passant par l’innovation pédagogique et la digitalisation des établissements, le bilan d’étape dévoile des avancées majeures. Tout en soulignant les défis encore à relever pour faire de l’école publique un véritable moteur de développement.

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C’est un véritable virage stratégique que connaît aujourd’hui le système éducatif national. En s’appuyant sur la Vision 2015-2030, la loi-cadre 51-17 et la feuille de route 2022-2026, le ministère de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports (MENPS) poursuit un objectif clair : bâtir une école publique de qualité, inclusive et tournée vers l’avenir.

Le bilan publié récemment met en lumière les avancées majeures et les chantiers encore ouverts.

C’est que le projet éducatif marocain vise à corriger les faiblesses historiques du système : manque d’équité dans l’accès à l’enseignement, faibles taux de maîtrise des apprentissages, décrochage scolaire important ou encore déficit dans la formation et la valorisation des enseignants. La réforme s’articule autour de trois priorités: l’élève, l’enseignant et l’école.

L’ambition est triple : généraliser le préscolaire dès l’âge de quatre ans, améliorer les apprentissages fondamentaux à travers les écoles et collèges pionniers, et restaurer le prestige du métier d’enseignant par une revalorisation sans précédent.

Les premiers effets d’une réforme systémique
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le nombre d’élèves a atteint 8,27 millions en 2025-2026, contre 6,69 millions en 2021-2022. Le taux de scolarisation au préscolaire est passé de 72 à 85%, tandis que le taux de réussite au baccalauréat frôle désormais 83,3%. Le décrochage scolaire, fléau récurrent, a reculé de près de 30.000 cas, passant d’environ 300.000 élèves en 2021-2022 à 270.000 en 2025-2026.

D’autre part, le nombre d’élèves bénéficiaires d’internats a augmenté de 115.253 en 2021-2022 à 216.959 en 2025-2026, soit une hausse de 88%. Idem pour le transport scolaire qui a progressé dans les mêmes proportions, avec 683.244 bénéficiaires en 2025-2026, contre 442.604 en 2021-2022.

L’inclusion scolaire est aussi en marche : plus de 70.000 enfants en situation de handicap sont désormais intégrés, soit une progression de 133%. Parallèlement, 3,2 millions d’élèves bénéficient d’aides sociales directes grâce à la digitalisation et à la simplification des dispositifs.

L’amélioration du niveau de maîtrise des apprentissages fondamentaux est également notable, accompagnée par des programmes de formation renforcés pour les enseignants et les établissements. Les services de soutien social, longtemps freinés par la multiplicité des intervenants et un manque de gouvernance, ont connu une nette amélioration.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des écoles modernisées et connectées
Sur le terrain, l’investissement est visible. Le Maroc compte aujourd’hui 12.441 établissements scolaires, soit plus de 770 de plus qu’en 2021. Le monde rural, longtemps à la traîne, bénéficie de la construction de plus de 460 nouvelles écoles et de la réhabilitation de plus de 4.600 établissements dans le cadre du programme des Écoles pionnières.

L’innovation pédagogique s’y invite : classes numériques, “Digital Labs” et pédagogie adaptée avec la méthode Teaching at the Right Level (TaRL). Dans ces écoles et collèges pionniers, le taux de décrochage a chuté de 43% et les niveaux d’apprentissage ont fortement progressé, notamment en milieu rural.

La réforme mise aussi sur le plurilinguisme. L’enseignement de l’amazigh se généralise progressivement dans le primaire (52,5% des écoles concernées), tandis que l’anglais devient obligatoire dès le collège. Objectif : permettre aux jeunes de s’inscrire pleinement dans les dynamiques scientifiques et économiques internationales. La filière «Sport-études» a, elle aussi, été élargie pour concerner plus de 15.000 élèves, renforçant le lien entre éducation et activité physique.

Pour accompagner cette mutation, le gouvernement a consenti un effort budgétaire exceptionnel : le budget de l’éducation a bondi de 45% entre 2021 et 2025, atteignant près de 45 MMDH. Les dépenses d’investissement ont progressé de 33%, et 17 MMDH ont été alloués à la mise en œuvre des accords sociaux avec les syndicats.

Une nouvelle gouvernance se met en place, fondée sur les contrats de performance entre le ministère, les académies et les directions régionales, le pilotage par la donnée et la généralisation du système intégré GID AREF pour une gestion plus efficace.

Nouveau statut des enseignants
C’est l’un des chantiers phares du quinquennat : redonner aux enseignants la place qu’ils méritent. Le ministère a appliqué 92% des dispositions du nouveau statut fondamental du personnel éducatif, qui a introduit 11 nouveaux grades de distinction.

Une hausse générale des salaires a été mise en œuvre, bénéficiant à environ 330.000 employés, avec une augmentation nette moyenne de 1.500 DH par mois, pour un coût annuel d’environ 9 MMDH. En parallèle, une indemnité de compensation minimale de 1.000 DH a été accordée aux employés hors échelle, tandis que près de 100.000 enseignants ont bénéficié d’une indemnité complémentaire, pour un coût d’un milliard de dirhams.

La situation des enseignants contractuels des Académies régionales (AREF) a également été régularisée : 115.000 enseignants intégrés dans le statut du ministère, promus et formés, pour un coût estimé à 2,4 MMDH.

De plus, les promotions par sélection pour 2022 et 2023 ont concerné 12.000 enseignants, représentant 2,2 MMDH par an. Enfin, un programme de bourses a été lancé en 2024 au profit de 12.000 cadres éducatifs, pour 170 MDH, leur permettant d’intégrer directement des programmes de leadership dès 2025.

Préscolaire : 100% de couverture à l’horizon 2028
Par ailleurs, le ministère poursuit la généralisation du préscolaire, avec l’ambition d’atteindre 100% de couverture d’ici 2028. En 2025-2026, le taux d’inscription atteint déjà 85%, marquant une avancée notable vers cet objectif.

Dans les zones à faible densité, de nouveaux modèles de préscolaire ont été déployés dans toutes les académies régionales, en partenariat avec les associations œuvrant dans l’éducation et la formation.

L’effort de professionnalisation s’intensifie : plus de 5.000 éducatrices et éducateurs ont bénéficié de programmes de formation totalisant 400 heures de formation initiale et 13.800 heures de formation complémentaire, soit 3.841 bénéficiaires au total.

Le nombre de centres de la deuxième chance est passé de 149 en 2021-2022 à 222 en 2024-2025, avec 73 nouveaux centres créés. Le nombre de bénéficiaires de ces programmes est passé de 12.469 à 35.000 sur la même période.

Malgré ces avancées, plusieurs défis demeurent : surpopulation des classes, décrochage encore élevé au collège, inégalités territoriales, lente adoption du modèle des Écoles pionnières et besoin de renforcer la formation continue des enseignants.

Autre chantier d’avenir : adapter les programmes à l’ère numérique et à l’intelligence artificielle, en intégrant la programmation, les sciences appliquées et les compétences du 21ᵉ siècle dès le primaire.

Au final, les indicateurs s’améliorent, les classes changent de visage et le métier d’enseignant retrouve son éclat. La mutation de l’école marocaine est bel et bien en marche. Et d’ici peu, le tableau noir deviendra la toile d’un futur plein de promesses.