Pouvoirs
Écoles pionnières : Sur le chemin de la réussite
Les sceptiques n’y ont pas cru. Mais la détermination du gouvernement Akhannouch n’a eu d’égale que sa volonté de mettre sur pied une «école publique de qualité pour tous». L’expérience est sur la voie de la généralisation.
Tous les indicateurs le confirment : la greffe du projet «École pionnière» est en train de prendre. Certes, l’objectif d’atteindre l’installation d’une école publique de qualité n’est pas une mince affaire, mais le gouvernement est déterminé à y mettre tous les moyens nécessaires pour y arriver.
Et les résultats d’ores et déjà atteints le confortent pour aller de l’avant dans le sens de la généralisation de ce projet. Et, une confirmation de plus, le tout récent Rapport d’évaluation, produit par l’Instance nationale d’évaluation (INE), relevant du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique, révèle qu’on est sur la bonne voie. Et ce, malgré quelques insuffisances qui restent à combler. Ce qui ne saurait d’ailleurs tarder.
Passant au crible les trois axes du projet, à savoir «établissement», «enseignant» et «élèves», le Rapport de l’INE met «en lumière les réalisations mais aussi les contraintes et défis à relever pour une expansion et une généralisation réussies» du concept de l’école pionnière.
Ainsi, après une première évaluation remontant à septembre 2023 et une deuxième qui date de mai 2024, cette troisième conclut que «l’indice global montre qu’en moyenne les établissements ont réalisé un niveau de performance satisfaisant par rapport aux objectifs fixés».
Et avec un score de conformité de 79 points sur une échelle de 100 points, nous apprend le Rapport. Mieux encore, sur la totalité des établissements scolaires évalués, soit les 629, la plupart ont obtenu des scores supérieurs à 75 points.
Dans une approche de ventilation entre le monde rural et le milieu urbain, on est pratiquement à la même échelle des performances avec respectivement 75 et 80 points, précise le document. C’est dire que tous les moyens sont mis à contribution pour assurer une certaine justice spatiale.
En allant plus dans le détail, l’évaluation s’arrête notamment sur l’axe «Établissement», renvoyant aux espaces physiques «ayant trait à l’infrastructure, les équipements et les installations». Là encore, «les résultats obtenus à ce niveau sont globalement satisfaisants, avec un score moyen de 78 points».
Ce qui témoigne des «efforts fournis pour rendre les conditions plus propices à l’apprentissage». Cela étant, il n’en demeure pas moins que le document de l’Instance relève que ce score est plus élevé en milieu urbain (81 points) qu’en milieu rural (74 points). «Sans omettre que des disparités régionales restent à combler», indique le Rapport.
La même Évaluation nous renseigne, par ailleurs, que les établissements sont «plutôt conformes» aux normes relatives au leadership et à la gouvernance avec, à la clé, un score de 80 points.
On y apprend mieux…
S’agissant de l’axe «Enseignant», les établissements y affichent «un score moyen» de 60 points. Sur fond d’un écart notable entre les milieux urbain et rural, avec respectivement un score de 68 et 48 points.
En ce qui concerne les ressources pédagogiques, qui renvoient notamment aux équipements de classe et aux coins de lecture, le Rapport indique que les résultats obtenus sont «satisfaisants» avec un score national de 79 points. Chose qui n’aurait pu être atteinte sans «les efforts consentis en matière d’équipement».
Pour ce qui est de l’axe «Élève», le Rapport s’arrête particulièrement sur le respect du temps d’apprentissage où les établissements scolaires affichent un score moyen de 76 points. Alors que pour ce qui est de l’évaluation des apprentissages, les résultats sont «globalement satisfaisants aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural» avec, respectivement, un score de 84 et 83 points.
La même tendance positive est également à relever en matière de l’engagement des établissements scolaires «pour encourager la participation des élèves aux activités parascolaires». Sur cette dimension, le niveau de conformité est assez élevé. Et ce, que ce soit dans le milieu rural ou urbain avec des scores respectifs de 87 et 86 points.
Pour ce qui a trait au niveau des élèves en langues et en mathématiques, force est de constater que l’approche TaRL et de l’enseignement explicite donne ses fruits. D’autant qu’entre septembre et mai, ces leviers ont, en effet, permis «à une part importante d’élèves d’améliorer leur niveau d’apprentissage».
Les progressions réalisées dans ce sens sont plus prononcées en mathématiques et en langue française, comparativement à la langue arabe. Dans le détail, 67% et 62% des élèves ont vu leur niveau s’améliorer en mathématiques et en langue française contre à peine 50% en langue arabe.
Encore faut-il que cette tendance soit maintenue à tous les niveaux scolaires, d’autant plus, relève le Rapport d’évaluation, que la tendance diminue à mesure que l’on passe des niveaux élémentaires (CE2 et CE3) aux niveaux supérieurs (CE4, CE5 et CE6).
On l’aurait compris, ce qui était considéré par certains comme «une aventure sans lendemain» tient bien la route. Mais on est dans le perfectible et le gouvernement s’y emploie tout en maintenant son engagement pour la généralisation. Le collège pionnier est en train de suivre.
Des chiffres éloquents
Oui, une école publique de qualité est possible. L’Exécutif a pris le taureau par les cornes en s’engageant résolument dans le changement. Sur le fond comme sur la forme. Et le projet des Écoles pionnières voit le jour.
Trois axes ont été pris en compte, à savoir l’amélioration des apprentissages des élèves, notamment dans les mathématiques et les langues, et de l’environnement de l’apprentissage, et c’est visible à l’œil nu dans les établissements «labélisés», le tout conjugué à des équipements modernes où les technologies ont toute leur place, mais aussi le renforcement de la centralité de l’enseignant, mieux rémunéré et bénéficiant de formation et de formation continue dans le processus de l’apprentissage.
Entrant dans le cadre de la Feuille de route 2022-2026, le projet de l’École pionnière a été acté, dans une phase pilote, dans 626 établissements scolaires couvrant les différentes régions du Royaume. Au lancement, ce sont quelque 320.000 élèves qui en ont bénéficié au cours de l’année scolaire 2023-2024.
Avec des premiers résultats probants, l’expérience a été étendue durant l’année scolaire qui s’achève pour englober pas moins de 2.626 écoles, avec un effectif de 1,3 million d’élèves. Soit 30% des enfants scolarisés.
Le collège a suivi en 2024-2025 avec un total de 230 établissements du cycle, soit 10% du total des établissements dont bénéficient quelque 200.000 collégiens. En somme, progressivement, on avance bien sur la voie menant vers l’université de l’excellence.
