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Diplomatie

Sahara : Les trois prochains mois seront décisifs

Tout porte à croire que le conflit autour du Sahara marocain sera résolu avant le 50e anniversaire de la Marche verte. Les États-Unis, la France, mais aussi d’autres acteurs influents internationaux s’activent pour arriver à cette fin.

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Il est des signaux qui ne trompent pas. Et il y en a eu beaucoup ces deux dernières semaines qui indiquent que le conflit sur le Sahara marocain vit ses derniers mois, pour ne pas dire jours. Lundi 14 avril, le Conseil de sécurité a tenu sa réunion périodique sur la question du Sahara marocain. Il s’agit d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU, consacrée à la Minurso.

Ce qu’il faut retenir de cette réunion, c’est d’abord en relativiser l’importance. En d’autres termes, elle n’est pas importante en soi, mais ce sont, si l’on ose dire, les «side events» qui le sont. Concrètement, il s’agit d’une réunion ordinaire de consultation où le représentant personnel du secrétaire général, Staffan de Mistura, et son représentant spécial au Sahara, chef de la Minurso, le Russe Alexander Ivanko, présentent leurs rapports oraux sur les derniers développements de la question du Sahara. Globalement, rien d’extraordinaire.

Ce que l’on retiendra toutefois de cette réunion, c’est que Staffan de Mistura a appelé, devant les Quinze, à profiter du «nouvel élan» diplomatique autour de la question du Sahara – plus de 110 pays soutiennent clairement le plan d’autonomie présenté par le Maroc – et des «récents développements» qui «pourraient avoir des implications importantes pour les efforts de désescalade des tensions dans la région et faciliter une conclusion mutuellement acceptable au Sahara».

De son côté, le représentant spécial, Alexander Ivanko, a déclaré devant les membres du Conseil que «le Front Polisario ne semble pas en mesure de causer des dommages significatifs aux FAR, ni de modifier le statu quo par des moyens militaires». En revanche, «les FAR, dotées de capacités militaires considérables, font preuve de retenue jusqu’à présent». Lors de son briefing, le chef de la Minurso n’a pas manqué de saluer «la coopération» des FAR avec la mission onusienne.

Bref, à en croire l’envoyé personnel de Mistura, les trois prochains mois seront certainement décisifs. La diplomatie marocaine est, justement, fermement engagée pour mettre fin à ce dossier avant le 50e anniversaire de la Marche verte, le 6 novembre.

Comme précisé par l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, le plus important dans cette réunion c’est d’abord le contexte dans lequel elle a eu lieu, notamment le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la reconnaissance française de la marocanité du Sahara, les «discussions» engagées entre le Maroc et le Royaume-Uni sur le sujet.

Et puis, il y a eu aussi cette visite, la tournée, à la veille de cette réunion, effectuée par le chef de la diplomatie marocaine dans trois capitales fort significatives pour le dossier, Washington, Paris, et dans une certaine mesure Mascate.

Polisario, organisation terroriste
Aux États-Unis, le communiqué publié au terme de la réunion de Nasser Bourita avec Marco Rubio, la première que ce dernier a eue avec un ministre des Affaires étrangères d’un pays de la région arabe, de l’Afrique du Nord et de l’Afrique, réitère la confirmation de l’Administration Trump de la marocanité du Sahara.

Le ministre a eu plusieurs entretiens, notamment au Congrès, mais aussi avec Mike Waltz, conseiller à la sécurité nationale du président Trump, entre autres officiels américains. Il a ainsi rencontré plusieurs membres influents du Congrès américain et des présidents de Commissions stratégiques, dont le sénateur Lindsay Graham, les représentants Brian Mast, Joe Wilson et Mario Diaz Balart, ainsi que des membres de l’Abraham Accords Caucus des deux Chambres du Congrès.

Joe Wilson, membre influent au Congrès américain, a d’ailleurs annoncé, suite à la rencontre entre Lisa Kenna, secrétaire exécutive du département d’État américain, et Staffan de Mistura, son intention de «présenter une proposition de loi devant le Congrès américain pour faire désigner le Polisario comme une organisation terroriste».

L’annonce n’a pas manqué de faire son effet, en attendant sa concrétisation. Toujours est-il, un communiqué du département d’État publié suite à la réunion Bourita-Rubio a réaffirmé le soutien de Donald Trump à la souveraineté marocaine sur le Sahara, tout en insistant dans le même temps sur «une autonomie réelle» et une «solution mutuellement acceptable» que les États-Unis sont prêts à «faciliter de façon active».

Les mots utilisés confirment l’intention américaine à ce sujet. «Nous sommes dans une dynamique que les États-Unis vont renforcer afin de mettre fin à un conflit bilatéral, mais avec une dimension régionale, qui dure depuis un demi-siècle», commente l’ambassadeur représentant permanent du Maroc à l’ONU, Omar Hilal.

La France, un autre membre permanent du Conseil de sécurité, où Nasser Bourita s’est rendu lundi, a rappelé la position «intangible» exprimée par le Président de la République. «Pour la France, le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine», a souligné un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le ministre français a rappelé le soutien de son pays aux efforts du secrétaire général des Nations unies et de son envoyé personnel et «encouragé toutes les parties à se réunir en vue d’un règlement politique, qui est à portée de main». Tous les observateurs le confirment, que ces deux pays s’unissent pour reconnaître la marocanité du Sahara, cela veut dire qu’ils vont donner une impulsion particulière au processus politique et au règlement de ce différend.

D’ailleurs, l’un des leaders de l’American Jewish Committee (AJC), Jason F. Isaacson, vient de confirmer ce ressenti, que l’Administration Trump entend clore l’affaire du Sahara en faveur du Maroc à l’approche du 250e anniversaire des relations entre le Maroc et les États-Unis.

C’est pour dire que la fin est proche. Très proche même. «Nous espérons que le 50e anniversaire de la Marche verte sera l’heureuse occasion, et l’heureuse année, où ce problème sera réglé définitivement avec nos voisins algériens», affirme l’ambassadeur marocain aux Nations unies.


L’Iran et le Polisario
Dans de récentes révélations, le très influent Washington Post a affirmé qu’«au cours des années, l’Iran a renforcé un vaste réseau de groupes affiliés pour servir ses intérêts. À titre d’exemple, il a formé des combattants du Front Polisario, établi en Algérie». Ce sont des faits que le Maroc a déjà révélés au jour, il y a bien longtemps, avec des preuves à l’appui.

Tout le monde sait aussi que des miliciens du Polisario sont retenus prisonniers en Syrie, depuis la chute du régime Al Assad. Seulement, le timing est important. D’aucuns pensent que la visite, il y a quelques jours, de Nasser Bourita au Sultanat d’Oman n’est pas anodine. En tout cas, la coïncidence est frappante.

À l’occasion de cette visite, le Sultanat a exprimé, au terme de la 7e commission mixte entre les deux pays, «son soutien à l’intégrité territoriale et à la souveraineté du Royaume du Maroc sur l’ensemble de son territoire national». Une position qui ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui, mais la situation particulière de ce pays lui donne une grande importance.

C’est connu, Oman est, en effet, l’intermédiaire obligé dans toutes tractations avec l’Iran. C’est un acteur clé des pourparlers engagés avec Téhéran, y compris ceux engagés actuellement entre ce pays et les États-Unis.