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Diplomatie

AES : Des économies à construire, le Maroc a beaucoup à offrir

Pour les trois pays de l’Alliance des États du Sahel, le Royaume offre une perspective intéressante en termes économiques. L’industrie de la mobilité verte et des EnR pourrait servir de débouchés pour le secteur minier. Cela alors que le Groupe OCP est déjà un partenaire de premier rang dans le développement agricole.

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Les trois pays du Sahel représentent très peu dans la balance commerciale du Maroc. C’est un fait. Les statistiques les plus récentes, qui remontent à 2022, montrent néanmoins que leurs échanges se sont nettement améliorés au fil des années. Ils se chiffrent à 160 millions de dollars entre le Maroc et le Mali, 121 millions de dollars avec le Burkina Faso et 42 millions de dollars avec le Niger.

À titre de comparaison, le partenariat économique Maroc-Sénégal a atteint 484 millions de dollars la même année et 383 millions de dollars avec la Mauritanie. Ce sont des pays avec une démographie similaire. Selon les estimations de 2025, le Mali compte environ 22,3 millions d’habitants, le Niger environ 26,3 millions et le Burkina Faso environ 23,4 millions, avec un taux de pauvreté supérieur à 40%.

Au Mali, le secteur minier constitue la pierre angulaire des exportations. L’or représentant 75% du total et contribuant à 10% du PIB en 2023. Le pays a également vu l’inauguration de la mine de lithium de Goulamina en décembre 2024, avec une entreprise chinoise comme actionnaire principal, marquant l’entrée du lithium dans sa production minière.

Difficile de ne pas faire un lien avec l’écosystème de batterie en cours de développement au Maroc avec des opérateurs chinois. D’un autre côté, l’État a récemment adopté un nouveau code minier pour accroître sa participation dans les projets miniers et augmenter ses revenus.

Cette réforme, est-il expliqué, «vise à renforcer la souveraineté du Mali sur ses ressources naturelles et à assurer une répartition plus équitable des bénéfices». Le secteur agricole est un pilier majeur de son économie, employant plus de 80% de la population active et représentant plus de 35% du PIB.

Notons à ce sujet que le groupe OCP, à travers sa filiale africaine, OCP Africa, a lancé, en octobre de l’année dernière, avec l’appui de la Banque mondiale, un partenariat stratégique avec le ministère de l’Agriculture du Mali.

Ce partenariat se concentrera sur trois initiatives majeures pour renforcer la santé et la fertilité des sols et soutenir l’agriculture durable à travers des actions concrètes, la cartographie des sols, la création des centres de services agricoles et l’agritech. Il faut dire aussi que le pays dispose de ressources nécessaires pour devenir l’un des piliers agricoles de l’Afrique de l’Ouest.

Au Niger, la croissance du PIB a fortement ralenti, passant de 11,9% en 2022 à seulement 2,5% en 2023, reflétant le choc économique immédiat des sanctions économiques infligées au pays par la Cédéao. L’investissement public a été particulièrement touché en raison de l’arrêt des financements extérieurs et de l’impossibilité d’accéder aux marchés financiers régionaux, entraînant des coupes importantes dans les dépenses publiques. Néanmoins, tout porte à croire que la situation finira par se redresser.

Rappelons dans ce cadre les efforts de médiation déployés par le Maroc au sein de l’UA en faveur de la réhabilitation de six pays africains, dont les trois États de l’Alliance du Sahel.

Bénéfices partagés
Toujours est-il, le secteur pétrolier au Niger devrait être le principal moteur d’une forte croissance économique dans les prochaines années, avec une production de pétrole brut qui devrait augmenter de manière spectaculaire et sera multipliée par cinq.

L’agriculture, en tant que secteur primaire, contribue à environ 38% du PIB et emploie environ 80% de la population active. Elle devrait connaître une croissance robuste. Le Niger fait également partie des pays avec lesquels OCP Africa a signé un partenariat (décembre 2024) identique incluant, entre autres, des initiatives de cartographie des sols afin d’améliorer la santé et la fertilité des terres.

Au-delà du pétrole, le Niger possède d’importantes ressources naturelles, notamment l’uranium et l’or, qui offrent un potentiel de contribution économique à long terme.

Le secteur de l’or est aussi un moteur économique essentiel de l’économie du Burkina Faso, représentant 80,4% des exportations et 18,2% du PIB en 2023. La production devrait rebondir avec la prochaine mise en service de la première raffinerie d’or du pays. La culture du coton (4,4% des exportations en 2023) contribue également au dynamisme économique.

Cela étant, le retrait des trois pays de la Cédéao et la formation de l’Alliance des États du Sahel (AES) marquent un tournant géopolitique dont les implications économiques à long terme, notamment en termes d’intégration régionale et d’accès aux marchés, restent incertaines et pourraient potentiellement accroître leur isolement. D’où l’importance capitale qu’accordent ces pays à l’initiative sahélo-atlantique marocaine.