Pouvoirs
DGST et DGED : Deux faces d’une même pièce
Beaucoup de choses rapprochent ces deux services. Ils doivent faire face aux mêmes menaces : les groupes terroristes et les milieux salafistes, le crime organisé et la criminalité transfrontalière, les acteurs subversifs qui visent à déstabiliser le pays.
La Direction générale des études et de la documentation (DGED) et la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) sont les deux principaux services de renseignement du Royaume qui traitent un spectre très large de domaines du renseignement, à côté des services de renseignement militaire qui se focalisent exclusivement sur les domaines d’intérêt purement militaire et sécuritaire.
Mais qu’est-ce qui différencie donc ces deux services ? Tout et rien à la fois. Leur espace d’intervention est avant tout ce qui les distingue fondamentalement. La DGST a pour mission d’anticiper et détecter les menaces provenant de l’intérieur même du territoire marocain. Donc sa zone de compétence se limite à la surveillance d’acteurs malveillants, hostiles ou criminels à l’intérieur du territoire national, dans le but de prévenir toute atteinte à la sécurité et à la stabilité intérieures. Les agents de la DGST sont aussi particulièrement vigilants pour détecter tout acte d’ingérence étrangère sur le territoire marocain.
Mutualisation
La DGED, elle, est résolument tournée vers l’anticipation et la prévention des menaces extérieures, en se focalisant sur les acteurs du voisinage proche et immédiat, mais aussi sur des États ou organisations ayant des intérêts ou manifestant de l’hostilité envers le Royaume. Pour cela, elle doit surveiller aussi bien les ennemis que les amis ! Feu Hassan II n’avait-il pas prévenu: «Mes ennemis, je m’en charge. Protégez-moi seulement de mes amis».
Mais beaucoup de choses rapprochent ces deux services. Ils doivent faire face aux mêmes menaces : les groupes terroristes et les milieux salafistes, le crime organisé et la criminalité transfrontalière, les acteurs subversifs qui visent à déstabiliser le pays et les cybercriminels travaillant pour leur propre compte ou pour celui d’officines agissant pour le compte d’États hostiles. C’est pour cela que ces deux services travaillent en étroite collaboration et mutualisent leurs efforts pour déceler et traquer les mêmes cibles, qui peuvent agir aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. Ils partagent aussi la même mission et le même objectif qui est de recueillir, traiter et analyser le renseignement pour orienter le pouvoir politique dans ses choix et ses décisions. Ainsi, leur finalité n’est pas uniquement de collecter le maximum d’informations, mais de les trier, les vérifier, les analyser pour en faire un produit fini, exploitable et surtout fiable.
Et finalement, ces deux services ont en commun d’être salués et reconnus au niveau international pour la qualité de leur travail et leur collaboration avec des services étrangers pour la lutte contre le terrorisme international notamment. À l’image de leurs chefs qui s’appuient sur une longue expérience dans le domaine occulte et sensible du renseignement, ces services cultivent la discrétion, le dévouement, la vigilance et l’efficacité dans leurs actions.
