Sami Grouz, directeur général de Best Real Estate

Le polytechnicien qui gère l’immobilier commercial du groupe Best Financière. Bac sciences maths avec mention très bien, Polytechnique de Paris, un master en mathématiques, Sami Grouz cultive l’excellence depuis son jeune à¢ge.

Le choix de l’excellence se fait, le plus souvent, très tôt. Sami Grouz, directeur général de Best Real Estate, en est un exemple frappant. Ce fils d’instituteurs qui a commencé ses études primaires dans la classe de sa maman a toujours été parmi les meilleurs durant toute sa scolarité. Pour preuve, son bac sciences maths décroché en 1990 avec mention «Très bien» qui lui a permis de faire l’Ecole polytechnique de Paris et un brillant parcours professionnel.

Né à Nabeul (Tunisie) en 1972, Sami Grouz n’a jamais levé le pied durant ses études parce que, très tôt, ses parents lui ont inculqué l’idée que le travail, l’application et les études poussées sont le chemin royal de la réussite dans la vie. C’est ainsi qu’après son bac, il s’est inscrit au célèbre Lycée Saint-Louis de Paris pour des prépas, prélude à son entrée à Polytechnique en 1992.

Comme il était en régime d’internat, la bourse de l’Etat tunisien, à laquelle s’ajoutait une bourse de mérite du pays d’accueil, lui permettait de se concentrer sur ses études même s’il donnait des cours de soutien par-ci par-là comme tous les étudiants de sa génération. Avec des ambitions toujours intactes, il trouve même le temps de suivre un master en mathématiques parallèlement à ses études d’ingénieur.

Deloitte consulting a été son premier employeur

Une fois son diplôme en poche, Sami Grouz est embauché par Deloitte consulting et tout de suite il va se familiariser avec des missions de taille comme c’est le cas d’ailleurs dans tous les grands cabinets de conseil. Pour son baptême du feu, il est affecté à l’équipe qui prend en charge des dossiers relatifs aux offres commerciales de grands opérateurs comme France Télécom. Parmi les autres chantiers, Quick qui avait demandé au cabinet de l’aider à définir sa politique d’achat dans les 300 pays où il était implanté et Carrefour qui voulait à l’époque centraliser la logistique de ses 100 hypermarchés éparpillés un peu partout en France.

La multiplication des gros dossiers lui permet d’acquérir une solide expérience. Comme dans le milieu du conseil les cabinets internationaux sont toujours en quête de talents et n’hésitent pas à faire leur course chez la concurrence, Sami Grouz est approché en 2000 par le cabinet Corporate value associate (CVA), un spécialiste du conseil en stratégie. Il quitte alors Deloitte, et c’est à partir de ce moment que sa carrière va connaître un tournant.

Non seulement parce que dans sa nouvelle mission, il a affaire aux présidents de groupes et aux directeurs généraux, mais aussi parce qu’il va travailler avec des clients de ce qui allait devenir son pays d’adoption : le Maroc.En effet, dès 2001, Managem cherche à mettre en place une stratégie dans l’optique de l’après-Guemassa. Sami Grouz commence alors à faire de fréquents déplacements dans le pays. Mais avec le recrutement de nouveaux clients comme le groupe OCP et la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), sa situation va changer. A partir de 2004, il sera détaché à l’OCP durant toute l’année pour travailler sur les nouveaux process dans l’approche de l’investissement, les achats et la gestion des ressources humaines. En 2005, le portefeuille de CVA est étoffé par le ministère du tourisme marocain, la Société nationale minière de Mauritanie (SNIM) et la primature du même pays. Compte tenu de cette nouvelle donne, Sami Grouz s’installe au Maroc à la demande de son employeur. Cela va durer jusqu’en 2008.

Le coût moyen des projets qu’il gère va de 400 à 500 MDH

Le rythme de travail effréné sur des dossiers pointus le pousse à prendre une année sabbatique pour recharger ses batteries avant de repartir à l’assaut d’un nouveau travail. Il ignorait encore, bien entendu, que le groupe Best Financière (Label’Vie, Virgin, Carrefour) de Zouheir Bennani allait prendre langue avec lui pour lui proposer le poste de DG de Best Real Estate, développeur et gestionnaire d’immobilier commercial, dont l’activité était en plein boom. Quand il atterrit dans son nouveau bureau en 2010, le centre Mazar à Marrakech venait d’être livré, après des projets menés à bien à Rabat, Meknès et El Jadida. En fait, la mission proposée à Sami Grouz était sur deux axes : l’installation du nouveau métier de gestionnaire de grands centres et la mutualisation des moyens et des ressources pour continuer à construire à des coûts moins chers. Il a alors à piloter de nouveaux projets du groupe à Fès (Borj Fez), Tanger (Socco Alto) et Agadir.

Une grosse responsabilité car le coût moyen d’un projet se situe dans une fourchette de 400 à 500 MDH. Evidemment, l’investissement peut dépasser très largement ces montants. Par exemple, le coût du futur centre commercial d’Agadir est de l’ordre de 800 MDH. Et dans ce genre d’activité, la pratique est d’externaliser tout ce qui ne constitue pas le cœur du métier, mais en prenant soin de bien suivre les prestataires. C’est ce que fait Sami Grouz avec les 25 cadres qui sont dans son effectif. Il résume ainsi sa démarche : «Il faut prendre garde car le faire faire doit aussi respecter une démarche scientifique car comme on dit : ce qui paraît accessoire, si on n’y prend pas garde, peut faire chavirer de grands projets bien pensés et scrupuleusement menés».

En somme, le réflexe du consultant ne l’a jamais quitté : toujours jeter un coup d’œil là où personne ne met les pieds et traquer les écarts, même les plus petits. Avec un tel niveau de vigilance, il est certain que les projets de Best Real Estate sont entre de bonnes mains.