Mohamed Laroussi, publicitaire et chroniqueur

Il commence une nouvelle vie grà¢ce à  sa passion pour l’écriture. Scolarisé à  la Mission française, il acquiert très vite une double identité culturelle qui l’aidera dans son parcours.

Né dans la Chaouia d’un père qui fut infirmier à Ouazzane et d’une mère femme au foyer, Mohamed Laroussi aura un parcours peu commun. Il grandira à Casablanca dans les rues de Derb Soltane, et restera à jamais imprégné par la figure du père, exemple parfait de l’autodidacte qui, bien que n’ayant jamais été à l’école, occupera le poste de directeur de dispensaire et tiendra même le bistouri lors de certaines interventions chirurgicales. «Durant le Protectorat, mon père avait l’habitude de jouer devant l’hôpital, à Settat, ville où il a passé son enfance. Les médecins le connaissant ont commencé à le charger de petites commissions, ce qui lui a permis de fréquenter l’hôpital dès l’âge de 9 ans», raconte-t-il.

Un bref passage par la radio avant le grand saut dans la publicité

Mohamed, quant à lui, commencera sa scolarité à l’école Jules Ferry, à Casablanca. Un choix purement fortuit puisque son frère aîné qui l’a acompagné lors de l’inscription a voulu éviter la bousculade devant l’école publique en optant pour l’école voisine moins bondée. Le père ne saura que son enfant faisait la «Mission» que quelques années plus tard. Ce concours de circonstances permettra à Mohamed Laroussi de s’ouvrir sur une nouvelle culture qu’il confrontera par la suite à la sienne, plus traditionnelle et conservatrice. De ce choc culturel, il ressort plus «ouvert spirituellement» et acquiert cette tolérance qui ne le quittera plus. En 1966, il part pour Kénitra, à l’internat du lycée Abdelmalek Essaâdi. Poursuivant jusqu’alors ses études en filière mathématiques où il excelle, Mohamed décide de changer de branche et décroche son baccalauréat en option philosophie en 1971. L’année suivante, il part en France et s’inscrit à la Faculté de Tours pour des études en «Aménagement de territoire et urbanisme». Il trouve un pays en pleine effervescence. C’est là qu’il rencontre beaucoup de ténors marocains de l’époque : Khalid Naciri, Nabil Benabdellah, Ali Yata, Mohamed Mbarki…

Pour subvenir à ses besoins et en l’absence d’aide financière parentale, Mohamed Laroussi signe un contrat avec le ministère de l’habitat et de l’urbanisme pour un complément de bourse qui lui était versé pour ses études à condition de faire des stages annuels au ministère. «Après les deux premières années, je me suis vite rendu compte que les rapports qu’on soumettait à la fin de chaque stage n’étaient pas pris en compte et que la conception de l’aménagement du territoire était dictée par des considérations sécuritaires émanant du ministère de l’intérieur», rappelle-t-il. Mohamed Laroussi met donc fin à ses engagements quelque temps après et le cœur n’y étant plus, il abandonne les études et rentre définitivement au Maroc. D’autant plus qu’en 1976, il est appelé au chevet de son père malade.

Deux ou trois ans plus tard, rappelé aux réalités de la vie, il accepte la proposition d’une amie qui lui décroche une entrevue avec Mohamed Belghmi, alors propriétaire de la chaîne hôtelière Salam pour un poste de chef de réception et de réservation à Agadir. «L’expérience, quoique nouvelle pour moi, était enrichissante et je suis entré en plein dans le monde des tour-opérateurs, de la promotion hôtelière et des salons touristiques». Habitué à Casablanca et au mouvement des grandes villes, il se sentit vite étouffé à Agadir, d’autant plus qu’il n’était plus à l’aise dans les microcosmes hôtelier et touristique. La période coïncide avec l’ouverture de Riad Salam à Rabat et M.Belghmi lui propose le poste de directeur commercial de la chaîne hôtelière «Salam» en 1980. C’est là qu’il rencontre le directeur commercial d’une station radio nouvellement créée : Radio Méditerranée Internationale «Médi 1». Mohamed Laroussi est débauché alors de l’hôtellerie avec la promesse de faire partie d’une «relève marocaine» de la station radio. Il est alors directeur commercial adjoint de la station et s’est occupé entre autres de l’informatisation du système de planning. L’expérience, bien que très intéressante, ne durera pas longtemps. Moins de deux ans plus tard, il quitte le navire en attrapant au passage ce qu’il appelle le «virus de la pub». Il choisit en 1985 l’agence de communication Klem (actuelle Klem Euro RSCG) pour travailler avec un ami, Hamid Kadiri, et rejoint l’agence en tant que directeur de clientèle. Une année plus tard, il la quitte pour Média Conseil, une structure composée d’amis plus jeunes avec une autre vision de la publicité où il siège en tant que membre du comité de direction, puis en 1989 en tant que DG.

Deux essais et un roman à son actif

En 1993, Mohamed Laroussi fait un nouveau saut en créant sa propre entreprise de communication et de publicité : Avenir Conseil. Il est élu 5 ans plus tard président de l’Association des agences conseil en publicité (AACP) mais démissionne après seulement une année. «J’avais créé ma propre boîte en pensant qu’étant autonome je pourrais changer certaines pratiques que je jugeais inconcevables dans un métier qui me passionnait, mais 17 ans plus tard je me suis rendu compte que rien n’a changé vraiment». Il a également enseigné sa discipline fétiche en tant que vacataire à HEM et a animé plusieurs séminaires et conférences sur le marketing et la stratégie de communication. Après un grave problème de santé en 2007, Mohamed Laroussi se retire définitivement du monde de la publicité et se consacre à sa passion de toujours, l’écriture. Il est ainsi chroniqueur dans plusieurs journaux et magazines nationaux et depuis une année chroniqueur au quotidien Aujourd’hui le Maroc. Il a également à son actif la parution de deux essais et d’un roman, sans compter la collaboration à l’écriture de plusieurs scénarios et la co-écriture du scénario d’un long métrage de Latif Lahlou, L’anniversaire, en cours de tournage.