Marc Winkel, consul général honoraire des Pays-Bas

Natif du Maroc, il y décroche son bac, et part faire des études de management
en Belgique. A 24 ans, il se lance dans les affaires en fabriquant des articles
à  l’effigie de son université.

Natif du Maroc, Marc Winkel, consul général honoraire des Pays-Bas dans le Royaume, a attrapé le virus des affaires très tôt. Ce Hollandais, blond comme il se doit et qui parle un arabe dialectal à faire pâlir de jalousie les Marocains du Maroc profond, a monté sa première affaire alors qu’il était encore étudiant en Belgique. Mais cela ne va pas le griser car il comprend, même si cela va lui rapporter beaucoup d’argent, qu’il faut mettre un peu d’eau dans son vin et qu’il n’était pas encore prêt pour monter une vraie entreprise. Avant de se jeter réellement à l’eau, il revient au Maroc pour travailler et aiguiser ses armes.
Né en 1970 à Casablanca, on ne saura jamais si Marc Winkel a hérité le flair de son papa qui a longtemps géré la filiale d’une multinationale à Casablanca avant de s’arranger pour rester dans le pays dont il est tombé amoureux. Toujours est-il que le parcours du jeune Marc est orienté vers les affaires. Après un Bac D au lycée Lyautey de Casablanca, il n’est pas tenté par les prépas et s’envole pour l’Université catholique du Louvain pour une licence en administration des entreprises. Et c’est lors d’un échange d’étudiants avec une université américaine qu’il découvre que dans le pays de l’Oncle Sam chaque établissement fait fabriquer des articles portant son emblème comme des tee-shirts, des parapluies ou des tasses. Et alors qu’il est toujours étudiant, il lance à 24 ans le tee-shirt orné de l’écusson de l’Université catholique du Louvain, sans même demander la moindre autorisation. Surtout qu’il va concevoir des armoiries (écusson) pour ladite université.

Il parle un arabe dialectal parfait

Le succès est immédiat. Les dirigeants de l’institution, un moment désarmés devant la réussite du produit, vont demander à percevoir des royalties, mais aussi à mieux «encadrer» le produit, surtout qu’il s’agit d’une institution religieuse. Dans la foulée, le jeune Marc crée une société de fabrication d’articles publicitaires en textile et signe un contrat avec son université. Pas moins d’une quarantaine de produits seront conçus en quelques mois autour du produit-phare qui est le tee-shirt. L’affaire prend si bien qu’il a des commandes de circuits automobiles locaux et que sa société est même choisie comme sous-traitant de Manpower pour la réalisation d’objets publicitaires lors de la Coupe du monde 1998, même si son entreprise ne récolte que 1,5 million d’euros pour ce petit marché.
Toujours très motivé, Marc Winkel crée également une petite marque de café artisanal qu’il vend dans les boulangeries. Tout démarre sur les chapeaux de roues et un grand groupe du secteur lui propose de racheter sa marque de café. Il va faire l’erreur de ne pas accepter et comme il n’avait pas les moyens d’assurer le développement de la marque, il n’avait pas la moindre chance de tenir tête. Cette erreur est riche d’enseignements : il s’aperçoit qu’il lui faudra encore se faire les dents.
En 1998, donc, quatre ans après s’être lancé dans les affaires, Marc Winkel rentre au Maroc et revoit à la baisse son train de vie. Il va être recruté par la société Top Class qui distribue la marque de café et les machines Lavazza.
Il est nommé directeur commercial et accompagnera l’introduction de la capsule de café dans le pays. Il aura la charge d’attaquer le segment des hôtels, restaurants et cafés. Entre 1998 et 2003, il reste au service de Top Class, mais il est rongé par l’ambition de monter sa propre affaire. Avec deux autres associés, ils ouvriront le restaurant «Au Zen», avec un capital de 100 000 DH. Mais l’affaire qui marche très bien au début va s’essouffler et il revend ses parts.

Patron d’une société de négoce et consul honoraire en même temps

La même année, il crée la pépinière Exotica qui est aujourd’hui un fleuron dans le secteur de l’importation des plantes et de l’entretien en jardinage. Mais à l’époque, il n’est sûr de rien. Tout en gardant ses participations dans cette société, il se fait recruter par Maghreb Steel comme directeur à l’export puis directeur commercial. Mais l’idée de ne voler que de ses propres ailes le taraude.
En 2007, il quitte Maghreb Steel et, comme il connaît bien le secteur, crée une nouvelle société Marly Steel, avec un capital de 100 000 DH. Il commence par représenter son ancien employeur avec qui il a gardé d’excellents rapports. Il recrute de la clientèle d’abord en Espagne puis dans le Bénélux. Aujourd’hui, il ne vend plus que des tubes galvanisés mais aussi quelques services pour une gamme de produits de plusieurs fabricants. Sa société qui se spécialise dans le négoce fait un chiffre d’affaires de 6 MDH. Il mène cependant sa barque avec un associé car il lui faut du temps pour s’acquitter de sa tâche de consul général honoraire des Pays-Bas au Maroc, en charge de la région Sud. Un poste qu’il occupe depuis septembre 2007. Sa connaissance du pays et son réseau lui permettent de prendre à bras le corps sa nouvelle fonction. Il ne fait pas de mystère sur l’engouement que lui procure sa nouvelle mission : «J’ai envie de rendre à mon pays d’adoption une partie de tout le bonheur qu’il m’a procuré en y vivant ma jeunesse et il n’y a aucun doute que je ne le quitterais pour rien au monde».