Khalid Ghozlani, PDG de GEnergy Consulting

Fraîchement diplômé de l’à‰cole d’ingénieurs de Caen, il commence
sa carrière de nomade par un séjour de 3 ans sur un champ pétrolifère dans le désert libyen. Inde, Etats-Unis, Alaska, Angola, Cameroun, Brésil, Singapour…,il a beaucoup voyagé dans le monde au gré des missions que lui confiaient ses employeurs.

de son environnement et du monde en général, voilà ce que nous enseigne le parcours de personnes dont le succès n’était pas annoncé. La carrière de Khalid Ghozlani, patron de GEnergy consulting, société de conseil dans le domaine pétrolier basée à Bahreïn, est un exemple parfait. Ce natif de Marrakech a été dans des coins reculés du globe au gré des missions qu’il a eues dans l’exploration pétrolière. Il s’est hasardé dans le désert libyen, a séjourné en Angola et fait un crochet par l’Alaska, le tout pour le compte de multinationales connues comme Vanco ou encore Schlumberger. Entre autres choses, c’est grâce à cela qu’il est devenu polyglotte puisqu’il parle, outre l’arabe, le français, l’anglais et le portugais.
Khalid Ghozlani est né en 1967. Son père est fonctionnaire puis diplomate et, dès le début, il a fallu se faire aux changements subits d’environnement et de décors au gré des affectations du papa. A chaque fois, il fallait s’adapter à l’école, à la ville et, pour un enfant, savoir se faire de nouveaux amis sans trop y croire car l’année suivante il fallait tout quitter. A Meknès, Rabat et Ouarzazate où il fait ses classes primaires, il a eu une enfance de «nomade». Il ne va se sédentariser, pour ses études secondaires, qu’à Kénitra où son père pensant lui réserver un avenir assuré l’inscrit au Lycée militaire. En 1985, il y obtient un bac «sciences math» et c’est au lycée Moulay Youssef à Rabat qu’il se retrouve pour ses classes préparatoires. Mais cela ne le satisfait qu’à moitié car le voilà qui s’envole pour Caen, en France, d’abord pour une autre année de prépas avant de s’inscrire à l’Ecole supérieure d’ingénieurs. Et c’est encore étudiant qu’il commencera sa vie de globe-trotter avec un stage de six mois dans la capitale indienne New Delhi.

Il a eu son premier emploi chez Schlumberger

A ce moment-là, il ne savait pas encore qu’il allait commencer une carrière pleine de transhumance, avec toutes les émotions que cela réserve. Ce qui était sûr c’est qu’il avait beaucoup d’endurance et qu’il s’y était mentalement préparé et, signe précurseur, pour arrondir ses fins de mois, il était instinctivement attiré par des boulots de manœuvre dans les chantiers à Caen. Quoi qu’il en soit, en 1992, il obtient son diplôme d’ingénieur en présentant un mémoire sur un système de capteurs utilisant la fibre optique.
Vraisemblablement, cela n’allait pas lui servir à grand-chose car il a été recruté par Schlumberger, un grand opérateur qui réalise des travaux d’infrastructures, comme les plateformes, pour le compte de mastodontes de la recherche pétrolière. Une fois qu’ils ont foré quelque part, l’entreprise dépêchait ses équipes pour évaluer les réserves et donner les éléments concluant à une faisabilité économique de la production sur le site. Et justement, son employeur voulant s’assurer que le jeune ingénieur avait bien la tête de l’emploi l’envoie à Hassi Messaoud en Algérie pour six mois. Il se rappelle qu’il a débarqué dans ce pays quelques jours avant les premiers attentats terroristes, mais cela ne l’avait nullement inquiété.
Son employeur le rapatrie ensuite pour une formation au centre Schlumberger en Italie afin de bien le préparer aux futures missions. La première sera dans le grand désert de Libye où il va travailler pendant trois longues années, de 1992 à 1995. Il fallait non pas lire des rapports dans des hôtels luxueux mais travailler dans le désert sur les sites mêmes où se déroulaient recherches et forages. Il avait certes un très bon salaire (8 000 dollars nets par mois plus 1% sur les opérations) mais il fallait aussi accepter une vie où le confort est réduit au minimum et passer, parfois, des nuits à la belle étoile.

A 44 ans, il semble qu’il a décidé de se stabiliser

Cette période fut pénible et Khalid Ghozlani va passer l’année 1996, pour le même employeur, à travailler dans différentes plateformes de recherche ou d’exploitation pétrolière en Mer du Nord avant d’en avoir sa claque et de décider, en 1999, de faire un MBA à l’Université d’Austin du Texas aux Etats-Unis grâce à une bourse Fullbright-OCP scholarship. .
Après son diplôme obtenu en 2001, il est immédiatement recruté par l’américain Vanco et c’est là qu’il travaille pendant une période en Alaska avant de retourner chez son premier employeur. Ce dernier l’envoie en Angola. Cette fois-ci, il ne s’occupe plus de la partie technique, mais de marketing et de suivi de la clientèle. Ensuite, il fera un petit détour par Douala au Cameroun où il séjournera un an et demi avant de rentrer à Agadir. Là on lui confie une mission pour le forage d’un puits de plus de 200 m au large. Il séjourne alors au pays, le temps de mettre en place une base opérationnelle et de superviser le forage. Six mois plus tard, le voilà qui s’envole pour un nouveau et long périple de deux ans et demi qui le mènera à Oman, Abou Dhabi puis Singapour  avant d’être rappelé à Southampton en Angleterre.
Entretemps, durant son passage dans les pays du Golfe, Khalid Ghozlani tâte le terrain pour créer sa propre entreprise dans le domaine du conseil en RH dans le domaine pétrolier qu’il maîtrise mais aussi dans la gestion de contrats de production, les études de marché, l’évaluation financière dans le domaine de la recherche et de la production pétrolière. Et c’est sur Bahreïn que son choix se portera pour y baser, depuis juin 2010, sa petite entreprise, GEnergy consulting, qu’il a créée avec un capital de l’équivalent d’un million de DH. Les premiers mois ont été difficiles mais Khalid Ghozlani ne perd pas espoir. Et il a raison puisqu’il arrive finalement à décrocher ses premiers contrats avant la fin de l’année dont un avec un gros client au Maroc