Abdessamad Saddouq, directeur des Participations et partenariats de l’ONE

Membre de Transparency Maroc, de l’Instance centrale de prévention de la corruption et président de la section «Déontologie» de la CGEM, il consacre une bonne partie de son temps à  la moralisation du monde des affaires.

Rien ne prédestinait Abdessamad Saddouq, directeur des participations et partenariats de l’Office national de l’électricité (ONE), à devenir le haut fonctionnaire qu’il est aujourd’hui. En effet, il a failli être happé par le politique, du temps de son militantisme précoce au lycée puis à l’Ecole Mohammadia d’ingénieurs (EMI) dont il est lauréat. Ce Marrakchi, né en 1961, est l’avant-dernier enfant d’une fratrie de sept frères et sœurs. C’est son frère aîné qui va l’élever et c’est à lui qu’il doit certaines valeurs comme la probité, l’investissement dans l’esprit associatif et, avant toute chose, le travail comme vecteur fondamental pour se réaliser aussi bien intellectuellement qu’économiquement et socialement.

Au cours de sa scolarité, il prend goût, sans s’en rendre compte, aux mathématiques. A 18 ans, il obtient son Bac Sciences maths et s’inscrit à l’EMI. Son activisme politique a failli lui coûter cher.
Mais, paradoxalement, c’est la décision des autorités d’instaurer un régime militaire dans cette école qui va l’obliger à respecter le devoir de réserve et, en fin de compte, lui faciliter une sortie honorable de cette période tumultueuse de sa vie. Son passage dans cette école lui donne aussi la possibilité d’avoir une bonne connaissance des armes, il a fallu qu’il apprenne, par exemple, à monter et démonter une kalachnikov et de s’astreindre à une discipline de fer et à l’obéissance aux ordres. Il obtient son diplôme d’ingénieur en 1984 et son mémoire portera sur le «Programme d’économie d’énergie» de ce qui était, à l’époque, la sucrerie du Beht. Ce fut le début d’un long bail avec le secteur de l’énergie car il n’a plus quitté l’ONE où il a passé son service civil.

A son recrutement, il estaffecté au service des achats et de la gestion des stocks. Un métier qu’il a fallu apprendre et un peu réinventer, plus tard, par l’introduction et l’adaptation de méthodes modernes et avant-gardistes dans un démembrement de l’Etat où la bureaucratie se le disputait parfois aux règles élémentaires de la performance et de l’efficacité, même si l’ONE est un fleuron de l’économie du pays qui s’est ouvert très tôt aux méthodes de gestion les plus pointues.
Bref, cela va être une bonne école pour le jeune ingénieur. Jusqu’en 2000, il travaille au service «Approvisionnement» où il gravit les échelons lentement. En 1994, il est nommé chef de division «Achat» avec quelque 150 personnes sous sa direction.
Ce ne sont pas moins de 5 millions de tonnes de charbon par an qu’il fallait acheter pour l’ensemble de ses unités (Mohammédia, Jorf Lasfar et Jerada), à raison de 40 à 50 dollars la tonne, selon les fluctuations. Il fallait savoir gérer les stocks de manière optimale grâce à la mise en place d’un système d’information performant. En 2000,il est promu chef de division du programme de l’électrification rurale global (Perg). Il a fallu à Abdessamad Saddouq se familiariser avec ce fameux programme dont l’objectif était de passer d’un taux de 18% en 1996 à 98% en 2008. Et là aussi, ce sont des sommes colossales qu’il a fallu gérer. Le coût total du programme est en effet de 25 milliards de DH. Abdessamad Saddouq a dû se faire remarquer puisque son implication dans cette gageure lui vaut d’être non seulement nommé directeur de l’ensemble du programme en 2007, mais d’hériter également de l’activité de l’office à l’international.

Il est devenu un homme-clé à l’ONE

Ses talents de négociateur lui seront nécessaires aussi bien avec les communes qu’avec les organismes internationaux qui financent la plupart des programmes confiés à l’ONE dans de nombreux pays africains. Abdessamad Saddouq est explicite sur le sujet : «Le plus souvent, ce sont des appels d’offres et ce n’est pas un hasard que, par exemple, nous ayons remporté certains contrats devant un géant comme EDF, au Sénégal, par exemple. Pour ce faire, il faut avoir une expertise et savoir gérer la distribution comme à Saint-Louis du Sénégal où nous allons atteindre 35 000 clients».
En 2008, M. Saddouq revient à la direction des achats où il a fait ses premières armes mais, cette fois-ci, il y est aux premières loges puisqu’il en est le directeur.

Il connaît donc bien les rouages, tout comme ceux de tout l’office dont il est devenu un homme-clé. Depuis 2010, il est aux commandes de la direction «Participations et partenariats» qui comprend l’international. A ce titre, il gère les projets en cours et à venir, entre autres, au Sénégal, au Tchad, en Gambie, en Mauritanie et au Cap Vert, et supervise aussi les participations de l’ONE, notamment dans le Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE) où il détient 25% et à Tahadart (48%).

Abdessamad Saddouq, qui assure que l’essentiel est de tisser de grands réseaux dans une Afrique où d’énormes possibilités s’offrent, trouve aussi le temps pour diverses activités associatives. Il est, en effet, membre de Transparency Maroc, président de la section «Déontologie» de la CGEM ou encore membre de l’Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC).