USFP : Une aventure qui a commencé il y a 40 ans

Le porte-drapeau de l’«opposition démocratique» est né pendant une phase sombre de l’histoire du Maroc.

L’USFP a été associé aux étapes cruciales de l’histoire post-indépendance du pays. Depuis sa sortie du giron de l’UNFP, il a toujours été au-devant de l’actualité. En effet, le porte-drapeau de l’«opposition démocratique» est né pendant une phase sombre de l’histoire du Maroc. C’était en 1972, le pays venait de sortir de deux tentatives de coup d’Etat,  Abderrahim Bouabid, Omar Benjelloun et Mohamed Elyazghi, soutenus par un groupe de militants, quittent l’UNFP à cause d’un différend avec la commission administrative sur l’«Assemblée constituante» et son mode d’élection. Une année plus tard, en 1973, Elyazghi et Benjelloun, sont victimes de colis piégés. Ce n’est qu’en 1975 que s’est tenu le premier congrès extraordinaire qui a conduit à la naissance de l’USFP. Bouabid fut porté à la tête de la nouvelle formation comme premier secrétaire. La même année, Omar Benjelloun fut assassiné à Casablanca.

En 1981, les dirigeants du parti sont arrêtés et les locaux de l’USFP à Rabat fermés suite à la grève du 20 juin. Ces événements de 1981 ont marqué un tournant dans l’histoire du parti. Cette année marque en effet l’apogée du bras de fer entre le parti et le pouvoir mais aussi des prémices d’une scission au sein de la formation. Deux années plus tard, c’est le revirement. Abderrahim Bouabid et Abdelouahed Radi participent au gouvernement de coalition mené par Karim Elamrani de novembre 1983 à avril 1985. Un acte qui a conduit à la création de l’«USFP Comité administratif» qui se muera plus tard en Parti de l’avant-garde socialiste et démocratique (PADS).

Le parti revient au gouvernement, qu’il dirige en la personne d’Abderrahmane Youssoufi, en mars 1998. Cette entrée au gouvernement accompagné d’un léger virage idéologique lui a valu des désaccords internes et de nouvelles dissidences.

Ainsi, depuis son VIe congrès, tenu en 2001, l’USFP s’est délestée de son aile syndicale, incarnée par Noubir Amaoui, éternel dirigeant de la CDT qui est allé fonder un nouveau parti, le Congrès national ittihadi (CNI). L’USFP a perdu dans la même foulée des jeunes intellectuels conduits par Mohamed Sassi et Najib Akesbi, et les dirigeants de la Chabiba, notamment Mohamed Hafid, qui ont lancé une association: «Fidélité à la démocratie». Après le retrait de Youssoufi, Mohamed Elyazghi devient premier secrétaire en 2005 et démissionne deux ans plus tard, en 2007. Au VIIIe congrès, en 2008, Abdelouahed Radi devient, à son tour, premier secrétaire.