M. Benkirane gardera-t-il son poste de secrétaire général du PJD ?

Certains veulent dissocier l’Exécutif et le parti pour préserver les 16 ans d’acquis de ce dernier. Les candidats sont proposés par les membres du conseil national et le vote détermine le nouveau secrétaire général.

Contrairement à leurs alliés de l’Istiqlal, les militants du PJD ont presque tout mis au point à quelques semaines du VIIe congrès (les 14 et 15 juillet). Tout comme l’Istiqlal, le PJD compte sur ce congrès pour mettre de l’ordre dans sa maison, mais la comparaison s’arrête là. Car, tout chef du gouvernement qu’il soit, Abdelilah Benkirane n’est pas tout à fait sûr (comme ce fut le cas pour Abbas El Fassi en janvier 2009) d’être reconduit dans son poste de secrétaire général. C’est qu’il y a une tendance dans son parti qui opte pour une dissociation complète du gouvernement et du parti pour préserver les acquis accumulés par le PJD durant ses 16 années d’existence. Cela étant, Abdelilah Benkirane, ou tout autre candidat que choisiront les congressistes, doit passer par une procédure démocratique. Le nouveau projet de la procédure de désignation du futur secrétaire général est clair.

Les membres du conseil national sortant et celui élu par le congrès proposent deux à trois candidats, chacun, par vote secret. Le candidat qui aura moins de 10% des voix sera éliminé. Ce n’est que par la suite qu’intervient la véritable élection du secrétaire général. Si l’un des candidats décroche la majorité des voix, exprimées par vote secret, il est désigné automatiquement secrétaire général. Dans le cas contraire on procède à un deuxième tour. A moins d’être seul candidat désigné ou que les autres candidats se désistent, Benkirane n’est pas tout à fait sûr de reconquérir son poste. Même élu, il n’aura droit, selon les nouveaux statuts, qu’à deux mandats comme tous les autres responsables du parti. Cette réforme vient en conformité avec la nouvelle loi sur les partis politiques.

En plus de cette réforme de la procédure de désignation du secrétaire général, le PJD prévoit une mesure pour faire face à la situation dans laquelle il s’est retrouvé au lendemain de la nomination de l’actuel gouvernement qui compte les deux tiers des membres du secrétariat général. La gestion du parti sera désormais confiée à un organe créé ad hoc : la direction générale. Le secrétariat général assume la responsabilité politique alors que la direction générale s’occupe de la gestion organisationnelle, administrative et financière du parti. De même que, grâce à la nouvelle structure, le parti pourra facilement basculer dans le régime des régions une fois la régionalisation avancée concrétisée.