L’opposition peut-elle faire tomber le gouvernement ?

Et si l’opposition tentait une révision de la Constitution ? Pour le moment, ce n’est qu’au stade du débat académique. L’Istiqlal a été le premier à  avoir suggéré une révision de la Constitution et plus particulièrement de l’article 47.

Et si l’opposition tentait une révision de la Constitution ? Pour le moment, ce n’est qu’au stade du débat académique. L’Istiqlal a été le premier à avoir suggéré une révision de la Constitution et plus particulièrement de l’article 47.

C’était, il y a quelques semaines, lors d’une rencontre à l’occasion du deuxième anniversaire de la nouvelle Constitution. L’USFP l’a suivi, certains de ses ténors n’écartent pas non plus cette possibilité. Par révision, les deux formations entendent parer à une éventualité non envisagée par la Constitution : que se passera-t-il si le chef du gouvernement désigné à l’issue des élections n’arrive pas à réunir une majorité ? La Constitution se limite à préciser que le chef du gouvernement est choisi parmi le parti arrivé en tête des élections. L’Istiqlal et l’USFP, du moins les partisans de cette révision, suggèrent qu’en cas de blocage, le chef du gouvernement pourrait être nommé parmi le parti arrivé en seconde position.

Et à moins que le Roi, saisi par mémorandum par les partis politiques, n’initie cette révision selon la procédure prévue par la Constitution, les deux partis n’ont d’autre choix que le Parlement. La révision de la Constitution fait, en effet, partie, pour la première fois des nouvelles attributions du pouvoir législatif. Mais, pour aboutir, la proposition doit être adoptée à la majorité des deux tiers par les deux Chambres (art.173). Or, à eux deux, l’Istiqlal et l’USFP, n’arriveront jamais à atteindre ce quorum, ils ne possèdent que 99 sièges sur 395.

Le PAM (47 sièges), aux dires de certains de ses responsables les plus influents, ne souhaite pas pour le moment contribuer à écourter le mandat de Benkirane. Dans tous les cas, la piste constitutionnelle s’impose en alternative sérieuse pour des partis dont aucun ne veut tenter le risque d’une motion de censure. Une procédure aux retombées populaires fâcheuses pour la formation qui en prendrait l’initiative. D’autant qu’une fois aboutie, elle ne fera qu’exploser la cote du PJD qui saura, encore une fois, se poser en victime.