Lois électorales : quand le PJD empêche la réforme

• Les partis politiques, sauf le PJD, et le ministère de l’intérieur s’acheminent également sur une interdiction du cumul des mandats électifs.

Pour que le PJD revienne deux fois de suite dans le communiqué de son secrétariat général sur le même sujet cela veut dire que l’heure est grave. Pour lui et ses intérêts, bien entendu. Encore une fois l’organe exécutif du parti, mais aussi le président du conseil national et autres dirigeants, dans des articles envoyés aux médias, insistent sur le fait que le changement du coefficient électoral est une «infraction à la Constitution» et va à l’encontre de la logique démocratique. A l’heure actuelle, et après l’avancement qu’ont connu les concertations électorales, le PJD est le seul parti à tenir ce discours. Même l’Istiqlal et le PAM de l’opposition se sont prononcés clairement en faveur de l’adoption du nombre des inscrits comme base de calcul du coefficient électoral. Pour l’Istiqlal, c’est une initiative louable qui a pour objectif de renforcer la pratique démocratique et de permettre notamment aux petites formations d’être représentées au Parlement et de faire entendre leur voix. Ce qui met encore plus les gens du PJD hors d’eux, c’est cette pré-entente entre les partis et le ministère de l’intérieur pour régler une fois pour toutes la problématique du cumul des mandats. La question, rappelons-le, a déjà fait l’objet d’une proposition de loi de l’USFP. Aujourd’hui, tout le monde, sauf le PJD bien sûr, est conscient qu’il faut en finir avec ce mélange des genres. D’après des sources partisanes, les concertations en cours vont en direction de faire une séparation entre la gestion locale et régionale, l’action parlementaire et la gestion au niveau du gouvernement. En d’autres termes, il ne faut plus qu’il y ait un cumul entre le mandat d’un maire d’une grande ville ou même du président d’une commune et d’un député ou d’un membre du gouvernement. Les parlementaires ne devraient plus, non plus, cumuler leur mandat avec celui de vice-président de région par exemple. Et quand on constate que tous les maires des grandes villes dirigées par le PJD sont en même temps parlementaires, membres de l’une ou de l’autre Chambre du Parlement on comprend la colère des dirigeants de ce parti.