Le pouvoir est entre les mains du Roi

Le PJD bénéficie de la piètre image qu’ont les citoyens des autres partis.
Pas de limitation des circonscriptions pour les élections de 2007.
La réforme de la Constitution présentée comme une nécessité.

Le ton se veut rassurant, mais le message est clair : le PJD jouera pleinement ses cartes lors des élections législatives de 2007. Pour autant, Saâdeddine El Othmani, secrétaire général du parti, ne croit pas au raz-de-marée que l’on prédit. Le PJD est un parti politique avant tout, semble-t-il dire, un acteur institutionnel qui doit composer avec son environnement et le changer dans la limite de ce que la société veut bien accepter. Une chose est sûre, le PJD entend bien ne pas laisser passer sa chance d’être un acteur au sein de l’exécutif qui sera formé après les élections de 2007. Pour cela, il n’exclut aucune alliance avec les partis politiques. Entretien…

La Vie éco : PJD par-ci, PJD par-là, on ne parle que du parti et de sa prochaine victoire aux élections de 2007…
Saâdeddine El Othmani : Peut-être que c’est à cause de la défaillance des autres partis. C’est une explication parmi d’autres, mais il faut dire aussi qu’il y a au Maroc un pluralisme politique important, et qu’il existe d’autres partis qui ont une histoire, un travail, des militants : le PJD n’est pas seul sur le terrain… Peut-être que c’est à cause de l’échéance électorale qui approche… Quand un parti politique est au pouvoir, on assiste à une usure du pouvoir, et les citoyens, du fait de leurs conditions sociales difficiles, attendent toujours qu’un autre, qui n’est pas au pouvoir, vienne résoudre leurs problèmes. Le fait que le PJD soit dans l’opposition y est peut-être pour quelque chose.

Même un sondage effectué par un organe étranger, l’«International republican institute», vous donne vainqueur…
Oui, mais c’est un sondage qui demande dans sa première question : «Pour quel parti allez-vous voter en 2007?», et il a quand même donné 15% à l’USFP, 13% à l’Istiqlal et 10% au PJD. C’est seulement au niveau des 43% d’indécis qu’on découvre, en réponse à la question : «Si vous deviez voter demain, pour quel parti penchez-vous ?» qu’une majorité désigne le PJD. Il s’agit d’indécis, donc ce n’est pas une décision définitive : je crois qu’on a un peu amplifié ce résultat qui ne veut rien dire sur le terrain.

Donc il vous reste tout un travail de séduction à mener…
Bien sûr. C’est là qu’il faut travailler. Je crois que les autres partis aussi ont du pain sur la planche.

En 2002, vous vous êtes présentés à un nombre réduit de circonscriptions, mais vous y avez récolté de nombreuses voix. Pourquoi cette restriction ?
Nous avions une grille, avec des critères précis, chiffrés. Selon les calculs, les circonscriptions qui ont obtenu le plus de points ont été sélectionnées : nous avons tenu compte du pourcentage d’habitants ruraux, du nombre d’adhérents du PJD dans ces circonscriptions et de beaucoup d’autres critères, 8 au total.

Le nombre de ruraux parce que vous êtes un parti urbain avant tout…
Nous sommes effectivement moins implantés dans le monde rural. Je ne vais pas vous dire tous les secrets !

C’est un secret de Polichinelle, mais passons. Il se dit qu’on vous a limité le nombre de circonscriptions…
C’est nous qui avons limité notre participation. C’est une stratégie du parti. Même en 1997, nous ne nous sommes présentés que dans 42% des circonscriptions, et en 2002, dans 60% des circonscriptions. Nous avons pris en compte l’enjeu régional, l’enjeu occidental. De plus, avant 2002, plusieurs journaux occidentaux, essentiellement français, avaient parlé d’un raz-de-marée du PJD, au Maroc. Nous pensions que cela pouvait nuire un peu à notre pays, à notre processus démocratique, et nous avons pris cette décision. Et puis nous avons à côté l’exemple de notre voisin, l’Algérie, qui a connu 10 ans de guerre civile. Bien sûr, le Maroc n’est pas comme l’Algérie, il ne vivra jamais le scénario algérien car il a des institutions fortes, c’est un pays stable, et on y trouve un pluralisme politique et une tradition de vie partisane, il y a donc une grande différence, mais on ne veut pas nuire à l’image de notre pays.

Une arrivée homéopathique en somme. Avez-vous peur de la victoire ?
En 2002, oui.

Et en 2007 ?
(rire) Moins. n Allez-vous limiter votre représentation à nouveau ?
Ce sera au conseil national de prendre la décision finale, avant les élections. Toutefois, je ne crois pas que ce sera le cas car les facteurs qui nous ont amené à prendre cette décision en 2002 n’existent plus. Actuellement, le PJD est mieux compris, tant sur le plan national que sur le plan international. Je crois qu’il y a une évolution aussi au niveau des relations entre nous et les autres partis politiques.

Vous donnez de vous-même une image plus «soft» qu’il y a quelques années…
Une image stéréotypée des partis à référentiel islamique circulait dans le monde après le 11 septembre. Après ces attentats, il y avait une certaine ambiance internationale qui faisait qu’on avait peur de dire : «Nous sommes islamistes». Maintenant, c’est moins le cas, on comprend mieux cette dynamique du terrorisme international et l’importance du référentiel islamique dans notre pays.

Et vous avez eu la période 2002-2007 pour vous entraîner à l’exercice du pouvoir au niveau local…
Oui, nous nous entraînons en quelque sorte. Nous présidons actuellement 16 communes, rurales et urbaines, mais nous participons aussi à la gestion de 64 autres communes.

Vos élus ont été critiqués, alors que votre cheval de bataille repose sur l’intégrité de ces personnes…
On ne peut gérer une commune sans être critiqué. Mais, en général, le bilan est positif. Après tout, les membres du PJD sont des êtres humains, comme les autres, mais l’essentiel, ce n’est pas seulement l’individu, c’est le système qui est derrière : de contrôle, de suivi, de formation, de sensibilisation. Nous avons une association des élus du PJD, qui se charge du suivi, de la formation et de la sensibilisation de nos élus ; mais si un de nos élus trahit les principes généraux de la bonne gestion, en cédant à la corruption par exemple, nous sommes prêts à prendre les sanctions nécessaires contre lui, y compris geler sa participation au niveau du parti.

Passons aux alliances. Que vous apporte votre accord avec Forces citoyennes ?
Chacune des deux parties a une expérience différente. L’accord apporte donc une autre vision des choses, essentiellement au niveau économique : ils ont des experts, nous avons les nôtres, il y a donc complémentarité. M. Lahjouji plaide pour un libéralisme solidaire, alors que nous plaidons pour une solidarité libérale. Les deux se rejoignent.

Comment allez-vous concilier ce libéralisme avec la politique sociale prônée par le PJD ?
Il y a des points communs et des points de divergence, qu’on est en train de discuter. C’est pour cela que nous avons organisé des journées d’études sur certains thèmes, par exemple sur l’accord de libre-échange avec les USA, l’AMO, etc. Il faut parler des choses concrètement.

D’autres alliances à venir, à part celle conclue avec Forces citoyennes ?
Actuellement, il n’existe pas de projet ficelé, mais d’ici 2007, il reste encore un an et demi.

Quel est le parti dont vous vous sentez les plus proches? Et à l’inverse, quel est celui avec lequel vous ne feriez pas alliance ?
En politique, rien n’est impossible. On ne peut jamais dire qu’on ne peut pas s’allier à un parti politique.

Même avec le PPS ?
Au PJD, on est ouvert aux alliances avec toutes les forces politiques, avec n’importe quelle force politique, mais cela dépend des conditions politiques et des conditions de l’alliance elle-même.

Mais vous avez déjà des alliances…
Avec Forces citoyennes, mais il ne s’agit pas d’une alliance, c’est un accord de coopération signé et publié. C’est plus qu’une coopération aléatoire mais moins qu’une alliance.

On accuse le PJD de ne pas avoir de véritable programme politique, mais uniquement des slogans éthiques. Votre réponse ?
Bien sûr que nous avons un programme. Nous l’avions déjà en 2002. En 2003 aussi, pour les communales, et nous sommes actuellement en train de ficeler notre programme 2007, avec des équipes et des experts dans la plupart des domaines qui intéressent le pays. Je crois que nous n’avons pas un programme moins détaillé que les autres partis politiques. Mais faire de la politique, c’est aussi avoir des slogans.

Interrogés, des militants et sympathisants du PJD affirment qu’ils votent pour voter PJD : le programme politique ne les intéresse pas, et votre programme économique, ils ne le connaissent même pas.
Dans le sondage dont vous parliez, quand on a demandé aux 1 500 personnes interrogées pourquoi elles votaient pour un parti politique, il s’est avéré que ceux qui votent pour un programme ne constituent qu’une minorité. Les gens préfèrent le leadership, les élus, les directives et les grands slogans des partis politiques.

Beaucoup de choses ont changé dans le discours du PJD ces deux dernières années…
Un parti politique qui ne change pas n’est pas un parti politique. Mais les priorités, globalement, n’ont pas changé.

Et ces priorités s’appellent ?
La justice et le développement. Quand le Dr Abdelkrim Khatib avait créé le MPDC (Mouvement populaire démocratique et constitutionnel) en 1967, il avait posé comme priorités : 1) la démocratie, 2) l’amendement de la Constitution. Quand le MPDC est devenu PJD, le Maroc avait commencé son processus d’ouverture démocratique, il y a une avancée sur le registre des droits de l’homme, il y a une ouverture politique importante. Maintenant, le Maroc a besoin de justice et de développement.

Imaginons que vous soyez au gouvernement. Une priorité ?…
Combattre la corruption, le clientélisme et autres dérives qui existent dans l’administration.

Et l’emploi, le chômage ?
Combattre le chômage, c’est quoi ? C’est attirer les investissements étrangers et nationaux, donc supprimer les barrières, ôter les obstacles à cela. C’est aussi réformer l’administration pour qu’elle soit à la hauteur. Ce qui manque, aujourd’hui, c’est la volonté politique. Déjà, en 98, le gouvernement avait parlé de la réforme de l’administration, de la moralisation de la vie publique, ce qui était un slogan. Sur le terrain, ce qui a été fait n’est pas suffisant du tout. Les programmes sont là, mais ils n’ont pas été appliqués. Le but est d’avoir une meilleure gouvernance.

Concrètement, êtes-vous prêts à gouverner ?
Prêts, c’est beaucoup dire, mais nous sommes prêts à assumer. C’est le parti politique qui se soumet au vote populaire, puis présente ses candidats, et c’est Sa Majesté, en fin de compte, qui décide.

Etes-vous prêt à devenir premier ministre ?
C’est une question difficile.

Vous avez déjà répondu par l’affirmative.
Il faut revenir au texte et au contexte. Les titres que publient les journaux sont toujours trompeurs.

Et si le premier ministre était issu d’un autre parti alors que vous êtes majoritaires ?
Tout est possible, nous pourrons participer au gouvernement d’après 2007 comme nous pourrons rester dans l’opposition. On n’est pas un parti politique pour rester définitivement dans l’opposition ou pour participer au gouvernement à tout prix. Il faut prendre des décisions qui soient dans l’intérêt du pays. Donc on va prendre la décision adéquate au moment opportun.

Etes-vous un parti islamique ?
Parti islamique ? Dans le monde moderne actuel, il y a des clichés : laïc, islamiste, mais chacun les comprend comme il veut. Par exemple, on me dit «quelle est votre position sur la laïcité?». Je dis toujours qu’est-ce que la laïcité ? Donnez-moi une définition et je vous répondrai. Il n’y a pas une laïcité, l’islamisme ne donne pas un sens au mot islamiste, mais nous disons que nous sommes un parti politique à référentiel islamique, qui se base sur les valeurs islamiques dans son programme, dans ses orientations.

Et vous prétendez être modérés. Il existe pourtant un contraste entre le discours religieux de votre base et celui de vos cadres, entre celui du PJD officiel et celui de certains de ses membres très connus…
Il n’y a pas de discours religieux au sein de notre parti ni au niveau des bases, il y a un discours politique mais qui se fonde sur un référentiel religieux.

Vous êtes à la tête du gouvernement. Comptez-vous interdire l’alcool, les casinos…?
Nous demandons que la loi s’applique à tous les niveaux. Les grands fléaux tels l’alcoolisme, le tabagisme, etc., ne peuvent être combattus uniquement avec des lois. C’est toujours les dynamiques au niveau de la société qui les résolvent.

Donc vous allez vous conformer au système actuel ?
Nous n’allons pas prendre des décisions qui vont nuire aux libertés individuelles

. Mais faire de notre mieux. Par exemple, pour combattre la corruption, nous allons prendre les dispositions nécessaires.

Que pensez-vous de la justice marocaine ?
Un effort a été fait jusqu’à maintenant, mais il reste partiel. Le Maroc doit avoir une justice indépendante, et la reconnaître comme un pouvoir à part entière, ce qui nécessite une réforme de la Constitution dans ce sens.

Que faire des diplômés chômeurs ?
Il faut évaluer nos besoins sur le marché local et extérieur. Exemple, le Maroc manque d’infirmiers et la tendance se dessinait depuis le début des années 90. Il faut évaluer pour les 10-15 ans à venir les besoins en matière de diplômés pour l’Europe, le Canada… et subvenir à ces besoins. Actuellement, les gens qui migrent dans les pays européens, le font au jugé sans avoir d’idée sur leurs perspectives d’avenir. Si on avait un enseignement qui prenne en compte ces besoins on aurait une migration dirigée, orientée, bénéfique, positive pour le pays. Cela entrerait dans le cadre d’un partenariat entre nous et l’Europe ou d’autres pays.

Cela ne résout pas le problème actuel. Vous préconisez donc une fuite des cerveaux organisée !
Les cerveaux partent sans attendre l’aval de personne. Le marché du travail actuellement est international et pas seulement national. Si les gens partent avec des contrats de travail dès le départ, ce sera bénéfique pour le pays et pour eux-mêmes : par exemple, en Espagne, il y a jusqu’à
400 000 Marocains qui sont en situation irrégulière actuellement.

Revenons aux diplômés chômeurs.
Il existe déjà un programme pour leur permettre de se recycler, du moins ceux qui veulent. Concernant ce problème, l’Etat ne doit pas faire de promesses qu’il ne peut tenir.

Vous parliez de réforme de la Constitution…
La réforme de la Constitution est une nécessité. Il y a beaucoup de choses à faire. Rééquilibrer le pouvoir en faveur du premier ministre, renforcer le Parlement, se pencher sur le cas de la deuxième Chambre…

Etes-vous pour son abolition ?
Soit l’abolir, soit au moins changer ses prérogatives de manière à ce qu’il y ait une complémentarité car, actuellement, on n’a pas un Parlement avec deux Chambres, on a deux Parlements qui font la même chose, deux Chambres qui font la même chose dans le Parlement.

Ces derniers temps, le PJD s’est beaucoup déplacé à l’étranger, il a entamé beaucoup de contacts avec des acteurs politiques internationaux…
Oui, il y a eu la France d’abord, ensuite les Etats-Unis, le Canada, et d’ici la fin 2006, la Mauritanie et Las Palmas. n Pourquoi Las Palmas ?
Un parti politique ne doit pas seulement avoir un engagement national, mais aussi aller sur la scène internationale. On a toujours parlé de diplomatie partisane, pour présenter les apports, l’évolution continue de notre processus démocratique. Nous avons beaucoup d’acquis, il faut défendre notre pays, mais essentiellement la question du Sahara. Il faut dire clairement que ce n’est pas seulement le gouvernement, ce ne sont pas seulement les partis politiques participant au gouvernement qui parlent du Sahara, de l’autonomie… mais aussi ceux de l’opposition. Le PJD n’est pas seul, d’autres partis ont voyagé en Espagne, en Amérique latine, etc.

A quand le PJD à Cuba ?
Pourquoi pas ? Nous avons un programme chargé, un temps réduit et des ressources financières limitées. Cependant, il y a également autre chose qui nous a amenés à entreprendre ces voyages continus : les ressortissants marocains à l’étranger pourront participer aux élections de 2007, il y a donc un travail à faire sur place. Au cours de nos tournées nous avons des rencontres avec les partis politiques, les hommes d’affaires, aussi, mais la moitié de nos contacts est consacrée aux Marocains résidents à l’étranger, à leurs associations…

Parmi ces pays, il y en a un qui vous fait particulièrement la cour : les USA. Des relations avec les partis politiques américains ?
Pas en ce moment, mais nous comptons en établir. En revanche, nombre de centres d’études s’intéressent à l’Afrique du Nord et au problème du Sahara, qui influe sur toute la région et sur toute la stratégie américaine dans la région. Je pense que nous allons essayer de nouer des relations avec ces centres d’études. Et puis aussi rencontrer des députés, car le Congress a un poids dans les décisions de l’administration américaine.

On accuse le PJD de jouer un jeu double alors que son intention est d’appliquer la Charia une fois au pouvoir…
Au Maroc, personne ne peut prendre le pouvoir. Le Maroc n’est pas une république. Le Maroc est une monarchie. Il y a le Roi et tout gouvernement gouverne sous la direction de Sa Majesté. Donc il y a tous les gages au Maroc pour qu’il n’y ait pas de dérive : même si nous gouvernons, nous aurons des limites, et c’est tant mieux que le pays ait un Roi, Amir Al Mouminine qui n’ait pas de coloration partisane.

Pourquoi je vote PJD

31 mars 2006. Au siège du parti, quartier des Orangers à Rabat, déserté pour cause de conférence, une dizaine de jeunes femmes, toutes voilées, attendent dans la salle de réception. Toutes sont des diplômées chômeurs. Le parti leur offre son siège pour se réunir et lancer les bases d’une association de chômeurs, une de plus, pour défendre leurs intérêts. Elles ne sont pas membres du PJD, mais comptent parmi ses sympathisantes les plus ferventes. Pourquoi ? «Parce que son projet social est étroitement lié aux valeurs de notre pays, basé sur «al asala». Les Marocains sont des musulmans et le PJD ne fait que refléter leurs convictions religieuses profondes», répond Leïla. En effet, l’authenticité est à la tête des cinq slogans (avec souveraineté, démocratie, justice et développement) qui avaient constitué l’ossature du programme électoral du parti aux élections législatives de septembre 2002. Et le fascicule distribué aux électeurs d’expliquer cette authenticité comme suit : «Al asala veut dire que tous nos projets de réforme sont empreints du référentiel religieux, en symbiose avec nos valeurs culturelles et civilisationnelles…». Et le parti de proposer pour concrétiser ce slogan six axes : «le renforcement du référentiel religieux, le renforcement de la religiosité et de la morale dans la société, l’entretien des mosquées, faire de l’identité islamique la base du système d’éducation, la moralisation de la vie publique, inculquer une culture nationale authentique». Autres «atouts» qui rallient ces sympathisantes au PJD : «La moralité de ce parti est exemplaire, ses militants sont disciplinés», lance Fatima, trente ans. Ont-elles une idée de son programme politique et économique ? «Je vote pour ce parti, non pas pour son programme politique mais pour les valeurs culturelles qu’il prône. Son projet se base sur une philosophie culturelle et religieuse, et je lui donne ma voix à cause de cette philosophie et non pas pour son programme politique», explique Aïcha. Ces sympathisantes nous expliquent qu’elles sont contre toute séparation de la religion et de l’Etat, «c’est même contraire à l’esprit et à la lettre de l’islam.» Pourquoi alors le PJD et non pas Al Adl wa Al Ihssan, puisque ce mouvement prône aussi la même philosophie ? «Ce mouvement conteste la commanderie des croyants, et nous, nous y croyons dur comme fer, il y va de la stabilité de notre pays», répondent-elles. Souhaitent-elles que le PJD applique la Charia une fois qu’il dirigera le gouvernement ? «Pas dans l’immédiat, il faut procéder par étapes», répond Aïcha… J.M.