Le PJD, un parti riche ?

Il tourne avec un budget annuel de près de 24 millions de DH. Militants de base, députés, ministres, chacun cotise selon un barème correspondant à  ses moyens.

Au PJD, tout le monde doit passer à la caisse. Cotiser, c’est le «degré minimal» du militantisme. «C’est une sorte d’engagement envers le parti que chacun doit honorer», explique Slimane El Amrani. Le PJD a mis en place un barème qui correspond à toutes les catégories socioprofessionnelles. Il est défini en fonction des revenus mensuels de chaque adhérent. Pour les nouvelles recrues ayant un revenu de moins de 2 000 DH il faut s’acquitter d’une cotisation de 10 DH par mois. Pour les revenus dépassant les 2 000 DH la contribution démarre à partir de 50 DH par mois. Les parlementaires -ils sont au nombre de 107 pour cette législature- reversent 20 à 25% de leur salaire mensuel (soit entre 7 200 et 9 000 DH par mois), selon le degré d’éloignement de leur domicile de Rabat. Pour ceux, et celles, ayant été élus sur la liste nationale cette part varie de 25 à 30% (soit entre 9 000 et 12 600 DH par mois) selon le même critère. Les ministres, eux, se sont engagés à verser 20% de leurs émoluments au parti. Ce qui représente une somme de 14 000 DH par mois. A elles seules donc, les contributions des parlementaires et des ministres totalisent une enveloppe de 10 millions de DH par an.
Il reste que, selon Slimane El Amrani, ce sont les subventions de l’Etat qui pèsent le plus dans les finances du parti. En plus des subventions pour les campagnes électorales, les partis politiques bénéficient, à des degrés divers, d’une dotation annuelle pour couvrir les frais de leur gestion. Cette dotation est d’autant plus importante que le parti a couvert le plus grand nombre de circonscriptions et a décroché le plus grand nombre de sièges. Une autre dotation est accordée, une fois tous les quatre ans, aux partis pour couvrir les frais d’organisation de leur congrès. Elle est équivalente à 50% du montant de la subvention annuelle. En ce sens, le PJD table sur une enveloppe de 14 millions de DH. 67% de cette enveloppe est destiné à la couverture des frais de plus de 350 antennes locales disséminées un peu partout dans le pays. L’organisation du VIIe congrès devrait coûter près de 4 millions de DH alors que le parti se réserve 3 millions de DH pour les besoins de son siège à Rabat. A noter que le PJD avait décidé de reverser à l’Etat 20 millions de DH, le reliquat de la dotation qui lui a été accordée pour les dernières élections. Sur les 54 millions de DH qui lui ont été accordés, il n’a en effet dépensé que 34 millions de DH.