Le parcours des nouveaux ministres

Le gouvernement Jettou II compte cinq nouveaux ministres, pratiquement novices en politique :
un diplômé des Ponts et Chaussées, un ancien président de l’AMITH, un statisticien, un professeur d’économie, sans oublier une figure de proue de la société civile.

Mohamed Boussaid
Ministre chargé de la Modernisation des secteurs publics

Un technocrate pur et dur

«On ne peut balayer ce qui a été fait jusqu’à maintenant en matière de modernisation des secteurs publics. Ce qui a été accompli mérite d’être examiné. Nous allons élaborer un plan d’action correspondant à la vision du gouvernement» a déclaré à La Vie éco Mohamed Boussaid, le jour de sa nomination. Né à Fès le 26 septembre 1961, le nouveau ministre chargé de la Modernisation des secteurs publics a décroché son diplôme de l’Ecole des Ponts et chaussées de Paris à l’âge de 24 ans.
M. Boussaïd a fait ses premières armes de directeur à la BCM et à la BMCI, avant d’être appelé en 1995 par Abdelaziz Meziane Belfquih, alors ministre de l’Equipement, pour diriger son cabinet. Puis, il occupera, au sein de ce même ministère, jusqu’en 2001, le poste de directeur de la Direction des programmations et des études, avant d’être appelé par le ministre des Finances, Fathallah Oualalou, pour occuper le poste de directeur des Entreprises publiques et de la Privatisation (DEPP).
Le parcours politique de M. Boussaid est vierge. Il a, à la veille de sa nomination, intégré le RNI où il compte, affirme-t-il, s’investir «sincèrement et entièrement».

Anis Birou
Secrétaire d’Etat auprès du MEN chargé de l’Alphabétisation et de l’Education non formelle

Un statisticien pour lutter contre l’analphabétisme

Né en 1962, à Berkane, Anis Birou est ingénieur statisticien. Politiquement, il est membre du comité central du RNI. Il a commencé sa carrière en 1982, au ministère des Travaux publics, comme chargé du service statistiques et documentation. Il est passé ensuite au service de structuration des prix (1990) avant de devenir, en 1997, chef du cabinet de la secrétaire d’Etat à l’Entraide nationale, Nouzha Chekrouni.
Pendant deux ans (2002-2003), le successeur de Najima Rhozali Tay Tay au secrétariat d’Etat à l’Alphabétisation et de l’Education non formelle a occupé le poste de directeur de l’Office national des œuvres universitaires, sociales et culturelles.
Avant sa nomination au gouvernement Jettou II, M. Birou était secrétaire général du ministère de la Modernisation des secteurs publics.

Abderrahim Harouchi
Ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité

Monsieur «société civile»

Ministre de la Santé publique de 1992 à 1995, Abderrahim Harouchi rejoint, après neuf ans d’absence, le gouvernement Jettou II en tant que ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Cette nomination et à ce poste, pourrait-on penser, doit beaucoup à la forte implication de ce chirurgien de formation dans la société civile. Mais il faut le reconnaître, M. Harouchi, avant de devenir, en 1992, ministre de la Santé, a fait une brillante carrière dans le même secteur d’abord comme chef du service de chirurgie infantile du CHU Ibn Rochd (1976), puis comme doyen de la faculté de médecine de Casablanca de 1985 à 1992.
Côté investissement dans le travail de la société civile, M. Harouchi est connu surtout comme président de l’association Afak pour le civisme et le développement, qui a mené de très nombreuses campagnes de sensibilisation au civisme. Le nouveau ministre est également connu pour ses prises de position remarquées contre toute forme d’obscurantisme. Il est en outre membre fondateur du Collectif Démocratie et Modernité, membre du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH) et membre du conseil d’administration de la Fondation Mohammed V pour la réinsertion des détenus.

Salaheddine Mezouar
Ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie

La trouvaille de Driss Jettou

Le nouveau patron de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau de l’économie marocaine, Salaheddine Mezouar, saura-t-il déployer ses talents pour diriger ce département stratégique? «Il n’y a qu’un moyen pour mobiliser les hommes : les faire adhérer à un projet clairement énoncé en les invitant à s’y associer et à déployer leur talent en le faisant leur», a-t-il déclaré récemment à La Vie éco.
Avant de devenir président de l’AMITH (Association marocaine des industries du textile et de l’habillement), en 2002, Salaheddine Mezouar, économiste de formation, a fait ses preuves de manager pendant une douzaine d’années dans le secteur du textile et de l’habillement, notamment à Tavex, groupe espagnol spécialisé dans le textile, implanté au Maroc. En 1993, il était le directeur général et commercial de la filiale marocaine du groupe ibérique, en charge du développement en Afrique et Moyen-Orient. Avant le textile, le nouveau ministre de la Mise à niveau de l’économie marocaine a été, de 1984 à 1986, en Tunisie, au service d’une entreprise tuniso-française. En 1986, il a mis en place à l’ODEP les structures de l’action sociale de l’office, en lançant notamment le parrainage du club casablancais du Raja.

Mohamed Mohattane
Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Agriculture, chargé du Développement rural

Haraki pure souche

Ce nouveau secrétaire d’Etat est un haraki pure souche. Né en 1950 à M’rir, dans la province de Khénifra, il a, depuis son jeune âge, baigné dans la mouvance populaire. Economiste de formation, Mohamed Mohattane a décroché sa licence en sciences économiques à Rabat, en 1975, puis un doctorat à l’université des sciences et techniques de Lille, en 1980. Membre fondateur du Groupement d’études et de recherche sur la Méditerranée (GERM), présidé par Ali Sedjari, M. Mohattane a été, depuis 1978 et jusqu’à sa nomination actuelle, professeur d’économie à la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de l’Université Mohammed V de Rabat. Politiquement, il est membre du comité central du MNP de Mahjoubi Aherdan