Immigration : le Maroc a sa propre politique

A compter du 2 janvier prochain et jusqu’à  la fin de l’année, les immigrés en situation irrégulière au Maroc devraient progressivement recevoir leur carte de résidents.

Les premiers concernés : les enfants issus de ces deux cas, les étrangers disposant de contrats de travail effectifs et ceux justifiant de cinq ans de résidence continue au Maroc, ainsi que les étrangers atteints de maladies graves. Les demandeurs d’asile ne seront pas en reste. Des centaines d’entre eux commencent déjà à recevoir leurs cartes de réfugiés. Ainsi, les quelque 850 migrants reconnus comme demandeurs d’asile par le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) seront automatiquement régularisés. Ceci est la première concrétisation de la nouvelle politique marocaine en matière d’émigration. D’un pays de transit, le Maroc est devenu en quelques années un pays récepteur. Et ce n’est pas seulement de l’émigration subsaharienne, mais également celle de certains pays européens frappés de plein fouet par la crise économique ou des pays arabes ravagés par la guerre civile ou qui peinent sous l’instabilité politique. Il fallait faire face à cette réalité. Un tournant que le Maroc ne devait certainement pas négocier aussi savamment d’ailleurs sans l’implication directe du Souverain. En effet, lundi 9 septembre, le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), que le gouvernement ne porte toujours pas dans son cœur, a remis au Souverain les conclusions d’un rapport préconisant la mise en place d’une politique d’asile et d’immigration «radicalement nouvelle» pour améliorer la situation des migrants et des réfugiés. Le Roi a pris note des recommandations pertinentes du CNDH et «a réitéré [sa] conviction que la problématique migratoire, objet de préoccupations légitimes et parfois sujet de polémiques, doit être approchée de manière globale et humaniste». Une commission ad hoc, comportant notamment les services de l’Intérieur, des Affaires étrangères et des MRE et de l’émigration, a été mise en place pour donner corps aux recommandations du rapport du CNDH. La nouvelle politique marocaine de l’émigration est ainsi née. Le Maroc a marqué, donc, «un tournant décisif et historique» en matière de migration tant au niveau régional qu’international. L’initiative a été hautement «saluée par la communauté internationale», à commencer par nos voisins de l’UE, mais aussi à Washington, au siège de l’ONU et depuis différentes capitales de l’Afrique. Ce n’est pas seulement cela, elle est même considérée comme fondement d’un «nouveau modèle» marocain en la matière qui pourrait être étendu à toute la région.