En quoi consiste l’officialisation de l’amazigh ?

Le projet de loi organique 26-16 comprend 35 articles classés en 10 axes.

Ces axes englobent, en particulier, les principes généraux de la mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh et son intégration dans les domaines de l’enseignement, de la législation et l’action parlementaire, de l’information et la communication, de la créativité culturelle et artistique et son utilisation dans les administrations et l’ensemble des services publics, ainsi que dans le secteur de la justice. Le projet de loi prévoit également la protection du patrimoine culturel et civilisationnel amazigh avec toutes ses spécificités et le renforcement des compétences linguistiques des ressources humaines des administrations. Le projet vise, de même, la consolidation de la recherche scientifique en vue de développer l’amazigh et encourager la traduction.

Dans le domaine de l’enseignement, l’intégration de l’amazigh se fera d’une manière progressive, dans les secteurs public et privé, avec la possibilité de la création de cycles de formations et d’unités de recherche spécialisées dans la langue et la culture amazighe au sein des établissements d’enseignement supérieur. Globalement, cette disposition est déjà une réalité. L’amazigh est enseigné à différends degrés, et au gré des années scolaires, à l’école primaire. Certaines universités proposent des master de langue et de culture amazighes de même que la langue est enseignée dans certains établissements supérieurs de formation des cadres. Mais elle n’a pas encore été intégrée au programme de lutte contre l’analphabétisme et d’éducation non formelle comme le stipule ce texte. Le projet de loi organique prévoit également la possibilité de l’utilisation de la langue amazighe dans les travaux des séances publiques et les commissions parlementaires avec la mise à disposition de la traduction simultanée, et la transmission de ces séances accompagnées de la traduction simultanée vers l’amazigh sur les chaînes télévisées et les radios publiques amazighes. Le projet de loi organique stipule également que l’écriture des données des cartes d’identité nationales, des passeports, des permis de conduire, des cartes de séjour des étrangers et des différentes cartes personnelles et certificats administratifs, des pièces de monnaie, des timbres postaux et des cachets des administrations publiques soient en amazigh. Le texte a, en outre, mis l’accent sur la nécessité d’intégrer l’amazigh dans les panneaux de signalisation affichés sur les façades et au sein des administrations et des services publics, des conseils, des instances constitutionnelles, des ambassades, des consulats marocains à l’étranger, des routes, des aéroports, des ports et d’autres espaces publics. Là encore, on n’a pas attendu l’entrée en vigueur de la loi pour ce faire. Enfin, le projet de loi organique se base sur le principe de la progressivité, selon trois phases : le court terme qui s’étend sur une durée de 5 ans, le moyen terme sur une durée de 10 ans et le long terme qui s’étale sur 15 ans.

A Lire aussi :    Amazigh : la loi organique enfin votée, mais ce n’est pas encore gagné