«Important parti de la place cherche militants… débutants ou confirmés» !

Les partis ouvrent leurs portes au recrutement pour conserver leur position
sur l’échiquier électoral.
Les chabibas, autrefois pépinières pour le recrutement, mises à l’écart
de l’action partisane.
Le clash USFP/ Chabiba ittihadie incite les autres partis à la prudence
vis-à-vis de leurs organisations de jeunesse.

«Important parti politique cherche militants, débutants ou confirmés». Tel pourrait être le leitmotiv de l’USFP au cours des mois à venir. Depuis le 11 septembre, en effet, le parti socialiste a ouvert ses portes. La saison des élections est celle des inscriptions dans les partis. D’ailleurs, si celui de la rose a été la première formation à lancer son opération séduction, la concurrence ne devrait pas tarder à lui emboîter le pas tant les effectifs au sein des partis sont en constante réduction.

La preuve : même la société civile se mobilise pour meubler les rangs des formations politiques, amener les élites, et les jeunes surtout, à s’engager. Le 18 septembre dernier, l’association 2007 Daba avait donné le la en lançant une campagne de sensibilisation en ce sens. Objectif : une croissance de 20% des adhésions des Marocains aux partis politiques.

Si la démarche des partis est logique, la méthode est quelque peu inédite. Pourquoi les partis recourent-ils à des opérations de charme qui ressemblent beaucoup à des appels désespérés ? Que sont devenues ces jeunesses partisanes qui faisaient office de trait d’union entre les partis et les jeunes Marocains ?

Moins visibles, moins bavardes aussi, des chabibas actives, il n’en reste plus beaucoup et leurs effectifs diminuent. Avec sa dizaine de milliers de membres répartis sur un peu plus de 170 bureaux à travers le Maroc, l’USFP a beau faire figure de géant face au PPS et au PJD (5 000 et 3 000 membres), ses sections les plus actives se situent désormais dans les petites villes et les villages, tandis que les cités, où il a historiquement pris racine, deviennent de plus en plus territoires islamistes.

Chargées essentiellement d’activités à but éducatif voire initiatique, les jeunesses partisanes s’investissent dans des activités allant de l’organisation de camps de vacances aux universités d’été, en passant par les forums, les ateliers, sans oublier l’indispensable coup de main durant la campagne électorale. Bien entendu, les thèmes abordés restent liés aux sensibilités politiques des uns et des autres, bien que la situation au Proche-Orient reste un classique de la revendication marocaine, toutes tendances confondues, tandis que, actualité oblige, le vote des jeunes vient lui faire la concurrence.

Des chabibas rebelles dans les années de plomb, plus soumises depuis l’ouverture politique
Désormais, les chabibas PPS et PJD comptent lancer des activités en ce sens à leur tour. Des chabibas pour mener la jeunesse aux urnes ? L’idée est tentante, mais comment l’appliquer ? En effet, au-delà de ces activités ponctuelles, ces jeunesses partisanes restent timides, se contentant de reproduire les positions de leurs partis sans trop chercher à connaître les inquiétudes et les attentes des électeurs de leur âge.

Cet état des lieux contraste pourtant avec le passé chargé et glorieux de ces jeunesses, particulièrement celle de l’USFP. Autrefois fortement installée chez les jeunes, et notamment dans le milieu universitaire, «la chabiba faisait de la politique, elle ne faisait pas un travail seulement au niveau éducationnel ou volontaire», explique Mohamed Hafid, qui en avait été secrétaire général de 1998 à 2001. Cette conception des choses a maintes fois mené à des conflits ouverts entre la jeunesse et les instances dirigeantes. En effet, dès sa création en 1975, la Chabiba ittihadie s’était caractérisée par une liberté de ton qui n’allait pas être du goût de tous : très critique à propos des concessions consenties par l’USFP à partir de 1991, puis tout au long de l’Alternance, elle protestera publiquement contre l’interdiction par le parti de l’un des numéros de son journal, Annachra, et ira jusqu’à intenter un procès à Abderrahmane Youssoufi pour avoir convoqué son congrès à la place de son secrétaire général. De critique en critique, une partie de la jeunesse allait commencer à se voir comme un courant à part et chercher à se poser comme telle. «A l’occasion du congrès de mars 2001, nous avions préparé un document titré “Fidélité à la démocratie”, en suggérant qu’il soit présenté dans le cadre de la préparation du congrès», explique Mohamed Hafid. Le refus essuyé allait entraîner leur départ. «C’est là que nous avons travaillé à mettre en place l’association “Fidélité à la démocratie’’», ajoute-t-il. L’association fusionnera avec la GSU en septembre 2005 pour former le PSU, où plusieurs courants auront voix au chapitre. De son côté, la Chabiba ittihadie, deux secrétaires généraux plus tard et désormais bien plus réservée, réclame aujourd’hui que l’idée soit à nouveau considérée.

Le vide politique favorise la radicalisation
Ces crises à répétition n’ont pas manqué de provoquer un débat général sur le rôle que doit jouer une jeunesse partisane : avant-garde politique ou simple main-d’œuvre au moment des élections ? Le parti en déduira des lignes rouges à ne pas dépasser. «Lorsque le parti est en train d’élaborer une position politique sur un thème donné, la chabiba participe au débat, critique et exprime ses positions. Lorsque le parti arrive à une position ou une décision prise par la majorité, tout le monde doit faire en sorte que la décision du parti réussisse», explique Hassan Tariq.
Le réglage n’a rien de dictatorial en soi, toutefois, face à l’expérience désastreuse du parti, d’autres formations politiques chercheront à réduire la marge de manœuvre de leurs jeunesses, tout en conservant leurs structures: élection à partir d’une liste de personnes avalisée par le parti, ascension limitée de certains membres au profit d’autres arrivés plus tard, tout est bon pour éviter des crises internes. «Nous voulons éviter ce qui s’est passé ailleurs», explique Abdelaziz Rebbah, secrétaire général de la Jeunesse du PJD. «Le conflit apparaît entre le parti et sa Jeunesse, quand cette dernière veut être un parti et s’allier contre son propre parti. Tant que je serai à mon poste, la Jeunesse PJD ne sera pas un parti jeune, car le PJD est un parti jeune, nous serons la jeunesse d’un parti», ajoute-t-il.

Au final, qui aura bénéficié de cette reprise en main des chabibas ? Beaucoup n’hésitent pas à pointer du doigt les «vieux» cherchant à protéger leurs arrières. D’autres, en revanche, soulignent qu’il ne s’agissait pas d’une guerre des générations. «Il y avait des personnes plus âgées qui étaient avec nous et, à l’inverse, des jeunes contre nous», explique M. Hafid. En fait, la maîtrise des chabibas visait également à assurer un degré de manœuvrabilité du parti, notamment face aux concessions qui accompagnent l’arrivée au pouvoir, pas toujours acceptées par les bases. «Le problème ne concernait pas seulement la chabiba, mais aussi les sections des femmes et des travailleurs, car si ces derniers s’organisent, ils peuvent faire contrepoids par rapport à la direction du parti, et réduire ainsi son autorité et sa capacité à faire ce qu’elle veut», souligne M. Sassi. Ce choix leur aura coûté cher : perte de la CDT, du groupe Fidélité à la démocratie, création du Parti travailliste…

La fermeture des options pour les jeunesses explique peut-être pourquoi l’ouverture politique du Maroc n’a pas été accompagnée d’un retour des jeunes aux partis. Ainsi, l’université est devenue un terrain de recrutement secondaire, toutes tendances politiques confondues, et c’est surtout au niveau de la gauche que le recul des chabibas est le plus visible. Pourtant, selon M. Sassi, c’est une erreur de penser que les jeunes Marocains se sont éloignés de la politique pour autant. «Ce n’est pas la politique qui est devenue moins attractive, c’est la manière de la faire qui a changé», insiste-t-il, soulignant le contraste entre cette relative absence des jeunes dans les partis, et la mobilisation massive qui accompagne les manifestations contre la situation au Proche-Orient ou encore contre le terrorisme.

Selon lui, le vide laissé par les partis en la matière a fait que beaucoup de jeunes Marocains, au cours des dernières années, se soient tournés vers l’identitaire et le religieux, tandis que les autres s’engagent dans une modernité au sens occidental du terme. Cette division se retrouve également au niveau du mode d’expression politique : désormais les uns se tournent vers les formations islamistes tandis que les autres préfèrent s’engager dans la société civile. Pour Mohamed Sassi, «les jeunes boudent ces grandes machines politiques où ils sont obligés d’adhérer à tout un programme, toute une idéologie». Ainsi, les jeunes s’éloigneraient des partis car ils n’acceptent pas de s’y retrouver avec un programme global à prendre ou à laisser. En revanche, les ONG fournissent une plate-forme plus réduite où ils peuvent militer pour les thèmes qui les intéressent particulièrement, d’où le retour des courants politiques dans l’actualité. Conséquence logique, la société civile, qui a devancé l’université en tant que principal pourvoyeur de l’USFP en militants, se caractérise aujourd’hui par des initiatives qui, auparavant, étaient l’apanage des partis et de leurs syndicats. «En 1981, c’était l’USFP, en collaboration avec la CDT, qui avait déclenché la protestation contre la hausse des prix», souligne M. Sassi. «Aujourd’hui, l’appel contre la hausse des prix a été lancé par les associations, donc, cette fois-ci, la résistance émane de la société civile et non pas des partis». Pas étonnant que l’associatif empiète encore davantage sur le territoire des partis en appelant à la mobilisation politique. Les associations sont-elles devenues les partis de demain ? Dans ce contexte, le choix de la multiplication des plates-formes pourrait donner aux partis l’interactivité nécessaire à leur survie. Mais il reste à savoir si une telle interactivité est gérable au niveau des grandes formations comme l’USFP et si les partis ne préféreront pas finalement éviter d’ouvrir la boîte de Pandore.

Questions
«La politique n’est pas devenue moins attractive, c’est la manière de la faire qui a changé»

Mohamed Sassi Membre du bureau politique du PSU, ex-secrétaire général de la Jeunesse USFP.

La Vie éco : Pourquoi les jeunesses partisanes attirent-elles moins de militants qu’auparavant ?
Certaines causes sont liées à l’organisation interne des partis, d’autres au contexte national et international dans son ensemble. La vérité est que le contexte dans lequel nous avions travaillé avait permis à notre travail d’avoir un certain impact, le contexte actuel est moins favorable pour les jeunesses partisanes, à moins d’un sursaut des partis démocratiques.

Pourtant, le Maroc a connu une ouverture politique depuis…
Il est vrai que, lorsque le domaine des libertés s’élargit, les choses vont mieux. Toutefois, il existe un manque d’intérêt des jeunes envers les partis et non pas de la politique, et ce à deux niveaux : d’une part, les mouvements islamistes attirent beaucoup de jeunes, donc on ne peut pas dire que la jeunesse marocaine rejette la politique, et, d’autre part, en plus de la jeunesse qui pratique la politique à travers les mouvements islamistes, il en existe une autre qui le fait à travers des structures relevant de la société civile. Du coup, on peut dire que ce n’est pas la politique qui est devenue moins attractive, c’est la manière de la faire qui a changé.

Pourquoi cet état de fait ?
Les jeunes boudent ces grandes machines politiques où ils sont obligés d’adhérer à tout un programme, toute une idéologie, alors qu’aujourd’hui ils peuvent choisir des formes plus simples, plus opérationnelles qui leur permettent de travailler sur la problématique qui les intéresse, comme la paix, la lutte contre la pauvreté ou l’environnement. Peut-être que nous assistons à une nucléarisation des formes d’action, et cela en ce qui concerne le monde en général. En revanche, au niveau du monde arabe et du monde musulman, soyez sûrs que les dizaines de milliers de jeunes qui intègrent ces mouvements sont plus nombreux que ceux qui ont intégré les mouvements nationalistes dans les années 60 ou les mouvements marxistes dans les années 70.

A la lumière de votre expérience au sein de l’USFP, quel devrait être le rôle d’une jeunesse partisane aujourd’hui ?
Lorsque nous étions à l’USFP, il y avait un débat sur ce que devait être le rôle de la Chabiba ittihadie : s’agissait-il d’une manœuvre, dans la mesure où c’est au parti de décider et à la chabiba d’appliquer, ou cette dernière doit-elle participer au processus de décision ? Et, si tel est le cas, peut-elle avoir un degré d’autonomie qui lui permette, dans les instances de la jeunesse, de débattre, décider, d’avoir un point de vue et de l’exprimer ? Pour cela, il faudrait qu’elle ait une certaine indépendance, non pas vis-à-vis de l’idéologie du parti ou de son programme, mais plutôt vis-à-vis de la gestion de ce dernier. Il y a eu une lutte contre la chabiba pour que cela ne se fasse pas, et on a créé une jeunesse sur mesure, mais cette dernière aujourd’hui revendique les mêmes droits que nous de notre temps [NDLR : la mise en place de courants au sein de l’USFP], ce qui signifie que le problème ne se situe pas au niveau des jeunesses, ni des secrétaires généraux passés, mais au niveau de la direction traditionnelle conservatrice du parti qui ne veut pas comprendre que la jeunesse a un rôle à jouer dans le processus de décision et qu’elle a le droit de bénéficier non pas d’une indépendance totale, mais d’une marge pour débattre et mettre en avant son point de vue.

Avez-vous mis en place une chabiba au sein du PSU ?
Le mouvement Fidélité à la démocratie ne disposait pas d’un organe spécifique pour les jeunes car nous étions une association à caractère politique, composée de jeunes, dont la majorité écrasante étaient des anciens de la Jeunesse USFP. Au moment de la fusion avec la GSU, cette dernière a amené sa chabiba. Cette année, nous avons mis en place les règles de fonctionnement du parti qui font que nous sommes le premier à reconnaître et organiser les courants.

Cela ne vous dérange pas que la jeunesse du PSU constitue un courant à part ?
La jeunesse se construit sur la base de l’âge, tandis que les courants le font sur des différences au niveau des principes et des programmes. Mais il est possible que certains courants comprennent plus de jeunes que d’autres.

Quelle est la marge de manœuvre de cette jeunesse ? Si le parti a une position officielle, peut-elle la critiquer ?
Pourquoi pas ? Au PSU, ce n’est pas seulement la jeunesse qui dispose de ce droit, mais aussi les courants. Si vous prenez le journal du parti, vous verrez que plusieurs plateformes y figurent et non pas une seule. Aujourd’hui, les militants ont le droit de poser ces plateformes et le parti est obligé de les imprimer et de les donner à voter. Bien entendu, il est possible que la plateforme à laquelle
M. Moujahid et moi adhérons ne passe pas et qu’une autre plateforme, signée par un jeune, remporte les votes et serve à déterminer la position du parti. Du coup,
M. Moujahid cesserait d’être le secrétaire général du parti et moi membre du bureau politique
Propos recueillis par Houda Filali-Ansary

Focus
Des poussins au sein des chabibas

Autrefois passage quasi obligé des jeunes militants, les chabibas sont toujours, malgré leur perte de vitesse, des écoles de la vie partisane, permettant aux formations politiques d’inculquer leurs valeurs aux nouvelles générations, via des activités très diverses. « Aujourd’hui, nous avons un problème de lecture, d’attachement à l’école, d’échec scolaire. C’est pour cela que nous avons lancé cette année une vaste campagne qui a touché

80 000 à 100 000 jeunes », avance Abdelaziz Rebbah, secrétaire général de la jeunesse du PJD. «C’est une campagne sur la moralité, l’éthique et le savoir où l’on a organisé des centaines de conférences, de manifestations, de meetings sportifs focalisés sur l’éthique et la science que nous considérons comme prioritaires». Pendant ce temps, de l’autre côté du spectre politique, le PPS organise des universités d’été ou de printemps sur les élections, les droits de l’homme, et des activités à l’étranger, l’ancien Parti communiste ayant conservé des liens avec ses homologues à travers le monde, tandis que l’Istiqlal essaye déjà d’appréhender le lendemain des législatives en discutant du Maroc de l’après-2007.

Détail surprenant, toutefois : alors qu’auparavant l’âge moyen de l’initiation à la politique se situait aux alentours des 17-18 ans, de plus en plus d’activités organisées aujourd’hui visent un auditoire plus jeune, parfois âgé de 8 à 14 ans. Les plus prisées restent les colonies de vacances. Ces dernières sont très souvent organisées par des associations affiliées aux jeunesses en collaboration avec le secrétariat d’Etat à la jeunesse dans le cadre du programme «Vacances pour tous». Le rôle du secrétariat d’Etat ne se limite pas à cela puisque le département de Mohamed El Gahs travaille à mettre en place une plate-forme de discussion et de dialogue entre ces jeunesses…

Aberrations !
Des chabibas gérées par les «vieux»

Nos chabibas ont-elles les moyens d’accomplir leur mission auprès de la jeunesse marocaine ? Pas toujours, pour la simple raison qu’elles ne sont pas forcément en état de le faire, quand elles existent. Ainsi, celle du RNI n’est pour l’instant qu’un simple projet qui ne devrait être discuté qu’à l’occasion du congrès national du parti. Quant à la Jeunesse harakie, pour sa part, elle est désormais bloquée par la refonte du Mouvement populaire, la fusion de l’ancien MP avec le MNP et l’UD n’ayant pas encore été suivie par celle des sections jeunesse ou femmes. Le parti se retrouve donc avec trois organisations de jeunesse dont seule celle de l’ancien MNP est vraiment active aujourd’hui. Selon les prévisions, les trois devraient être regroupées en fédération en attendant le prochain congrès national du MP.

Étonnant, la Jeunesse du PPS semble être la seule à connaître, cartes de membres à l’appui, ses effectifs exacts (5 000), et se prépare à organiser une caravane pour convaincre les jeunes de s’inscrire sur les listes électorales. Toutefois, à l’instar de l’USFP, ses activités se limitent surtout aux petites villes et villages. Pendant ce temps, la jeunesse du PJD renforce lentement ses positions dans les villes et lorgne vers l’étranger en attendant de profiter de la période 2007-2008 pour peupler ses rangs.

Conséquence de la mainmise des bureaux politiques sur leur jeunesse ou conséquence inévitable du vieillissement des chabibas en manque de sang neuf, la plupart des dirigeants sont bien plus vieux que ceux dont ils doivent diriger les activités. Ainsi, si Hassan Tariq, actuel secrétaire général de la chabiba USFP, se dit à son dernier mandat à 32 ans, ses collègues du PPS, de l’Istiqlal et du PJD, Saïd Fekkak, Abdallah Bekkali, et Abdelaziz Rebbah, gravitent autour des 40 ans, un âge dépassé du côté du Mouvement populaire. Désormais, tout le monde affirme vouloir limiter l’âge dans les chabibas à 35 ans. Mais ce ne sont, pour l’instant, que de simples déclarations d’intention.