« 100 jours, 100 villes » : Clôture du premier programme d’envergure d’écoute des citoyens

• C’est la première fois qu’un parti politique conçoit un programme électoral à partir des attentes et besoins exprimés par les citoyens. Quand on prend la peine d’aller vers les citoyens on s’aperçoit sur le champ de leur grande volonté de participer à la prise de décision et au changement.

C’est une promesse solennelle que vient de faire le président du RNI. Et le parti compte bien la tenir, coûte que coûte. «Quelle que soit notre position dans les communes, les conseils préfectoraux, provinciaux et régionaux, que nous faisons partie ou non du prochain gouvernement, nous allons défendre les revendications et les recommandations des 35 000 participants au programme ‘‘100 jours, 100 villes’’». Aziz Akhannouch qui a présidé la clôture de ce programme, dimanche 27 septembre, avec une ultime étape à Ait Melloul, a assuré que son parti allait défendre bec et ongles ce programme qui émane directement des citoyens. Une première dans l’action politique nationale. Effectivement, dans toute l’histoire du Maroc, aucun parti politique n’a jamais organisé une campagne d’écoute des citoyens d’une telle envergure. En un peu moins d’une année, l’opération, ayant été lancée à Demnate le 2 novembre de l’année dernière, les dirigeants du RNI, membres du bureau politique et autres, ont sillonné le pays pour aller à la rencontre des gens dans les villes petites et moyennes –certaines grandes agglomérations ont également été touchées- pour écouter les habitants exposer leurs problèmes, faire part de leurs attentes et lister les dysfonctionnements dans la gestion de leurs quartiers et villes. Les autres formations, particulièrement celles qui voient en le RNI un rival, voire un ennemi politique, se sont d’abord ri de cette initiative, accusant le parti de «soudoyer» les citoyens à coups de festins et de banquets, pour ensuite commencer à la critiquer et la combattre. Mais lorsque la crise sanitaire est survenue et après une pause forcée lors du confinement, le parti a décidé de poursuivre quand même cette initiative avec une rapidité inouie d’adaptation. Tout le monde a compris que ce n’était pas ce que les rivaux essayaientt de faire croire aux gens. La preuve, pas moins d’un millier de personnes ont participé à l’ultime étape de ce programme qui s’est déroulée bien sûr en ligne mais qui a été consacrée à la ville d’Ait Melloul. Bref, toutes les observations, suggestions et propositions exprimées par les participants tout au long de ce périple de plusieurs mois, ont été recueillies et enregistrées.

Bientôt la «Voie des villes»
Une synthèse en sera faite et publiée prochainement sous forme d’un livre «La voie des villes», assure le président du parti. Ces recommandations vont également servir de programme électoral «sur mesure» pour chaque ville et région pour les prochaines élections, qui sera déployé là où le parti sera porté à la gestion des affaires publiques. Comme l’a relevé le président du RNI, la plupart des interventions des citoyens ont porté principalement sur les secteurs de la santé, de l’enseignement et de l’emploi.
Ce sont d’ailleurs les mêmes problématiques qui ont été relevées lors de la tournée régionale du RNI qui a débouché sur «La voie de la confiance», sauf que comme l’a précisé le président, même s’il s’agit du même secteur de la santé par exemple, les problèmes de la ville de Tétouan ne sont pas les mêmes que ceux de Bouarfa et les besoins en matière d’emploi de la ville de Bejaâd ne sont pas identiques à ceux de Guelmim. Idem pour le domaine de l’enseignement. Les attentes sont différentes, il y a des villes qui ont besoin d’un noyau universitaire, alors que d’autres souffrent du surpeuplement des classes dans le primaire.
En plus de ces trois secteurs, les participants ont également relevé les défaillances de gestion locale, notamment pour ce qui est des services publics de proximité, de la voirie, des espaces verts et de la protection de l’environnement en général. «Naturellement, l’objectif de cet exercice n’était pas de faire un procès aux conseils élus, ni aux partis qui les forment. Notre but est avant tout d’écouter les citoyens», a tenu à préciser le chef de file du RNI. Au fil des rencontres, à la surprise générale, cette initiative a révélé une soif chez les citoyens à participer au débat et à contribuer au changement, en menant la réflexion sur les moyens à même de répondre à leurs aspirations. Ces réunions organisées, naturellement sous les couleurs du RNI, ont paradoxalement, malgré les critiques, attiré les membres des autres partis. En effet, selon Mohamed Boussaïd, coordinateur de ce programme, les adhérents du RNI ont représenté le tiers des participants à ces rencontres, alors que les deux tiers restants ont regroupé des acteurs locaux, économiques et associatifs et même des militants des autres formations politiques. Notons que le programme devait prendre fin le 15 juin, après avoir touché exactement 102 villes, mais la crise sanitaire en a voulu autrement. Certes, affirme Mohamed Bousaïd, «le Coronavirus nous a quelque peu retardés, mais il ne nous a pas empêchés d’aller jusqu’au bout dans ce projet». Cela n’aurait pas pu se faire sans un effort logistique considérable, rappelle le président du parti. Après tout, souligne Aziz Akhannouch, «un parti qui n’innove pas ne mérite pas de représenter les Marocains».