ONU : Le spectre de la famine plane sur 120.000 Syriens près de Homs

Le risque de famine pèse sur au moins 120.000 habitants à Homs (centre de la Syrie), en proie à un vaste assaut des troupes gouvernementales appuyées par l’aviation russe, a mis en garde l’ONU jeudi.

Selon l’organisation internationale, il y a un risque élevé de famine et de décès en raison du manque criant des services médicaux dans les zones rurales de la province de Homs.

Sous l’effet des sièges et de la poursuite de l’offensive militaire du régime, le prix du pain est dix fois plus élevé dans les régions contrôlées par les rebelles que dans la ville de Homs, sous contrôle de Damas.

Au total, plus d’un million de Syriens dans 46 localités vivent assiégés, principalement par le régime syrien et ses alliés, après presque cinq ans de guerre dans le pays, selon un récent rapport.

Ces 46 localités rassemblent 1.099.475 personnes vivant avec « un risque accru de décès » à cause du manque de nourriture, d’électricité et d’eau courante, selon ce document des ONG néerlandaise PAX et américaine The Syria Institute.

La crise des localités assiégées « est bien plus grave » que ce qu’estime l’ONU. Les derniers chiffres des Nations unies évoquaient près d’un demi-million de personnes vivant assiégées, dont plus de la moitié par le régime.

D’après le rapport, le gouvernement de Damas utilise la « stratégie de la famine ou de la capitulation » de manière systématique à travers le pays. « Sur près de 50 localités, seules deux sont assiégées par des groupes armés de l’opposition », dans les localités de Foua et Kafraya dans la province d’Idleb (nord-ouest).

Des pourparlers indirects à Genève entre le gouvernement de Damas et l’opposition ont été suspendus jusqu’au 25 février sur fond de profondes divergences liées notamment à la poursuite des bombardements par le régime et ses alliés. En près de cinq ans de guerre civile, le conflit syrien a fait plus de 260.000 victimes, quelque 6,5 millions de déplacés et 4,6 millions de réfugiés.