La Suisse abandonne un projet décrié de réforme du secret bancaire

Le gouvernement helvétique a abandonné, mercredi, un projet de réforme du secret bancaire pour les contribuables suisses soupçonnés de détenir en banque des fonds non-déclarés, un texte très critiqué par la droite conservatrice.

Cette démarche intervient quelques jours après l’annonce du départ de la ministre des finances, Eveline Widmer-Schlumpf, principal artisan de l’adhésion du pays à l’échange automatique des données financières, perçue comme une fin programmée de la tradition de silence bancaire.

« A l’heure actuelle, les chances de succès de ce projet sont faibles sur le plan politique », a expliqué l’exécutif dans un communiqué, affirmant qu’il prendrait le temps nécessaire sur ce dossier.

Mme Widmer-Schlumpf devait soumettre le texte en question au Parlement avant la fin de l’année en cours, de sorte à permettre aux autorités régionales d’accéder aux données bancaires des contribuables suspectés d’évasion fiscale.

Le projet controversé avait provoqué un tollé l’an dernier, suite à quoi trois parties de droite et d’extrême droite ont menacé de lancer un référendum au nom de la protection du principe d’inviolabilité de la sphère financière privée.

Les banques helvétiques seront obligées, dès 2018, de communiquer les données des résidents étrangers au fisc suisse, lequel sera chargé de les transmettre automatiquement aux instances similaires à l’étranger.

A ce jour, plus de 80 banques suisses ont adhéré au programme de régularisation fiscale lancé par les Etats-Unis en vue de régler la problématique de l’évasion fiscale des clients américains des établissements helvétiques.

Principal centre de gestion de fonds avec plus de 25 pc de la fortune mondiale, la Suisse est souvent critiquée pour le manque de transparence de son système bancaire et ses retards en matière de lutte contre la fraude fiscale.

Et malgré tout, le gouvernement cherche à minimiser l’incidence de l’accord relatif à l’échange automatique des renseignements bancaires sur l’image du pays comme leader en matière de gestion de fortune.