Un DG est souvent recruté par approche directe

Des compétences dans le domaine sont nécessaires mais pas déterminantes.
Les postes de DG sont pour l’essentiel occupés par des ingénieurs.
Le salaire brut annuel est compris entre 1,5 et 4 MDH.

Essaid bellal DG du cabinet Diorh
Un directeur d’exploitation doit nécessairement avoir une formation d’ingénieur car il doit maîtriser des aspects techniques. Mais pas un manager.

Le directeur général d’une société informatique n’a pas besoin de passer par les annonces, sauf incident de parcours. Dans neuf cas sur dix, il est approché par une entreprise qui désire s’offrir ses compétences ou par un chasseur de têtes. S’il s’agit d’un oiseau rare, ses exigences vont être à la hauteur de ses compétences. Si le métier est bien payé, il faut savoir qu’un DG est soumis en permanence à de nombreuses pressions : technologique, commerciale mais aussi de gestion des ressources humaines. Explications d’Essaid Bellal, DG du cabinet Diorh.

La Vie Eco : Comment se fait le recrutement des dirigeants d’entreprises informatiques ?
Essaid Bellal : Dans la majorité des cas, le recrutement d’un tel profil se fait par approche directe, que ce soit par la société elle-même ou par un cabinet de recrutement spécialisé. C’est à eux d’approcher ces dirigeants et, éventuellement, de leur faire des propositions. Tout dépend par ailleurs du profil recherché et des besoins de l’entreprise. Dans le cas d’un profil pointu, la personne peut être exigeante dans ses prétentions salariales.

Les opportunités d’emploi sont-elles nombreuses ?
A vrai dire, elles sont rares. On ne crée pas tous les jours de nouveaux postes pour les DG. Parfois, des promotions peuvent donner lieu à des recrutements internes de DG, mais cela reste peu fréquent. En revanche, les offres d’emploi relatives au poste de directeur informatique sont assez fréquentes.

Quelles sont les exigences à satisfaire pour occuper le poste ?
Le candidat doit être avant tout un manager, comme pour toute entreprise. C’est-à-dire savoir gérer des équipes, les encadrer et les motiver, tracer une vision stratégique pour l’entreprise, mettre en place des objectifs clairs et mesurables… Bref, tout le b.a.-ba du management moderne. Il doit aussi maîtriser son domaine. Aujourd’hui, le secteur des technologies de l’information est tellement volatil qu’il faut rester attentif aux dernières tendances du marché. Un patron exerçant dans ce secteur doit aussi être doté d’une solide expérience qui correspond aux besoins du marché à un moment donné.
Enfin, il doit avoir l’esprit commercial. C’est très important car c’est lui qui doit saisir les opportunités du marché.

Le DG d’une société informatique n’est donc plus le même qu’il y a quelques années ?
Aujourd’hui, on peut dire que son leadership doit être plus développé. Car gérer une équipe n’est pas une mince affaire. Il doit toucher à d’autres fonctions : commercial, finances et surtout les ressources humaines. N’oublions pas que le domaine des technologies a beaucoup évolué. Il faut être capable de s’adapter aux nouvelles exigences, être au courant des dernières tendances, faire partie des réseaux professionnels…
Toutefois, je pense qu’un manager qui croit tout savoir ou pouvoir tout faire se trompe … ou alors c’est un génie. Il faut savoir s’entourer de bonnes compétences, être fédérateur de valeurs.

Faut-il forcément être informaticien pur ou lauréat d’une école d’ingénieurs pour se lancer dans l’entreprise informatique ?
Pas systématiquement. Il faut avoir déjà une ouverture sur le domaine, avoir vécu une expérience similaire… Un directeur d’exploitation doit nécessairement avoir une formation d’ingénieur car il doit maîtriser des aspects techniques. Mais pas un manager. On a souvent vu des autodidactes réussir dans ce domaine même si, aujourd’hui, c’est rare. Dans la pratique, ce sont les ingénieurs qui occupent de façon prédominante les postes de DG.

Qu’en est-il des salaires ?
On observe de fortes disparités dans les rémunérations des DG. Tout dépend de la taille de l’entreprise et de son chiffre d’affaires. La moyenne du marché se situe aux alentours de 1,5 million de DH bruts annuels. Les salaires les plus élevés ne dépassent généralement pas les 4 millions de DH.