“Temps partagé” : gérer les ressources humaines autrement

Bon nombre d’entreprises recourent à des experts en temps partagé, faute de les avoir à plein temps. La formule séduit par son coût et sa flexibilité.

Aziz Charifi n’a rien d’un DRH classique. Expérimenté, pourtant, il a pris la décision de ne pas avoir d’employeur fixe depuis plusieurs années.

Sous le statut d’indépendant, il intervient auprès de plusieurs structures à temps partagé pour des missions plus ou moins longues. «Structuration d’un service RH, montage d’un plan de formation, mise en place de fiches de postes ou d’une grille de rémunération… les besoins RH des PME sont nombreux.
Généralement, j’interviens à raison de deux jours par semaine dans l’entreprise pour des missions qui peuvent être étalées sur le temps», dit-il. Pour Karim Banaoui, DG du cabinet RH Value, spécialisé dans l’accompagnement des PME en services RH, «le temps partagé connaît un essor parce que ces entreprises n’ont pas forcément besoin d’un DRH permanent, ou n’ont pas les moyens de se l’offrir, ou ne peuvent faire face au coût d’une expertise que pendant une durée définie».

Cette formule, qui se différencie de l’externalisation classique, permet à la PME de bénéficier du savoir-faire d’un professionnel, le temps d’une mission. Et ce n’est pas l’apanage de la fonction RH. Le management de l’entreprise marocaine est de plus en plus ouvert à ces pratiques en marketing, en management de la qualité mais aussi les systèmes d’information.

Des limites liées au mindset du management

Sur la place, le cabinet In Extenso a été l’un des premiers prestataires à proposer des compétences à temps partagé. Le cabinet offre à ce titre plusieurs formules. D’abord celle du contrat en temps partagé où le cabinet propose aux entreprises des compétences expérimentées au «juste temps et au juste coût» mais aussi le contrat pré-embauche. Le cabinet se charge de trouver le profil adapté pour le mettre à la disposition de l’entreprise pendant une certaine période, généralement six mois. Celle-ci peut ainsi s’assurer de la qualité et de l’adéquation du profil avant d’envisager de le recruter en CDI.

Cependant, il y a quand même des freins face à son développement. La première difficulté peut être la volonté du management de la PME à déléguer certaines activités jugées ou considérées comme sensibles, conflictuelles et surtout symbole de pouvoir et d’autorité mais aussi la disponibilité d’un professionnel RH à assumer ce rôle de suppléant.

«A l’image des cabinets comptables, il existe un marché pour les DRH experts. La PME ou la TPE marocaine gagnerait à recourir à un tel système pour bénéficier notamment du savoir-faire d’un professionnel, qui lui apporte l’éclairage nécessaire à la mise en œuvre d’une stratégie RH, d’une politique de recrutement, de la mise en place d’un plan de formation ou encore à la mise en conformité des pratiques de l’entreprise», conclut Mohamed Benouarrek, expert en GRH.

Temps partagé : Questions à Karim Banaoui, DG de RH Value
Temps partagé : Questions à Karim Banaoui, DG de RH Value

 

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