Savoir-vivre en entreprise : Avis de Regis MONOT, Directeur commercial de Steelcase MAROC

Le savoir-vivre est un élément indispensable à  la bonne marche de l’entreprise

Le savoir-vivre en entreprise est à appréhender autour de trois paramètres : la cohabitation, la culture et les valeurs de chaque entreprise, et à la culture, aux usages et mœurs de chaque pays. Les explications de Regis Monot, directeur commercial de Steelcase Maroc.

Peut-on parler d’un savoir-vivre en entreprise ?
Bien sûr ! L’entreprise étant un lieu d’interactions entre différentes personnes, il est normal, comme dans un immeuble d’habitation, de respecter certaines règles !

Comment peut-on le définir ?
Pour moi, le savoir-vivre en entreprise est à appréhender sous l’angle de trois facteurs.
Il est d’abord lié à la cohabitation au sein de l’entreprise. A cet égard, il faut apprendre à contrôler l’environnement sonore, facteur important dans un espace ouvert : ne pas parler trop fort au téléphone, régler la sonnerie de son portable au minimum et éviter les discussions animées qui pourraient déranger les collègues.
Il faut aussi considérer l’environnement visuel et maintenir son espace de travail personnel et les lieux collectifs rangés, organisés et propres. Fini donc les tasses de café vides traînant sur le bureau depuis le matin, les dossiers qui s’empilent. Respecter les autres c’est aussi offrir à tous un environnement de travail agréable et sain car l’espace de travail est une source d’émotions : s’il est conçu de manière esthétique, coloré et agréable, les personnes qui y évoluent auront à cœur de le conserver dans cet état.
En deuxième lieu, le savoir-vivre est intimement lié à la culture de chaque entreprise. Les valeurs qui en découlent vont ainsi définir les comportements acceptés et ceux qui ne le sont pas.
Enfin, le savoir-vivre en entreprise est à mon sens lié à la culture, aux usages et mœurs de chaque pays. Une attitude jugée normale et acceptée dans tel pays ne le sera peut-être pas dans un autre !

Comme quoi par exemple ?
Une réunion de travail en Allemagne doit débuter et se terminer à l’heure convenue. Dépasser le temps imparti est vu comme un manque de savoir-vivre. A contrario, une réunion en France qui déborde sera jugée plutôt efficace et réussie.
Autre exemple, le fait d’inviter ses collègues à une pause-café peut être perçu très différemment. En Scandinavie par exemple ou la liberté individuelle est très forte, le faire systématiquement sera mal vécu. Dans les pays latins au contraire, la personne qui ne le propose pas sera jugée égoïste ou mal élevée. Un dernier exemple : l’expression de nos émotions sur notre lieu de travail.
Si dans les pays latins il est toléré de rire, parler fort ou  crier, dans les pays nordiques il est plutôt de bon ton de masquer ses émotions et d’aborder une attitude de retenue très forte. C’est pourquoi je considère que les critères du savoir-vivre ne sont pas «universels».
 
Une entreprise peut-elle procéder de manière méthodique et réfléchie pour instaurer un tel état d’esprit ?
De mon point de vue, la mise en place de «règles de vie» permettra de définir les usages et les comportements individuels et collectifs indispensables au bien-être de tous.
Le respect de ces dernières sera d’autant plus facilement contrôlable si elles sont clairement partagées et affichées.
Mais ces règles ne peuvent être appliquées que si l’aménagement des espaces de travail le permet. Il faudra ainsi penser à créer des espaces fermés pour les communications téléphoniques de longue durée, des zones de discussions informelles protégées, des solutions de rangement adaptées et sécurisées et des lieux ou on peut s’isoler pour des entretiens confidentiels.
La clé étant d’associer sur un même environnement de travail des espaces ouverts et d’autres plus intimes, le tout adapté aux différentes activités identifiées.

Chez Steelcase par exemple, qu’est-ce qui est toléré et qu’est-ce qui ne l’est pas ?
Chez Steelcase, nous nous appuyons sur des valeurs fondamentales qui sont au cœur de ce qui guide notre façon de travailler :

– agir avec intégrité ;
– dire la vérité ;
– tenir ses engagements ;
– traiter les gens avec dignité et respect ;
– encourager l’entraide et la cohésion ;
– respecter l’environnement ;
– se surpasser.

Ainsi, si une de nos valeurs est le respect de nos engagements, ne pas l’appliquer sera perçu par les autres collaborateurs comme un manque de savoir-vivre chez Steelcase. Il en est de même, dans notre groupe, de la protection de l’environnement : ne pas trier ses déchets ou ne pas optimiser ses déplacements sera mal perçu en interne par ses collègues.

Quelles peuvent être les conséquences de manquements au savoir-vivre ?
Raisonnons plutôt de manière positive. Je dirais que le savoir-vivre en entreprise est un élément indispensable car il est source de relations positives entre collaborateurs, de bien-être et de respect mutuel, conditions nécessaires pour la bonne marche de l’entreprise et la fidélisation de ses collaborateurs sur le long terme.