Revenir à  son ancienne entreprise : les pièges à  éviter

Le retour peut être avantageux pour l’entreprise, surtout s’il s’agit d’un profil rare. Le rapport de force est en faveur de celui qui est sollicité le premier.

Et si je revenais à mon ancienne entreprise ? Certains cadres n’ont pas hésité une seconde à le faire. Connaissance du mode de fonctionnement de l’entreprise, son management, ses activités et son marché sont parmi les avantages qui peuvent favoriser l’acceptation de l’employeur. De plus, l’expérience acquise ailleurs est considérée comme source de valeur ajoutée. En quelque sorte, le fait de tomber sur un ancien désireux de faire demi-tour minimise les erreurs de casting.

Ce genre de retrouvailles a toujours existé dans le monde professionnel, mais les termes d’un nouveau contrat sont fonction des motivations de la retrouvaille. Un ancien collaborateur rappelé par son ex-employeur est clairement en position de force parce qu’on reconnaît sa compétence, et lui donne indirectement raison sur les motifs de son départ. Il peut, par conséquent, mettre la barre très haut tant du point de vue du salaire que des responsabilités. Mais quand c’est l’ex-collaborateur qui vient taper à la porte après avoir tenté une expérience insatisfaisante ailleurs, le rapport de force s’inverse automatiquement. Dans ce cas, l’entreprise fait d’une pierre deux coups : elle est rassurée sur son style de management et ses rapports antérieurs avec celui qui veut revenir et dispose d’arguments pour retenir les collaborateurs, en ce sens qu’ils sauront que «l’herbe n’est pas verte partout».
 

Le risque est de retrouver les mêmes problèmes

Quant à l’ex-salarié, il est obligé de se plier aux conditions qu’on lui pose. De même, il doit tout naturellement faire l’impasse sur son ancienneté, étant entendu qu’un contrat de travail n’est pas discontinu, il doit ainsi en négocier un autre, souvent aux conditions de l’employeur. Il y a un autre problème à gérer : comme un départ est souvent motivé par la détérioration des relations, «le retour ne doit être envisagé que si le management initial n’est plus en place», conseille Omar El Kindy, DG de EK developpement. A l’évidence, le risque est de retrouver les mêmes problèmes avec moins de moyens pour y faire face. Le greffe ne prend donc réellement que si la séparation s’était passée sans heurts. L’entreprise peut dans ce cas être plus souple. Si c’est le cas, le revenant doit avoir une très bonne écoute et chercher à comprendre en quoi l’entreprise est aujourd’hui différente. Il doit aussi s’assurer des conditions matérielles et de la bonne définition des nouvelles relations professionnelles.

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