Recadrage au travail : Avis de Jihanne Labib, Présidente de l’association Maroc Coaching

Un recadrage est nécessaire pour redonner un nouveau souffle

Il faut dire que chacun a son mode de communication et d’interprétation et que souvent l’ego prend un coup dès lors qu’un reproche ou une critique sont émis. Dans le domaine de la process com, démarche souvent utilisée dans le coaching, on s’intéresse aux traits dominants de chaque individu pour mieux les utiliser au profit de l’équipe. Par exemple, le rebelle cherche souvent à provoquer et épier toute faille chez les autres. II refuse toute nouveauté. Avec lui, il faut rester calme, utiliser ses connaissances mais gérer ses débordements sur les points sans importance, lui rappeler les règles de fonctionnement du groupe.
L’empathique, quant à lui, a horreur des conflits et a souvent du mal à refuser une demande. Il ne faut pas le brusquer et il faut surtout soigner les enjeux de sa mission. Pour communiquer avec lui, il faut montrer de la compréhension, chercher les solutions qui lui permettent de progresser, l’assurer de son soutien et de sa disponibilité.

Dans tous les cas, émettre une critique est important pour un manager. Cela fait partie de sa mission. En d’autres termes, il est nécessaire pour redonner un nouveau souffle, remotiver une équipe en berne, déclencher un signal d’alarme en cas de relâchement ou de faute professionnelle, de parler aux collaborateurs, leur rappeler l’importance de leur mission et leur faire prendre conscience des erreurs à ne pas répéter.
Il est vrai que ce genre de situation n’est pas facile puisque la nature humaine est hostile à la confrontation. A mon avis, deux choses sont importantes pour un bon recadrage. Premièrement, le manager doit s’interroger sur ce qu’il attend de son collaborateur et vice versa. Plutôt que de se focaliser sur ce qui ne va pas, mieux vaut se demander ce qu’il devrait faire pour que cela aille bien. C’est important. Deuxièmement, il faut établir des règles de fonctionnement. Mais attention: un recadrage ne doit pas se focaliser sur la personne en difficulté mais sur ses actes.

Toujours est-il que la sincérité doit être de mise; on doit dire ce que l’on pense en faisant la part des choses entre son impression et les faits. Bien évidemment, les compliments sont importants car féliciter quelqu’un revient à reconnaître son travail. Surtout faire attention à l’interprétation qu’on donne à ces éloges au risque d’insulter l’intelligence des autres.
Les individus sont souvent sensibles aux arguments fondés et objectifs se référant à leurs prestationsn