Quelques bonnes règles pour choisir son associé

Diversifier les compétences, étoffer ses réseaux, avoir de nouveaux fonds ou tout simplement rompre la solitude sont autant de facteurs pour s’associer. C’est l’affinité professionnelle qui détermine le choix d’un associé.

Etoffer la culture managériale de l’entreprise, ajouter une compétence clé pour impulser une nouvelle dynamique de développement pour l’entreprise, étoffer son carnet d’adresses, lever des fonds ou tout simplement rompre la solitude due à la position du chef, ce sont souvent les motivations qui poussent au choix d’un partenaire quand on se décide à créer ou à développer une entreprise. Etre au moins deux dans l’aventure entrepreneuriale permet en effet d’avancer plus vite, plus efficacement et bien évidemment de nourrir la stratégie des compétences et sensibilités de chacun. Cependant, une association, surtout si elle se fait au feeling, n’assure pas forcément le succès à long terme.

La complémentarité d’abord, le feeling vient après

Youssef Jermoumi, DG du cabinet IP Expert, en a fait l’expérience à deux reprises. «L’erreur c’est de ne pas oser dire les choses clairement dès le début. C’est en mettant de côté des sujets qui fâchent qu’on se dirige tout droit dans le mur. Enfin, il faut éviter de penser que l’amitié sera plus forte que tout». Beaucoup d’entrepreneurs débutants l’ont appris à leurs dépens. C’est pourquoi avant même de le chercher, tout manager doit se poser les bonnes questions sur son futur associé: partage-t-il les mêmes valeurs? A-t-il la même vision à long terme du développement de l’entreprise ? Nos ambitions sont-elles cohérentes? Nos manières de travailler sont-elles équivalentes? Les missions sont-elles convenablement partagées ? Très souvent, ce n’est pas tant par désir de garder tout le pouvoir que par manque d’un profil idéal que certains continuent à jouer l’homme-orchestre. En effet, c’est la confiance qui détermine le binôme.

Pour réussir cette alchimie, Narjisse Lassas-Clerc, fondatrice du cabinet Acc&Sens, conseille de ne pas partir d’une affinité personnelle mais plutôt professionnelle.  «La première caractéristique d’un associé est la complémentarité. L’erreur souvent faite par les managers est de prendre les personnes qui leur ressemblent. Or c’est faux. Il ne faut pas chercher un clone», prévient-elle. Enfin, une règle d’or s’impose pour avoir un associé, tester l’association en la mettant en condition. Parfois, il vaut mieux commencer par travailler sur un projet commun. «C’est en se testant mutuellement qu’on peut savoir si l’association va tenir ou pas», ajoute M. Jermoumi.