Quand les BTS et les DUT font la concurrence aux Bac+4

Couvrant un champ très large de métiers dans l’industrie comme dans les services, les formations BTS et DUT assurent généralement une bonne insertion professionnelle.
Pour les entreprises, il s’agit de disposer de cadres intermédiaires
opérationnels
et pas chers.

Les formations courtes connaissent aujourd’hui un succès considérable aussi bien auprès des bacheliers que des entreprises. Sur un marché de l’emploi exigeant l’efficacité, les BTS (Brevet de technicien supérieur) et les DUT (Diplôme universitaire de technologie) ont la cote car ces diplômes forment des hommes et des femmes de terrain.

Dispensés dans les lycées publics et privés pour les BTS et dans le public pour les DUT, ils ont été conçus à l’origine pour former des Bac+2 opérationnels immédiatement sur le marché du travail.
Souvent associées, parfois confondues, les deux formations ont de nombreux points communs. Cursus courts en deux ans après le Bac, ils font tous deux la part belle à la pratique et proposent de nombreuses spécialités.

On dénombre aujourd’hui près d’une trentaine de spécialités différentes en BTS ! Tous les secteurs sont concernés : artisanat, commerce, tourisme, industrie, et, évidemment, services.

Les BTS ou DUT industriels sont ceux qui accèdent le plus facilementà des postes de cadres
Pour les DUT, on compte pas moins de 74 filières dont 26 s’inscrivent dans le cadre du programme offshoring et sont ouvertes dans les 8 écoles supérieures de technologie (EST) réparties à travers le pays. La plupart des formations de DUT relèvent du domaine industriel et technique (génie mécanique, productique, génie électrique, génie urbain et environnement…). Les autres concernent d’autres disciplines : informatique, techniques de management, techniques de vente et services clients…
Il faut souligner que le succès de ces formations tient à plusieurs aspects. D’abord, elles sont principalement axées sur la pratique. C’est pourquoi les 2/3 des enseignements sont destinés à faire acquérir un savoir-faire professionnel. On l’aura compris : on est loin des horaires tranquilles de la fac. Les étudiants sont encadrés de façon assez stricte. Entre travaux dirigés, études de cas, et le stage obligatoire en entreprise de 6 à 12 semaines réparties sur deux années d’études, on ne s’ennuie pas. Selon Abderrahim Rharib, conseiller BTS au sein du groupe Elbilia, «les étudiants enchaînent travaux dirigés et pratiques, projets professionnels…, ce qui leur permet de se frotter au monde de l’entreprise. On insiste énormément sur le côté pratique, comme la maîtrise des langues et de l’outil informatique et, surtout, le savoir-être».
Sur le marché de l’emploi, la cote des BTS et DUT est au beau fixe. «La principale raison est que ces formations fournissent aux entreprises des cadres intermédiaires opérationnels et pas chers. C’est pourquoi ils sont mieux lotis que les licenciés», souligne Essaid Bellal, Dg du cabinet Diorh. Mais pour ce DRH de multinationale, la raison est ailleurs. «L’avantage, avec ces profils, c’est de disposer de bons potentiels, de pouvoir les former aux métiers de l’entreprise et les faire évoluer au sein de celle-ci. Ce qui n’est pas souvent le cas pour un Bac+4 ou 5. Ces derniers désirent souvent être placés à des postes de responsabilité, ne sont pas forcément opérationnels du premier coup et finissent par vous quitter au bout de quelques années s’ils ne trouvent pas leur compte».

Par secteur, l’industrie recrute nombre de ces profils, le plus souvent des techniciens. Les titulaires de BTS ou de DUT industriels sont ceux qui accèdent le plus facilement à des postes de cadre ou à un statut de profession intermédiaire. Sauf dans l’informatique, les deux diplômes offrent de bons débouchés. Les recrutements sont particulièrement fréquents pour les titulaires de DUT de génie chimique, chimie, génie civil, génie mécanique et productique, et pour ceux de BTS chimiste, analyses biologiques, bâtiment, travaux publics, mécanique et automatismes industriels.
Les BTS et DUT restent encore des références dans le secteur tertiaire (services, banque, assurance, commerce, communication, secrétariat, tourisme…). Ils garantissent un personnel auquel le monde de l’entreprise est déjà familier. Les jeunes débutent comme employés, et les rémunérations ainsi que les perspectives de carrière dépendent des secteurs : décrocher un poste et évoluer reste plus facile dans la banque ou l’assurance et, plus délicat, dans le secrétariat ou la communication.
Si, globalement, ces formations assurent une bonne insertion professionnelle, et si l’ampleur des débouchés varie selon le secteur d’activité, les débuts ne sont pas toujours à la hauteur des salaires espérés. En moyenne, les débutants commencent avec un salaire compris entre 4 000 et 6 000 DH nets, selon le secteur et la taille de l’entreprise.

Dans certains cas, BTS et DUT peuvent servir de tremplin vers des études supérieures. Alors que, jusqu’à récemment, on préconisait de réfléchir, avant même l’intégration d’un BTS, à «l’après», car la poursuite des études n’était pas toujours possible, la donne a bien changé depuis. «Licences professionnelles, masters ou troisième cycle, actuellement les formations BTS ou DUT ouvrent plusieurs passerelles pour des formations poussées», note M. Rharib.

La réforme LMD (licence – maîtrise – doctorat), dont le premier palier se situe à Bac +3, peut rendre la question de la poursuite des études pour les titulaires d’un BTS préoccupante. Poursuivre ses études après un BTS présente des avantages, c’est certain. Cela donne la possibilité d’obtenir une double compétence (comme une formation technico-commerciale ou une formation de gestion des entreprises si l’on souhaite créer son entreprise), d’obtenir un diplôme plus valorisant sur le marché du travail ou encore se spécialiser dans un domaine précis.