Quand la crise dope les réflexions de reconversion

• Dans des métiers malmenés par la crise, les individus peuvent être amenés à entreprendre une reconversion professionnelle.
• Une période délicate qui est génératrice de stress, d’inquiétude, et qui est en même temps génératrice de créativité et d’innovation.

Le développement web, Youssef, 28 ans, n’en connaissait rien il y a quelques mois. Alors qu’il travaillait dans la communication événementielle depuis plus de trois ans dans une agence Com, son activité s’est brutalement arrêtée avec la période du confinement. Sachant qu’elle n’est pas prête de reprendre, il a décidé de changer de voie. «Déjà au sein de mon agence, je m’occupais de notre site. C’est ce qui m’a poussé à aller plus loin dans le développement web. J’ai suivi des cours en ligne pendant le confinement et depuis je me suis mis en statut d’auto-entrepreneur pour me spécialiser davantage dans cette voie», indique-t-il.
La crise, en mettant un coup d’arrêt à de nombreux secteurs, a permis à de nombreux salariés de disposer de beaucoup plus de temps. Cela a parfois fait naître une réflexion sur leur métier qu’ils n’avaient, jusque-là, pas eu le loisir d’avoir. «Les individus touchés se trouvent face à une réalité dictée par le contexte sanitaire et économique où il n’y’a plus d’emploi dans leur domaine d’expertise. Ils se trouvent obligés de changer complètement de secteur et de s’orienter vers de nouveaux métiers. Dans souvent des cas, il s’agit bien d’une reconversion, mais non volontaire», explique, pour sa part, Hafida El Mesbahi, coach professionnelle.
Faut-il avoir un déclic pour cela ? Il n’ y a pas de moment particulier. Généralement, les gens se cherchent quelque part. La première orientation peut ne pas être la bonne, les premiers emplois ne sont pas forcément des opportunités de carrière…Toutefois, il faut souligner que toute reconversion ou changement dans un parcours requiert beaucoup d’énergie et de volonté face aux contraintes. C’est une question d’engagement et de dynamique personnelle.

L’opportunité peut venir de l’entreprise elle-même
C’est également une question d’audace. L’envie de changer et de réussir n’est rien sans une dose d’audace. Certes, c’est une période délicate qui est génératrice de stress, d’inquiétude…et qui est en même temps génératrice de créativité et d’innovation. Un manager qui se met à son propre compte, se retrouve confronté à gérer plusieurs fonctions à la fois lors de son démarrage. C’est à dire faire le commercial, le financier, l’assistant et le coursier à la fois. C’est le fait d’exercer plusieurs métiers dans la journée.
Parfois, l’opportunité peut venir de l’entreprise elle-même. Changer de métier en interne par exemple est plus facile : vous connaissez l’entreprise et l’entreprise vous connaît. Il existe davantage de possibilités dans les structures de taille importante que dans une PME. Il est moins risqué de changer de métier en interne, que de changer de métier et d’entreprise.