Prise de risque : Avis de Elias El Mehdi, DG de Samel Auto

J’ai consolidé chaque étape avant de passer à une autre

Elias-El-MehdiL’aversion au risque est inhérente à la nature humaine, mais la définition même de l’entreprenariat est associée à la prise de risque. Accepter le facteur risque est un préalable à toute aventure entrepreneuriale. Prendre un risque, oui ; mais un risque calculé.

D’une manière générale, je m’appuie sur des éléments probants dans l’élaboration de mon business model. J’ai comme habitude de m’entourer de personnes qualifiées dans ma phase de réflexion avant de transformer l’idée en actions. J’ai besoin aussi d’avoir une vision globale de tous les risques (opérationnels, financiers, juridiques ) et de faire une étude d’impact. Cela me permet principalement d’avoir une assurance minimale.

Dès que ma décision est prise, je mets tous les atouts de mon coté par un investissement personnel important et une conviction certaine en mon projet, et ce, dans le but d’avoir la probabilité de succès la plus élevée. Pour évaluer la performance de mes actions en continu, je mets en place un tableau de bord composé d’indicateurs ciblés qui me permettent de la réactivité.

Pour moi, passer du salariat à l’entreprenariat a été une décision difficile. J’ai donc pris goût au risque d’entreprendre en lançant Samel Auto, un garage de réparation automobile multimarques à Tanger. Ma soif d’entreprendre étant toujours aussi forte ; je cherchais un projet dans mon métier d’expertise avec un challenge intéressant. D’où le début de l’aventure Océan Auto S.A.R.L: Agent Renault et Dacia.

Pour le rachat d’Océan Auto, j’ai procédé par étapes. Tout d’abord, j’ai acquis un premier bloc d’actions car Il me fallait une immersion au sein de l’entreprise en tant que cogérant. Cela m’a permis d’évaluer l’entreprise et de m’enquérir de sa santé financière. Dans la deuxième phase, j’ai pris le contrôle de la société en devenant majoritaire dans le capital social. Ceci dans le but unique d’avoir la liberté de mettre en place une stratégie qui soit en phase avec ma vision du business. Cette étape a été la plus sensible car il fallait convaincre l’ensemble des salariés, les motiver et les fédérer autour du projet d’entreprise. La dernière étape a été celle de la consolidation en devenant l’unique associé et en accélérant le développement par la mise en place de bonnes pratiques et en dupliquant le modèle de Samel Auto. Ce modèle étant basé en grande partie sur le professionnalisme des équipes, un service après-vente performant, la multiplication des agréments d’assurances et le renforcement des relations avec les grands comptes et les acteurs de la location longue durée. Ce schéma a fait ses preuves du fait que l’opération de rachat a été conclue tout en douceur et du fait que le chiffre d’affaires a été multiplié par trois en deux années d’exploitation. Nous avons donc décidé de procéder à une extension immédiate de la branche carrosserie qui pèse de plus en plus lourd dans notre activité.  Nous avons réussi à faire la démonstration avec la mise à niveau d’Océan Auto que l’un des facteurs clés du succès est la conviction forte en son projet d’entreprise.

En effet, la prise de risque peut rapidement tourner au cauchemar si l’on ne se fixe pas de limite au départ.

D’une part, s’investir à 1000% dans son projet d’entreprenariat est une chose. Cautionner son avenir personnel en est une autre. Tout entrepreneur doit donc garder à l’esprit que donner sa caution personnelle aux prêteurs l’engage fortement. L’excès d’optimisme et l’entêtement ne vont pas de pair avec la prise de risque. Il faudra donc toujours garder à l’esprit le bon sens pour mesurer le niveau des décisions prises.

D’autre part, l’attente d’un retour positif ou au moins des signes avant toute prise de risque supplémentaire est essentielle. Je mets là en parallèle mon expérience personnelle. En effet, je n’ai eu l’idée de me lancer dans un second projet que lorsque la première entreprise avait des bases solides.