Prévention routière : Questions à  Abderrahim Chennaoui, Président du Centre professionnel pour le développement de la sécurité et du transport

«On manque cruellement de culture de sensibilisation
et de formation dans ce domaine»

On parle beaucoup de santé et de sécurité au travail mais on pense rarement à la sécurité routière et à la sensibilisation contre les risques routiers. Pensez-vous que les entreprises s’en préoccupent ?

Malheureusement, très peu ! On manque cruellement de culture de sensibilisation et de formation dans ce domaine. Les dirigeants n’ont souvent pas conscience du coût des accidents routiers pour leur entreprise.
Le peu d’actions de sensibilisation qui se fait est l’apanage des multinationales ou des entreprises spécialisées dans le domaine du transport et de la logistique. Elles le font par nécessité ou par obligation dictée par les maisons mères.
Il faut savoir que le risque routier est bien un risque professionnel à part entière. Et pour cela, les entreprises doivent être sensibilisées sur la question.

Quels sont les risques ?

Toutes les entreprises doivent être en mesure de savoir qui est concerné par les déplacements routiers, le nombre d’accidents déjà enregistrés, l’expérience des conducteurs… Autant de questions qui permettent de faire un bilan des risques encourus.
Vous savez, quand on analyse les causes  des accidents de la circulation, l’élément humain vient en premier lieu (non-maîtrise de la conduite, excès de vitesse, fatigue, ivresse…). Après, vient l’état du véhicule et la non-adéquation de l’espace routier.
Le risque peut également provenir de l’environnement de l’entreprise. Une mission trop remplie, un itinéraire dangereux, un stress excessif peuvent faire diminuer les réflexes et la concentration du conducteur.

Vous avez lancé le Centre professionnel pour le développement de la sécurité et du transport, quels sont ses objectifs ?

Malheureusement, nous ne faisons pas de la formation car il faut toute une logistique derrière et des compétences pointues dans le domaine. Notre centre est avant tout un espace de réflexion qui ne regroupe pas forcément des professionnels du transport mais des compétences de tous horizons (ingénieurs, techniciens, docteurs en psychologie…) dont la valeur ajoutée est d’apporter des solutions liées aux problématiques de sécurité routière aux autorités de tutelle.

Quelles sont les bonnes pratiques que vous avez pu relever en la matière ?

La formation et l’information sur les thèmes de la prévention routière ne sont utiles que si elles sont régulières. Si on touche un salarié, on touche également une famille. Donc, les entreprises peuvent communiquer, que ce soit à travers des réunions, publications… De même qu’aujourd’hui la formation est indispensable. Par exemple, dans le secteur du transport, la formation continue obligatoire est opérationnelle et concerne les conducteurs des véhicules de transports de marchandises.  
Par ailleurs, je dirais que la sensibilisation passe par la responsabilisation. En responsabilisant les conducteurs, l’entreprise contribue à la réduction des accidents par négligence.