Pourquoi la mobilité externe fait peur

Décider de changer de structure, c’est forcément bousculer ses habitudes de vie, sortir de sa zone de confort. Le manque de confiance en soi est souvent la principale raison de l’immobilisme.

Personne n’est lié à vie à une entreprise. Parfois des opportunités en or pour relancer une carrière se présentent mais tout le monde n’est pas prêt à les exploiter. Autrement dit, nombreux sont ceux qui hésitent à changer d’entreprise. Synonyme de stabilité, de protection, de valorisation…, cet immobilisme n’est pas forcément une preuve  de fidélité ou d’amour pour l’entreprise, il exprime tout simplement des doutes, des craintes, des incompréhensions…  

Mouhssine Benzakour, psychosociologue, explique que «la peur de l’inconnu vient en premier lieu comme principal facteur de stabilité. Décider de changer de voie, c’est forcément bousculer ses habitudes de vie, sortir de sa zone de confort».

Cette crainte est-elle justifiée ? De quel inconnu parle-t-on ?

Lorsqu’on souhaite changer d’entreprise, se donner une nouvelle orientation, c’est le doute qui constitue le premier blocage : «j’ai peur d’échouer», «je n’y arriverai pas»… Tant que ces appréhensions persistent, un individu aura des difficultés à franchir le pas. En quelque sorte, c’est le manque de confiance en soi qui freine le désir de changement.

Ne pas hésiter à parler de ses craintes

Le manque d’ambition peut également être à l’origine de cet immobilisme : «tant que je fais correctement mon travail, pourquoi changer ?», «de toute façon, il faut recommencer à zéro». Victor Hugo disait que «les magnifiques ambitions font faire de grandes choses». Ainsi, si le cadre ne les manifeste pas, il risque de stagner.

Pour changer cet état d’esprit, il faut donc apprendre à surmonter ses peurs. Pour Malgorzata Saadani, coach professionnel, «la meilleure façon de le faire c’est d’en parler dans son entourage, avec des personnes  expérimentées et non engagées dans les relations trop proches sur le lieu de travail actuel. Et, surtout, consacrer le temps nécessaire à cette réflexion et laisser mûrir les idées».

Il faut aussi être conscient que chaque changement comporte une partie de risque. Mais, pour réussir, il faut parfois arrêter de tergiverser, faire confiance à son intuition et foncer vers une nouvelle opportunité.