Paix sociale en entreprise : Avis de Salim Ennaji, Expert RH

« Le garant de la paix sociale, c’est bien l’ensemble du management »

Le dialogue social est un sujet important pour les entreprises et son importance est variable en fonction de l’activité exercée. Les relations avec les partenaires sociaux sont extrêmement importantes. Elles se basent sur les notions de confiance, de transparence et de crédibilité. Il est clair qu’une telle situation ne se décrète pas du jour au lendemain, elle est le fruit d’une construction et d’une crédibilité qui s’acquiert progressivement de part et d’autre.

En fait, de bonnes relations sociales sont d’abord conditionnées par le respect des dispositions légales, des droits et obligations de chacun. Ensuite, il faut considérer les représentants des salariés comme de vrais partenaires. Il faut souligner à ce propos que le dialogue social a souvent été perçu comme une faiblesse par certains managers alors qu’il devrait plutôt être perçu comme un signe de bonne santé et de bon fonctionnement de l’entreprise. Car il permet souvent au management de prendre conscience des enjeux, des risques et de la qualité des opérations qui se déroulent au quotidien dans son entreprise.

En matière de pratiques, il n’y a pas de remèdes miracles, la seule façon de bien garantir la paix sociale est une communication permanente avec les partenaires sociaux. Mais cette communication doit sortir de la culture orale pour aller vers une traçabilité écrite avec un vrai suivi et une communication transparente avec l’ensemble des collaborateurs afin qu’ils puissent suivre l’évolution de leur dialogue social. La communication et la transparence permettent de diminuer drastiquement les risques de conflits. Il faut également éviter le pourrissement de situation non traité. C’est souvent ce qui conduit à de l’incompréhension de part et d’autre. La réactivité et la mise en place d’un agenda est une des bonnes pratiques car elle permet d’avoir une visibilité à court et moyen terme et non plus de créer de l’attente frustrante.

Maintenant et en matière de code de conduite, les bonnes relations peuvent être pérennes indépendamment des personnes si les règles sont formalisées. A ce titre, je peux citer la charte des relations professionnelles qui a été construite avec les partenaires et qui permet de clarifier toutes les relations, les droits et obligations ainsi que le périmètre d’intervention des différentes parties (délégué du personnel, délégué syndical…).
Qui est garant de cette paix ? Le DG définit généralement l’objectif avec le DRH qui, lui-même, est le coordinateur et gestionnaire du dialogue social. Conclusion : le garant de la paix sociale, c’est bien l’ensemble du management avec bien entendu des partenaires sociaux responsables.